Grande Mosquée de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso — Angeline A. van Achterberg, ASC Leiden via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saviez-vous que
Le nom Dioula serait lié au commerce.
Dioula est rapproché d’un mot mandingue qui signifie « marchand » ou « commerçant itinérant ». Il aurait été appliqué à des communautés mandé musulmanes spécialisées dans le commerce à longue distance, puis serait devenu un nom de peuple. Wangara apparaît aussi dans les récits sur ces réseaux, mais les deux noms ne désignent pas toujours exactement les mêmes groupes.
Jula et Dyula sont d’autres façons d’écrire le nom. Julakan désigne la langue, et non « les gens du commerce » : kan signifie ici « langue ». Il faut aussi distinguer Dioula de Diola, employé en Casamance pour un autre peuple et une autre langue.
PeupleDioula
PaysCôte d'Ivoire
PaysBurkina Faso
PaysMali
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : La coexistence de plusieurs noms (Yungur, Bena, Bena-Yungur) peut preter a confusion. Depuis les travaux de Kleinewillinghöfer (1993), la denomination Bena-Yungur est privilegiee par les linguistes pour designer l'ensemble dialectal, afin de distinguer les Bena-Yungur des Lala qui se nomment aussi Bena.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Crioulo est ambigu car il désigne à la fois une identité ethnique (les Créoles, métis d'origine afro-portugaise) et une pratique linguistique (tous les locuteurs du créole de Guinée-Bissau, quelle que soit leur origine). Les Créoles ethniques ne représentent qu'environ 1% de la population, mais leur langue est parlée par 90% des Bissau-Guinéens.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Pygmee est considere comme devalorisant et colonial. Il est percu comme un attribut physique reducteur et nie l'identite culturelle et ethnique propre a chaque groupe. Il a ete utilise historiquement pour justifier discrimination et exclusion sociale. Les organisations de droits des peuples autochtones (Forest Peoples Programme, IWGIA) recommandent d'utiliser les noms propres de chaque groupe : Baka, Bagyeli, Bedzan, Aka, Mbuti, etc.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Pygmee est considere comme devalorisant et colonial. Il est percu comme un attribut physique reducteur et nie l'identite culturelle et ethnique propre a chaque groupe. Il a ete utilise historiquement pour justifier discrimination et exclusion sociale. Les organisations de droits des peuples autochtones (Forest Peoples Programme, IWGIA) recommandent d'utiliser les noms propres de chaque groupe : Baka, Bagyeli, Bedzan, Aka, Mbuti, etc.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme 'Pygmee' est considere comme pejoratif et deshumanisant par de nombreuses organisations de defenses des droits des peuples autochtones, dont l'IWGIA (International Work Group for Indigenous Affairs) et le Forum Permanent de l'ONU sur les Questions Autochtones. Il reduit les individus a une caracteristique physique (stature) et nie leur identite culturelle et linguistique. L'auto-denomination Batwa ou Twa est preferred par les communautes et les organisations de defense des droits. Au Rwanda, suite au genocide de 1994, toute denomination ethnique est officiellement proscrite, ce qui cree une tension entre protection de l'identite Batwa et interdiction legale des categories ethniques.
Pourquoi ce nom pose problème : Le sens de copte a changé au fil du temps. Le mot désignait d'abord l'ensemble de la population égyptienne. Après l'arabisation progressive du pays, il en est venu à désigner la minorité restée chrétienne. Aujourd'hui, certains y voient une appartenance religieuse ; d'autres, une origine égyptienne antérieure à l'arrivée des Arabes. Ces deux lectures ont des conséquences politiques en Égypte, où les recensements ne donnent plus la répartition de la population par religion depuis 1986. Les personnes concernées revendiquent elles-mêmes le nom copte.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion systematique entre Bwa et Bobo (deux peuples distincts) dans les sources coloniales et meme contemporaines est la principale difficulte ethnonymique. Les Bwa sont un groupe gur distinct des Bobo (groupe mande), bien que leurs territoires soient proches.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Arabes somaliens et Somaliens d'ascendance arabe est floue, car de nombreux clans somaliens revendiquent une origine arabe (notamment la genealogie depuis Quraych ou des saints islamiques). Les Benadiris sont souvent consideres comme distincts des Somaliens ethniques, mais leur identite est composite (arabe, persane, indienne, bantoue et somalienne). Le terme Arabes somaliens peut couvrir a la fois ces minorites historiques et les ressortissants arabes recents en Somalie.
Pourquoi ce nom pose problème : La categorisation unique de Khoisan Creole recouvre plusieurs identites distinctes et parfois rivales : Griqua (Afrique du Sud), Rehoboth Basters (Namibie), Oorlam, et d'autres. Sous l'apartheid, ces groupes etaient classes comme Coloured, terme rejete. Chaque communaute revendique une identite propre.
