Évangile enluminé, Éthiopie, XIVᵉ-XVᵉ s., Metropolitan Museum of Art — CC0
Saviez-vous que
Éthiopie et Abyssinie racontent plusieurs usages du nom du pays.
Éthiopie est rattaché au grec Aithiopía, interprété comme « visage brûlé ». Abyssinie serait passé par l’arabe habasha, qui désignait des populations de la Corne de l’Afrique. Ces explications renvoient aux noms employés par des peuples voisins.
La forme ʾĪtyōṗṗyā se retrouve dans les textes guèzes et dans le nom officiel de l’État. Abyssinie est devenu un nom ancien. Un nom venu d’une autre langue peut donc être adopté par les personnes qu’il désigne.
PaysÉthiopie
PeupleAmhara
Chargement des noms et appellations
Carte des groupes tsonga, Henri-Alexandre Junod — Wikimedia Commons, domaine public
Saviez-vous que
Les travaux d’un chercheur suisse ont diffusé le nom Ronga en Europe.
Henri-Alexandre Junod, missionnaire et linguiste, étudie la langue à la fin du XIXe siècle. Ses travaux contribuent à installer Ronga dans les publications européennes. Il n’a pas inventé le mot : des sources portugaises du XVIe siècle mentionnaient déjà des chefferies rhonga autour de la baie de Delagoa, aujourd’hui baie de Maputo.
Les recensements mozambicains et sud-africains ont ensuite regroupé les Ronga sous les noms Tsonga ou Shangaan. La place du xironga reste discutée : selon les classements, il est présenté comme une langue ou comme une variante du xitsonga.
PeupleRonga
PaysMozambique
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Haratine est fortement associe a l'histoire de l'esclavage et de la servitude dans le monde arabo-berbere. Il est perçu comme pejoratif dans certains contextes (notamment au Maroc). La population ainsi designee n'est pas homogene : elle regroupe des descendants de populations noires autochtones du Sahara, des descendants d'esclaves captures au sud du Sahara et des affranchis dont le statut social reste inferieur. La frontiere entre Haratine et Abid (esclaves proprement dits) est floue selon les regions et les epoques.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Haratine est fortement associe a l'histoire de l'esclavage et de la servitude dans le monde arabo-berbere. Il est perçu comme pejoratif dans certains contextes (notamment au Maroc). La population ainsi designee n'est pas homogene : elle regroupe des descendants de populations noires autochtones du Sahara, des descendants d'esclaves captures au sud du Sahara et des affranchis dont le statut social reste inferieur. La frontiere entre Haratine et Abid (esclaves proprement dits) est floue selon les regions et les epoques.
Pourquoi ce nom pose problème : L'amalgame entre Hausa et Fulani (Hausa-Fulani) est un raccourci politique courant dans le discours nigerian contemporain. Les Haoussa sont fondamentalement des agriculteurs sedentaires d'origine tchadique, tandis que les Peuls sont des pasteurs d'origine ouest-sahelienne. Leur integration politique post-jihad masque des distinctions culturelles, linguistiques et genetiques importantes.
Pourquoi ce nom pose problème : Les différents noms donnés au peuple témoignent de ses contacts avec les Tswana, les Lozi et les Européens, ainsi que de sa présence dans plusieurs régions. Gova est surtout utilisé en Zambie, tandis que Mbukushu est préféré au Botswana et en Namibie.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Sesarwa ou Sarwa est considere pejoratif par de nombreux membres du groupe car il implique une subordination aux Tswana. Basarwa (pluriel tswana) est le terme officiel utilise au Botswana pour l'ensemble des San, mais est aussi juge reducteur. L'appellation Bushmen est generalement rejetee.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Sesarwa ou Sarwa est considere pejoratif par de nombreux membres du groupe car il implique une subordination aux Tswana. Basarwa (pluriel tswana) est le terme officiel utilise au Botswana pour l'ensemble des San, mais est aussi juge reducteur. L'appellation Bushmen est generalement rejetee.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Jarawa désigne aussi d'autres peuples : les Jarawa de l'État de Bauchi, qui parlent d'autres langues, et un peuple des îles Andaman, en Inde. C'est l'une des raisons pour lesquelles le groupe préfère le nom Afizere.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identité tutsi a été radicalement transformée par la théorie hamitique coloniale, qui présentait les Tutsi comme une race nilotique ou chamitique supérieure aux Hutu. Cette idéologie a justifié la domination coloniale pro-tutsi, puis a alimenté les propagandes anti-tutsi conduisant au génocide de 1994. Depuis 1994, l'usage du terme comme marqueur identitaire premier est découragé par le gouvernement rwandais, qui promeut l'identité Banyarwanda unifiée.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Hottentot est pejoratif et rejete par les Nama. L'identite Nama a ete profondement affectee par le genocide de 1904-1908 perpetue par l'Allemagne imperiale, qui a detruit plus de la moitie de la population. L'assimilation des Oorlam (metis Khoekhoe-europeens) au XIXe siecle a aussi complique les frontieres identitaires du groupe.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Hova sert à des auteurs européens pour tout le peuple de l'Imerina : en 1907, Alfred et Guillaume Grandidier glosent ainsi les Amboalambo des textes anciens, « [Amboalambo ou Hova] ».
