Système politique traditionnel
Le Royaume de Rwanda était gouverné par un mwami (roi sacré) assisté de quatre conseils institutionnels : les abiru (rituels royaux secrets), les chefs militaires (intore), les chefs de pâturages (chefs du bétail) et les chefs du sol. Le mwami était considéré comme l'intermédiaire entre les hommes et Imana (le créateur). La cour royale (à Nyanza) était le centre de la culture tutsi d'excellence : poésie, musique, danse, élevage. Le système ubuhake liait les Hutu cultivateurs aux protecteurs tutsi dans une relation de clientélisme asymétrique.
Organisation clanique
Les dix-huit clans (inzu) du Rwanda sont partagés par Hutu, Tutsi et Twa, prouvant leur commune origine. Le clan royal Nyiginya était tutsi. Parmi les clans tutsi importants : Abanyiginya (clan royal), Abega, Abasinga, Abacyaba. L'appartenance clanique est patrilinéaire et détermine les interdits matrimoniaux (exogamie clanique obligatoire).
Grades d'âge
Les intore constituaient une institution d'élite, à l'origine des jeunes guerriers sélectionnés à la cour royale (principalement tutsi mais incluant des Hutu d'élite) pour leur excellence physique, leur maîtrise des arts martiaux et la danse. La danse intore a évolué en forme artistique emblématique du Rwanda.
Rôle des lignages
Les lignages patrilinéaires (umuryango) structurent l'héritage du bétail et des terres, les alliances matrimoniales et la résolution des conflits. La dot (inkwano) et les règles de mariage étaient centrales à la reproduction sociale. Les abiru constituaient une lignée héréditaire de rituels royaux.
Autorité religieuse
Le mwami avait une autorité sacrée (umutabazi, sauveur-roi). Les abiru (rituels) veillaient à la conformité du roi aux codes ésotériques (ubwiiru). Le culte de Ryangombe (Kubandwa), partagé avec les Hutu et Twa, constituait la religion initiatique commune à tous les Banyarwanda. Le christianisme catholique s'est imposé sous la Belgique, avec une conversion massive des élites tutsi.