Vue sur Moundou, Logone occidental, Tchad — Korom10, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saviez-vous que
Le nom Sara regroupe plusieurs peuples qui ont leurs propres noms.
Sara a été employé de l’extérieur pour des peuples non musulmans du sud du Tchad parlant des langues proches. Les noms Ngambay, Sar et Mbay, entre autres, permettent de distinguer les groupes concernés.
L’administration coloniale française a étendu l’usage du nom commun. Après l’indépendance, il a aussi pris une place dans la vie politique. Un regroupement administratif peut ainsi influencer la manière dont les populations sont ensuite présentées.
PeupleSara
PaysTchad
PaysRépublique centrafricaine
Chargement des noms et appellations
Carte des groupes tsonga, Henri-Alexandre Junod — Wikimedia Commons, domaine public
Saviez-vous que
Les travaux d’un chercheur suisse ont diffusé le nom Ronga en Europe.
Henri-Alexandre Junod, missionnaire et linguiste, étudie la langue à la fin du XIXe siècle. Ses travaux contribuent à installer Ronga dans les publications européennes. Il n’a pas inventé le mot : des sources portugaises du XVIe siècle mentionnaient déjà des chefferies rhonga autour de la baie de Delagoa, aujourd’hui baie de Maputo.
Les recensements mozambicains et sud-africains ont ensuite regroupé les Ronga sous les noms Tsonga ou Shangaan. La place du xironga reste discutée : selon les classements, il est présenté comme une langue ou comme une variante du xitsonga.
PeupleRonga
PaysMozambique
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Tokaleya reunit deux groupes distincts (Toka et Leya) qui ont chacun une identite propre. Les Tokaleya sont parfois confondus avec les Tonga de Zambie car ils parlent des dialectes tongiques.
Pourquoi ce nom pose problème : Bamiléké est un terme-parapluie artificiel recouvrant une centaine de royaumes (fondoms) distincts avec leurs propres langues, chefs et histoires. Cette denomination coloniale a efface la diversite interne et a ete instrumentalisee dans les tensions ethniques post-independance au Cameroun.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Arabes somaliens et Somaliens d'ascendance arabe est floue, car de nombreux clans somaliens revendiquent une origine arabe (notamment la genealogie depuis Quraych ou des saints islamiques). Les Benadiris sont souvent consideres comme distincts des Somaliens ethniques, mais leur identite est composite (arabe, persane, indienne, bantoue et somalienne). Le terme Arabes somaliens peut couvrir a la fois ces minorites historiques et les ressortissants arabes recents en Somalie.
Pourquoi ce nom pose problème : En Afrique du Sud, le terme Bantu a ete instrumentalise par le regime d apartheid (annees 1940-1990) pour designer les populations noires (Bantu Education Act, bantoustans). Cette utilisation politique pejorative a rendu le terme sensible. Les termes Bantu peoples et langues bantoues restent cependant utilises dans les milieux academiques, linguistiques et anthropologiques sans connotation negative.
Pourquoi ce nom pose problème : La désignation Sotho-Tswana est un artefact académique linguistique. Les peuples inclus ne se reconnaissent pas nécessairement comme un groupe unique. Les tensions identitaires entre Tswana (qui se considèrent distincts des Sotho) et Basotho (qui utilisent le même terme Basotho pour désigner les habitants du Lesotho) peuvent créer des confusions.
Pourquoi ce nom pose problème : Bassa-Bakoko est reducteur car il amalgame deux peuples distincts sous une meme etiquette coloniale, niant leurs specificites culturelles respectives. Le terme a aussi ete utilise pour justifier des politiques de travail force sur le chemin de fer Douala-Yaounde. Le nom Bassa s'écrit aussi de la même façon pour un autre peuple, les Bassa du Liberia et de Sierra Leone, dont la langue (code bsq) appartient à la famille krou et non au groupe bantou : ce sont deux peuples et deux langues distincts, sans lien établi par nos sources, que la ressemblance des noms a souvent confondus.
Pourquoi ce nom pose problème : Bassa Nge est, selon l'association Bassa Nge Community North America, un nom reçu des administrateurs coloniaux britanniques. Ils auraient appelé « Bassa » toutes les tribus de l'ancienne province de Bassa, puis ajouté à chacune un suffixe, « Nge » ou « Komu », pour les distinguer. L'association précise que les deux groupes n'ont « rien en commun » dans leur origine, leur culture ou leur histoire.
Pourquoi ce nom pose problème : Teke et Bateke sont des noms d'origine kikongo, donnés de l'extérieur puis repris par l'administration coloniale. Les personnes concernées se nomment plutôt Tio, Tyo ou Teo. Bateke réunit plusieurs groupes aux manières de parler et aux histoires différentes : les Teke de l'Est ou Tio, ceux du Nord au Gabon et ceux de l'Ouest.
Pourquoi ce nom pose problème : La désignation Sotho-Tswana est un artefact académique linguistique. Les peuples inclus ne se reconnaissent pas nécessairement comme un groupe unique. Les tensions identitaires entre Tswana (qui se considèrent distincts des Sotho) et Basotho (qui utilisent le même terme Basotho pour désigner les habitants du Lesotho) peuvent créer des confusions.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme 'Pygmee' est considere comme pejoratif et deshumanisant par de nombreuses organisations de defenses des droits des peuples autochtones, dont l'IWGIA (International Work Group for Indigenous Affairs) et le Forum Permanent de l'ONU sur les Questions Autochtones. Il reduit les individus a une caracteristique physique (stature) et nie leur identite culturelle et linguistique. L'auto-denomination Batwa ou Twa est preferred par les communautes et les organisations de defense des droits. Au Rwanda, suite au genocide de 1994, toute denomination ethnique est officiellement proscrite, ce qui cree une tension entre protection de l'identite Batwa et interdiction legale des categories ethniques.
Pourquoi ce nom pose problème : Selon la tradition orale, les colonisateurs auraient confondu le nom du chef de l'époque avec celui du groupe en employant Mankanya. Les personnes concernées se nomment Bahula, « les gens de Hula », et appellent leur langue Uhula.
Pourquoi ce nom pose problème : Deux groupes distincts portent le nom Yombe : d'une part les Yombe-Kongo (COD, COG, AGO), sous-groupe Kongo de la foret du Mayombe et de la vallee du Chiloango, qui ont produit les nkisi nkondi et phemba celebres ; d'autre part, un groupe distinct de Zambie (district d'Isoka, dans le nord du pays) dont la langue n'est pas apparentee a celle des Yombe-Kongo. Cette fiche concerne exclusivement les Yombe-Kongo d'Afrique centrale. Au sein meme de ce groupe, les appellations Yombe, Bayombe et Kongo du Mayombe designent la meme population, tantot par son ethnyme, tantot par sa region d'habitat ; les Yombe du Congo-Brazzaville, de Cabinda et du Kongo Central (RDC) partagent une identite commune mais des dialectes et des pratiques locales differencies, fragmentee par les frontieres coloniales entre trois Etats.