Système politique traditionnel
Societe matrilineaire organisee en chefferies hereditaires. Au XIXe siecle, certains chefs se proclamerent sultans et constituerent de veritables royaumes (Makanjila, Mataka, Kawinga). Ces sultans emploierent des scribes islamiques comme secretaires et conseillers. La conversion a l'islam renforça l'autorite chiefly en lui conferant un cadre juridique et symbolique (droit islamique, titulature arabe).
Organisation clanique
Societe matrilineaire : la filiation, l'heritage et la succession passent par la ligne maternelle. Le mariage est virilocal (la femme rejoint le foyer de l'epoux), mais la filiation reste matrilineaire. Taux de divorce eleve ; polygamie repandue. Le groupe de parente matrilineaire est la cellule economique et sociale de base.
Grades d'âge
Rites d'initiation pour les filles (chiputu) : reclusion et enseignement des codes de la feminite. Rites d'initiation pour les garcons (jando) incluant la circoncision, hérités en partie des traditions swahili-arabes et renforces par l'islamisation.
Rôle des lignages
Les lignages matrilineaires determinent la succession chiefly, l'acces a la terre et les alliances matrimoniales. L'oncle maternel (malume) joue un role fondamental dans l'education et la transmission des biens. La residence virilocale creer une tension entre autorite du mari (patrilocal) et filiation matrilineaire.
Autorité religieuse
Islam (sunnite, majoritairement de tradition soufie influencee par la pratique cotieres swahili) dominant depuis le XIXe siecle. Les imams et les maalim (enseignants coraniques) jouent un role central dans la vie communautaire. Folk islam syncretise avec des croyances animistes ancestrales. Croyances en maladies causees par des malédictions ou la violation de tabous culturels (undubidwa, ndaka). Medecine traditionnelle coexiste avec les pratiques islamiques.