Système politique traditionnel
La société manianga est structurée autour du matrilignage (mvumu, dikanda) et du clan (mvila, kanda). Le clan (vaste cellule sociale issue d'un ancêtre commun) possède son propre nom, son chef, ses règles de vie et sa solidarité collective. L'autorité suprême au niveau du clan est exercée par l'aîné du matrilignage (ngwa nkazi). Les chefferies (organisées en collectivités dans le système administratif congolais) regroupent plusieurs clans sous l'autorité d'un chef territorial. Les décisions communautaires se prennent par palabre.
Organisation clanique
Organisation matrilinéaire : la cellule de base est le matrilignage minimal (un frère, une ou plusieurs sœurs, et les enfants de celles-ci). Ce groupe s'élargit en mvumu (matrilignage sur plusieurs générations) puis en dikanda (sous l'autorité de l'aîné ngwa nkazi). Le kitata (groupe paternel) joue un rôle politique important en contrebalançant les pressions matrilinéaires. L'exogamie clanique est la règle. Le mariage avec la cousine croisée matrilatérale est préférentiel. L'héritage passe au matrilignage avec priorité à l'homme, à l'aîné et aux membres du lignage du défunt.
Grades d'âge
Sociétés d'initiation pour les jeunes des deux sexes : le Kimpasi (ou Kimba, depuis le 18e siècle) initiait les jeunes à la culture du groupe, leur conférait une force vitale maximale et les protégeait de la sorcellerie (kindoki). Les jeunes (non-adultes) ont leurs propres activités musicales séparées (contes, rites, jeux, danse).
Rôle des lignages
Le matrilignage détermine l'identité sociale, les droits fonciers (la terre est propriété communautaire gérée par le chef), l'héritage et les alliances matrimoniales. L'individu n'existe pas en dehors de sa kingudi (famille matrilinéaire). Les biens personnels sont enterrés avec le défunt. Les terres sont concédées à des membres sous l'autorité du chef de clan.
Autorité religieuse
Le nganga est le spécialiste rituel qui institue et gère les nkisi (objets et esprits médiateurs). Les chefs sacrés défunts (nkulu) reçoivent un culte après le rite d'inhumation. Les confréries prophétiques jouent un rôle central depuis le 17e siècle (Antoniens, Kimbanguisme 1921, Matshwanisme 1931, Mpadisme 1939). Les pasteurs des Églises protestantes (Mission Suédoise, Église du Christ au Congo) ont une grande influence depuis la fin du 19e siècle.