Pourquoi ce nom pose problème : Les différents noms donnés au peuple témoignent de ses contacts avec les Tswana, les Lozi et les Européens, ainsi que de sa présence dans plusieurs régions. Gova est surtout utilisé en Zambie, tandis que Mbukushu est préféré au Botswana et en Namibie.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Gurma peut etre source de confusion car il designe egalement les Gourmantche, peuple de langue gur sans lien avec les Songhay. L'appellation correcte dans la litterature linguistique est Humburi Senni (ISO 639-3 : hmb). La denomination Songhay Gurma est un terme geographique qui designe les Songhay vivant dans la zone du Gurma, region a cheval entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Hutu fut instrumentalise par la colonisation belge : les Belges institutionnaliserent la distinction Hutu-Tutsi par des cartes d'identite ethniques obligatoires (annees 1920), creant une hierarchie raciale artificielle sur la base du nombre de vaches possedees. Cette categorisation contribua directement aux violences ethniques ulterieures, notamment au genocide de 1994. Depuis 1994, le Rwanda a officiellement supprime la categorisation ethnique dans les documents d'etat.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Hutu a été cristallisé en catégorie ethnique rigide par l'administration coloniale belge dans les années 1930. Depuis le génocide de 1994, son usage en tant qu'identifiant ethnique est politiquement sensible au Rwanda, le gouvernement promouvant une identité nationale unifiée Banyarwanda.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Bura et les Bura-Pabir (Babur) sont souvent traites comme un meme groupe dans les sources academiques, car ils parlent la meme langue (ISO 639-3 : bwr) et partagent la plupart de leurs traditions culturelles. La distinction porte essentiellement sur le statut politique : les Pabir (nobles descendants de Yamta-ra-Wala) gouvernent les Bura, qui leur en veulent historiquement. Cette fiche documente specifiquement le groupe Bura (population autochtone du plateau de Biu) distinct des Pabir nobles, bien que les deux soient souvent amalgames sous le terme Bura-Pabir.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Bura et les Bura-Pabir (Babur) sont souvent traites comme un meme groupe dans les sources academiques, car ils parlent la meme langue (ISO 639-3 : bwr) et partagent la plupart de leurs traditions culturelles. La distinction porte essentiellement sur le statut politique : les Pabir (nobles descendants de Yamta-ra-Wala) gouvernent les Bura, qui leur en veulent historiquement. Cette fiche documente specifiquement le groupe Bura (population autochtone du plateau de Biu) distinct des Pabir nobles, bien que les deux soient souvent amalgames sous le terme Bura-Pabir.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination Wane peut preter a confusion avec d'autres groupes africains portant des noms similaires (notamment les Ngwane d'Afrique australe). Ce petit peuple krou de Cote d'Ivoire est tres peu documente et souvent confondu avec les Bakwe, son groupe linguistique frere de la branche est krou.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Bayaka peut creer confusion avec le peuple Aka (Mbenga), groupe pygmee d'Afrique centrale qui parle une langue bantoue differente (ISO axk). Ces deux peuples n'ont aucun lien historique.
Pourquoi ce nom pose problème : Les variantes anciennes (Igbira, Egbira) sont desormais obsoletes depuis la gazette officielle de 2022. Leur usage dans les documents academiques et administratifs anterieurs peut preter a confusion.
Pourquoi ce nom pose problème : Transcription simplifiée qui aplatit la prononciation tonale complexe du terme igbo ; imposée par l'administration coloniale britannique sans consultation des locuteurs natifs, elle a longtemps véhiculé une lecture externe et déformée de l'identité igbo.
Pourquoi ce nom pose problème : Les variantes anciennes (Igbira, Egbira) sont desormais obsoletes depuis la gazette officielle de 2022. Leur usage dans les documents academiques et administratifs anterieurs peut preter a confusion.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme IDOMA, créé par l'administration coloniale britannique pour regrouper plusieurs ethnies (Igede, Doma, Akpoto, Agatu, Akpa), efface les identités distinctes. Les Igede se sont progressivement détachés de cet amalgame et revendiquent leur identité propre.