Système politique traditionnel
Système monarchique centralisé hérité des Zoulou : le chef suprême porte le titre inkosi ya makosi (roi des rois). Les états Ngoni sont divisés en plusieurs segments sous la direction nominale de reines-régentes (notamment dans les royaumes de Zwangendaba). Les villages sont grands et compacts, entourant un enclos à bœufs central. Aujourd'hui, les titres de Paramount Chief (Mpezeni en Zambie, Mombera/Gomani au Malawi) sont reconnus par les gouvernements nationaux.
Organisation clanique
Structure patrilinéaire héritée des Nguni/Zoulou, avec clans (izibongo/isibongo) définissant l'identité. Mariage exogame (clans différents). Les clans Ngoni originels incluent notamment : Maseko, Jele, Gama, Sibande, Ndlovu, Dube, Thole, Nkambule. Les peuples assimilés (Tumbuka, Chewa, Nsenga) adoptèrent souvent un nom de clan Ngoni pour accéder au statut de membre à part entière.
Grades d'âge
Système de régiments militaires (amabutho) hérité des Zoulou : classes d'âge organisées en régiments résidant dans des kraals royaux. Les hommes ne pouvaient se marier qu'avec la permission collective accordée au régiment. Ce système a progressivement disparu avec la sédentarisation et la colonisation.
Rôle des lignages
Les lignages patrilinéaires déterminent le rang social et les alliances. L'état Ngoni absorbait les captifs et les populations locales dans ses structures : les hommes étaient intégrés dans les régiments, les femmes dans les foyers. Après plusieurs générations, les descendants de captifs devenaient membres à part entière. Ainsi le groupe est devenu progressivement plus culturel qu'ethnique.
Autorité religieuse
Le chef suprême (inkosi ya makosi) est aussi chef spirituel de la nation. Les pratiques divinatoires (izangoma, devins-guérisseurs zoulou) coexistent avec l'influence croissante des missions chrétiennes (Free Church of Scotland, Livingstonia Mission). Le christianisme (protestantisme presbytérien et réformé) est aujourd'hui majoritaire dans les communautés Ngoni du Malawi et de Zambie.