Cases masa à Yagoua, Cameroun — Bile rene, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saviez-vous que
Le nom Banana donné aux Masa serait lié à leur hospitalité.
La fiche des Masa interprète Banana, employé dans plusieurs langues voisines, comme « amical ». Elle relie ce nom à leur réputation d’hospitalité. Yagoua, une autre appellation, vient du nom de leur ville principale au Cameroun.
Les Masa sont aussi appelés Kirdi, un mot interprété comme « païen » et qu’ils rejettent. Les noms donnés à un même peuple peuvent donc exprimer des regards très différents.
PeupleMasa
PaysTchad
PaysCameroun
Chargement des noms et appellations
Cour du palais de la chefferie de Bandjoun, Cameroun — Tokankh, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saviez-vous que
Le nom Bamiléké a été employé pour regrouper une centaine de royaumes.
L’administration coloniale du Kamerun utilise ce nom à partir de 1884 pour des populations des hauts plateaux de l’Ouest. Son origine reste discutée. Une explication propose « les gens du bas », en lien avec la position d’arrivants venus des plaines du nord.
Ces populations comptent une centaine de royaumes, appelés fondoms, avec leurs langues, leurs chefs et leurs histoires. Les habitants peuvent se désigner par le nom de leur fondom. Le regroupement sous « Bamiléké » rend cette diversité moins visible et a aussi été utilisé dans les tensions politiques après l’indépendance.
PeupleBamiléké
PaysCameroun
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Haiǁom sont souvent classes parmi les San (Bushmen), terme generique que certains membres rejettent. Leur langue, qu'ils partageaient initialement avec les groupes Ju voisins, s'est progressivement converge vers le Khoekhoe sous influence des Nama expansionnistes aux 16e-17e siecles, rendant leur classification ambigue.
Pourquoi ce nom pose problème : The Tom Shott designation is now obsolete and considered reductive. Some outsiders confuse Oron with the neighboring Ibibio, from whom the Oron are distinct.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Podoko/Podokwa designe a la fois un peuple et sa langue (Parkwa, ISO pbi), ce qui cree une confusion dans les sources. La grande variete des orthographes europeennes (Podogo, Podokwo, Parekwa, Parkwa) reflete les difficultes des transcriptions coloniales.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Podoko/Podokwa designe a la fois un peuple et sa langue (Parkwa, ISO pbi), ce qui cree une confusion dans les sources. La grande variete des orthographes europeennes (Podogo, Podokwo, Parekwa, Parkwa) reflete les difficultes des transcriptions coloniales.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Podoko/Podokwa designe a la fois un peuple et sa langue (Parkwa, ISO pbi), ce qui cree une confusion dans les sources. La grande variete des orthographes europeennes (Podogo, Podokwo, Parekwa, Parkwa) reflete les difficultes des transcriptions coloniales.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Podoko/Podokwa designe a la fois un peuple et sa langue (Parkwa, ISO pbi), ce qui cree une confusion dans les sources. La grande variete des orthographes europeennes (Podogo, Podokwo, Parekwa, Parkwa) reflete les difficultes des transcriptions coloniales.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Podoko/Podokwa designe a la fois un peuple et sa langue (Parkwa, ISO pbi), ce qui cree une confusion dans les sources. La grande variete des orthographes europeennes (Podogo, Podokwo, Parekwa, Parkwa) reflete les difficultes des transcriptions coloniales.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Podoko/Podokwa designe a la fois un peuple et sa langue (Parkwa, ISO pbi), ce qui cree une confusion dans les sources. La grande variete des orthographes europeennes (Podogo, Podokwo, Parekwa, Parkwa) reflete les difficultes des transcriptions coloniales.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Podoko/Podokwa designe a la fois un peuple et sa langue (Parkwa, ISO pbi), ce qui cree une confusion dans les sources. La grande variete des orthographes europeennes (Podogo, Podokwo, Parekwa, Parkwa) reflete les difficultes des transcriptions coloniales.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination 'Rundi' peut etre interpretee soit comme designation linguistique (locuteurs du kirundi), soit comme designation ethnique (peuple du Burundi). La distinction entre Hutu, Tutsi et Twa a ete instrumentalisee par les colonisateurs allemands et belges qui ont durci des categories sociales autrefois plus fluides, contribuant aux tensions qui ont conduit aux genocides de 1972 et 1993. Il est scientifiquement errone de traiter Hutu et Tutsi comme des 'races' separees : tous deux parlent Kirundi, partagent la culture rundi et sont genetiquement tres proches. Les distinctions etaient historiquement socio-economiques (agriculteurs vs eleveurs de betail) et poreuses.
