Évangile enluminé, Éthiopie, XIVᵉ-XVᵉ s., Metropolitan Museum of Art — CC0
Saviez-vous que
Éthiopie et Abyssinie racontent plusieurs usages du nom du pays.
Éthiopie est rattaché au grec Aithiopía, interprété comme « visage brûlé ». Abyssinie serait passé par l’arabe habasha, qui désignait des populations de la Corne de l’Afrique. Ces explications renvoient aux noms employés par des peuples voisins.
La forme ʾĪtyōṗṗyā se retrouve dans les textes guèzes et dans le nom officiel de l’État. Abyssinie est devenu un nom ancien. Un nom venu d’une autre langue peut donc être adopté par les personnes qu’il désigne.
PaysÉthiopie
PeupleAmhara
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Kisii ne designe pas le peuple dans leur propre langue mais une ville (Kisii, aussi appelee Bosongo ou Getembe). Il provient de l'administration coloniale britannique. Le nom authentique est Abagusii.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Soninke peut avoir des connotations negatives dans le Fouta-Djalon et en Senegambie, ou il a ete utilise pour designer des non-musulmans ou des adeptes des religions traditionnelles, bien que les Soninke soient en grande majorite musulmans depuis le 10e siecle.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion orthographique entre Sagala et Sagara est frequente dans les sources. Il ne faut pas confondre avec le peuple Sagalla du Kenya (langue tga), qui est un groupe distinct apparente aux Chaga.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identité manyika comme groupe distinct des autres Shona n'existe formellement que depuis les années 1930, construite en partie par les missionnaires et administrateurs coloniaux qui standardisèrent le dialecte écrit et appliquèrent le terme Manyika à tous les habitants de Manicaland. Des sous-groupes comme les peuples de Makoni (MaUngwe, ChiUngwe) ne parlent pas le même dialecte et furent inclus de manière arbitraire. Les Manyika du Mozambique et du Zimbabwe ont des trajectoires coloniales distinctes (portugaise versus britannique).
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Mbulu peut prêter à confusion avec les Gorowa. En ville, de jeunes Gorowa et Iraqw se reconnaissent de plus en plus dans ce même nom.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Meru peut etre confondu avec les Wameru de Tanzanie (groupe sans lien genetique ou linguistique direct). La denomination collective Meru recouvre neuf sous-groupes (dont Tharaka) qui ont parfois des identites distinctes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Krou désigne à la fois un macro-groupe ethno-culturel et linguistique (famille Krou incluant les Bété, Dida, Wè, Klao, Grebo, Kroumen, Bassa, etc.) et parfois spécifiquement le peuple Klao du Liberia. Cette double acception crée des confusions. De plus, certains peuples inclus dans le groupe linguistique Krou (comme les Dida ou les Bassa) ne se reconnaissent pas nécessairement comme appartenant à une même identité ethnique pan-krou. Trois réalités portent ce nom sans se confondre : la famille de langues (fiche Krou), cet ensemble de peuples, et le peuple klao, dit aussi Kru, dont le nom propre serait à l'origine du mot. Les Kroumen sont les marins krou engagés sur les navires européens : leur nom désigne un métier autant qu'un peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Bangala/Ngala a d'abord été posé de l'extérieur, par des Européens, sur un ensemble de groupes distincts le long du Moyen-Congo et du Haut-Congo (Budja, Ngombe, Poto, Doko, Mondunga, Ngbandi, Ngbaka, Mbanza, etc.). Certains de ces groupes sont de souche soudanaise (Ngbandi, Ngbaka) et non strictement bantoue. Le parler qui porte le même nom, le bangala, est issu du bobangi et devenu langue de contact au poste de Bangala-Station (Meeuwis, 2020). Hulstaert tenait déjà en 1940 pour presque certain qu'aucune tribu Bangala n'avait existé.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre le Buganda (royaume banto) et l'Uganda (etat national) est source de tensions politiques persistantes, les Baganda revendiquant une autonomie et des droits speciaux au sein de l'Etat ougandais. Le terme tribe, impose par l'administration coloniale, est rejete par de nombreux Baganda qui preferent le terme nation ou peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Soninke peut avoir des connotations negatives dans le Fouta-Djalon et en Senegambie, ou il a ete utilise pour designer des non-musulmans ou des adeptes des religions traditionnelles, bien que les Soninke soient en grande majorite musulmans depuis le 10e siecle.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Ngoni désigne aujourd'hui un groupe hybride issu du métissage entre les Nguni d'origine (Zulou) et les peuples locaux conquis ou assimilés (Tumbuka, Chewa, Nsenga, Tonga, Nyasa, Ngonde). En 1906, rares étaient les individus de pure ascendance Ngoni. Le terme renvoie davantage à une identité politique et culturelle construite lors de la migration qu'à une ethnicité strictement définie.
Pourquoi ce nom pose problème : L'appellation Arabes pour les Waswahili efface leur fondement bantou dominant. Certains chercheurs distinguent les Waswahili ethniques (population de la cote) des locuteurs du swahili comme langue vehiculaire (plusieurs dizaines de millions de personnes).