Pourquoi ce nom pose problème : Il ne faut pas confondre les Sango en tant que groupe ethnique distinct avec le sango vehiculaire, langue nationale officielle de la Republique centrafricaine qui est parlee par l'ensemble de la population et qui est une langue creole a base ngbandi. Le sango ethnique est la langue maternelle du groupe des rives de l'Oubangui, distincte du sango lingua franca a usage national.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Sérère recouvre une réalité linguistique et culturelle complexe : les différents sous-groupes serer parlent soit le sérère proprement dit (serer-sine), soit des langues cangin apparentées (Noon, Ndut, Saafi, Palor, Laalaa) qui ont une faible intelligibilité mutuelle avec le sérère-sine. La classification Niger-Congo est débattue, certains chercheurs plaçant les langues sérère-cangin dans un rameau autonome atlantique.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme She, code ISO de la langue sheko, peut être confondu avec d'autres langues codées de façon similaire. La zone Bench Sheko prend son nom des Bench et des Sheko, deux peuples distincts. Les Sheko sont parfois regroupés avec les Dizi et les Nayi sous le terme Dizoid ou Maji (du nom de la ville de Maji), car les Sheko et les Nayi affirment que leurs ancêtres ont émigré depuis la région de Maji.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Soninke peut avoir des connotations negatives dans le Fouta-Djalon et en Senegambie, ou il a ete utilise pour designer des non-musulmans ou des adeptes des religions traditionnelles, bien que les Soninke soient en grande majorite musulmans depuis le 10e siecle.
Pourquoi ce nom pose problème : La relation entre les Soussou et les Sosso de l'empire du 13e siecle est debattue : certaines sources les assimilent directement (Soussou d'aujourd'hui = descendants des soldats Sosso), d'autres les considerent comme un groupe forme par fusion de plusieurs elements mande. Le nom Sosso est aussi utilise pour l'empire de Soumaoro Kante, ce qui cree une ambiguite entre le peuple contemporain et l'entite historique medievale. Niane presente les Sosoe comme un clan maninka, alors que Person decrit les Susu comme un peuple apparente aux Jalonke.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Sénoufo apparaît d'abord dans des publications françaises de la fin du XIXe siècle, chez Tautain en 1887 puis chez Binger en 1892, et s'impose ensuite dans la littérature savante et sur le marché de l'art. La recherche récente réexamine cette désignation et la manière dont elle a été construite. Les intéressés se nomment Syénambélé, et se désignent le plus souvent par leur sous-groupe : Cebaara, Supyire, Djimini.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Sénoufo apparaît d'abord dans des publications françaises de la fin du XIXe siècle, chez Tautain en 1887 puis chez Binger en 1892, et s'impose ensuite dans la littérature savante et sur le marché de l'art. La recherche récente réexamine cette désignation et la manière dont elle a été construite. Les intéressés se nomment Syénambélé, et se désignent le plus souvent par leur sous-groupe : Cebaara, Supyire, Djimini.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre Tigre et Tigrinya (ou Tigréens/Tigray) est fréquente dans la littérature occidentale et même dans certains contextes politiques. Ce sont deux peuples, deux langues et deux contextes géographiques distincts : les Tigre sont des lowlanders majoritairement musulmans des plaines occidentales et côtières de l'Érythrée, tandis que les Tigrinya-speaking Biher-Tigrinya occupent les hauts plateaux centraux et sont majoritairement chrétiens.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Shangaan est souvent utilise de facon abusive pour l'ensemble des Tsonga, ce qui est historiquement inexact: les Shangaan ne sont qu'une fraction des Tsonga, liee a l'empire de Gaza de Soshangane (1820s). Cela cree des tensions identitaires, notamment en Afrique du Sud ou des communautes tsonga preexistaient a Gaza et refusent l'etiquette Shangaan. En Mozambique, l'appellation Changana est utilisee.
Pourquoi ce nom pose problème : La multitude de noms cree des confusions dans les sources historiques et museographiques. La repartition entre trois Etats (Angola, RDC, Zambie) a engendre trois nomenclatures administratives differentes pour le meme peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Sesarwa ou Sarwa est considere pejoratif par de nombreux membres du groupe car il implique une subordination aux Tswana. Basarwa (pluriel tswana) est le terme officiel utilise au Botswana pour l'ensemble des San, mais est aussi juge reducteur. L'appellation Bushmen est generalement rejetee.
Pourquoi ce nom pose problème : Beja est un nom d'origine arabe donné à ce peuple par d'autres populations. Selon certains chefs religieux beja, il signifierait combattants ou combattants des Pharaons. Les personnes concernées emploient Bidhaawyeet pour leur langue et leur peuple, ou se présentent par leur groupe : Bishareen, Hadendoa, Amarar, entre autres.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Kanembou ont donné le nom Toubou à l'ensemble du groupe. Ses deux principales composantes se nomment elles-mêmes Teda et Daza. L'usage de Gorane pour les Daza ajoute une possibilité de confusion.
Pourquoi ce nom pose problème : Le choix du dialecte de base a été contesté par une partie de la population igbo ; l'effort missionnaire, mené sur près d'un demi-siècle avant la première traduction complète de la Bible, n'a jamais fait de l'Union Ibo la langue courante du groupe — la population s'est montrée davantage intéressée par l'éducation en anglais que par cette langue vernaculaire de mission.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Pare recouvre deux sous-groupes linguistiquement distincts : le Sud-Pare (Asu/Chasu) et le Nord-Pare (Gweno/Kighonu). Le processus historique de glissement du Nord-Pare vers la culture Asu a engendre une unite progressive mais incomplete.
Pourquoi ce nom pose problème : Le statut des Ndau est débattu : ils sont parfois classés comme dialecte du shona (Southeast Shona), parfois comme langue et groupe ethnique distincts. Depuis 2013, le ChiNdau est reconnu comme langue officielle distincte par la Constitution du Zimbabwe (article 6). La forte influence nguni sur la langue et la culture ndau complique l'identification ethnique claire.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Ronga et Tsonga est sujette a debat. Les recensements mozambicains et sud-africains ont souvent enregistre les Ronga sous l'etiquette 'Tsonga' ou 'Shangaan', effacant leur identite distincte. Les Ronga affirment leur identite propre distincte de celle des Shangaan (issus de la migration nguni-tsonga du 19e siecle). Certains linguistes considerent le Xironga comme un dialecte du Xitsonga, d'autres comme une langue distincte.
Pourquoi ce nom pose problème : La designation Swahili pour ces populations est academique plutot qu'auto-attribuee. Les Bajuni insistent sur leur identite distincte et affirment que le swahili est issu du bajuni, non l'inverse. En Somalie, leur statut de minorite bantoue les place en bas de la hierarchie clanique somali, exposant ces communautes a la discrimination et a la marginalisation depuis l'independance.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Hutu fut instrumentalise par la colonisation belge : les Belges institutionnaliserent la distinction Hutu-Tutsi par des cartes d'identite ethniques obligatoires (annees 1920), creant une hierarchie raciale artificielle sur la base du nombre de vaches possedees. Cette categorisation contribua directement aux violences ethniques ulterieures, notamment au genocide de 1994. Depuis 1994, le Rwanda a officiellement supprime la categorisation ethnique dans les documents d'etat.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identité manyika comme groupe distinct des autres Shona n'existe formellement que depuis les années 1930, construite en partie par les missionnaires et administrateurs coloniaux qui standardisèrent le dialecte écrit et appliquèrent le terme Manyika à tous les habitants de Manicaland. Des sous-groupes comme les peuples de Makoni (MaUngwe, ChiUngwe) ne parlent pas le même dialecte et furent inclus de manière arbitraire. Les Manyika du Mozambique et du Zimbabwe ont des trajectoires coloniales distinctes (portugaise versus britannique).
Pourquoi ce nom pose problème : La designation Swahili pour ces populations est academique plutot qu'auto-attribuee. Les Bajuni insistent sur leur identite distincte et affirment que le swahili est issu du bajuni, non l'inverse. En Somalie, leur statut de minorite bantoue les place en bas de la hierarchie clanique somali, exposant ces communautes a la discrimination et a la marginalisation depuis l'independance.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction Tutsi/Hutu est plus sociale qu'ethnique dans son origine historique. Instrumentalisee par la colonisation belge (cartes d'identite ethniques introduites en 1933), elle est devenue un marqueur de violence politique. Les Ganwa constituent une categorie aristocratique historiquement distincte des Tutsi communs. Un Hutu riche en betail pouvait devenir Tutsi socialement (kwihutura), et un Tutsi appauvri pouvait descendre au rang social des Hutu (gukora), selon les historiens.