Pourquoi ce nom pose problème : L'usage inclusif du terme créole à la Réunion (désignant tous les natifs) efface les distinctions entre les communautés de descendance africaine-malgache, indienne (Malbars, Zarabes, Chinois) et européenne. Des tensions identitaires existent entre les Réunionnais d'ascendance africaine qui revendiquent l'identité créole comme mémoire de l'esclavage, et un usage administratif neutre.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Réunionnais se rattache au nom de l'île, rebaptisée La Réunion en 1793 par la Convention, en souvenir de la « réunion » des Marseillais et de bataillons de la Garde nationale lors de l'assaut des Tuileries, selon le linguiste Jacques Leclerc. L'île s'appelait auparavant Bourbon, du nom de la dynastie royale, depuis 1649.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Ronga et Tsonga est sujette a debat. Les recensements mozambicains et sud-africains ont souvent enregistre les Ronga sous l'etiquette 'Tsonga' ou 'Shangaan', effacant leur identite distincte. Les Ronga affirment leur identite propre distincte de celle des Shangaan (issus de la migration nguni-tsonga du 19e siecle). Certains linguistes considerent le Xironga comme un dialecte du Xitsonga, d'autres comme une langue distincte.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Barakwena est percu comme devalorisant car il fut utilise par les populations bantoues voisines pour designer ces chasseurs-cueilleurs de maniere stigmatisante. Le terme Bushmen, bien que prefere par certains membres des communautes elles-memes, reste sensible en contexte officiel.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Ronga et Tsonga est sujette a debat. Les recensements mozambicains et sud-africains ont souvent enregistre les Ronga sous l'etiquette 'Tsonga' ou 'Shangaan', effacant leur identite distincte. Les Ronga affirment leur identite propre distincte de celle des Shangaan (issus de la migration nguni-tsonga du 19e siecle). Certains linguistes considerent le Xironga comme un dialecte du Xitsonga, d'autres comme une langue distincte.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Makololo est incorrect car il designe le peuple conquis et non les Lozi eux-memes. Barotse peut etre percu comme un terme impose par les puissances coloniales europeennes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Lozi designe aujourd'hui l'ensemble du peuple du Barotseland, qui englobe de nombreux groupes absorbes par le royaume. Les Luyana proprement dits sont les fondateurs de la dynasty royale, distincts des autres composantes du peuple Lozi contemporain.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Makololo est incorrect car il designe le peuple conquis et non les Lozi eux-memes. Barotse peut etre percu comme un terme impose par les puissances coloniales europeennes.
Pourquoi ce nom pose problème : La frontiere entre le peuple Ndengereko et le peuple Rufiji est linguistiquement et ethniquement floue. Les linguistes debattent si le rufiji est un dialecte du ndengereko ou une langue distincte. La designation Warufiji dans le recensement tanzanien englobe parfois l'ensemble du groupe.
Pourquoi ce nom pose problème : La designation Kami (et le territoire Ukami sur les plus anciennes cartes publiees) peut preter a confusion avec un groupe distinct. Les Kami des plaines orientales possedent leur propre dialecte mais sont desormais integres ethniquement dans l'identite Waluguru.
Pourquoi ce nom pose problème : La designation Kami (et le territoire Ukami sur les plus anciennes cartes publiees) peut preter a confusion avec un groupe distinct. Les Kami des plaines orientales possedent leur propre dialecte mais sont desormais integres ethniquement dans l'identite Waluguru.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Bakiga et Hutu du nord Rwanda est politiquement sensible depuis le genocide de 1994 : les Bakiga ougandais sont une ethnie distincte avec une identite propre, tandis que les Bakiga rwandais sont souvent assimiles aux Hutu. La classification ethnique dans les deux pays est chargee d'histoire coloniale et post-coloniale.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination 'Rundi' peut etre interpretee soit comme designation linguistique (locuteurs du kirundi), soit comme designation ethnique (peuple du Burundi). La distinction entre Hutu, Tutsi et Twa a ete instrumentalisee par les colonisateurs allemands et belges qui ont durci des categories sociales autrefois plus fluides, contribuant aux tensions qui ont conduit aux genocides de 1972 et 1993. Il est scientifiquement errone de traiter Hutu et Tutsi comme des 'races' separees : tous deux parlent Kirundi, partagent la culture rundi et sont genetiquement tres proches. Les distinctions etaient historiquement socio-economiques (agriculteurs vs eleveurs de betail) et poreuses.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identité tabwa est en partie une construction coloniale : les populations qui s'identifient aujourd'hui comme Tabwa étaient à l'origine une série de villages distincts aux histoires différentes. L'administration coloniale belge a unifié ces groupes sous un même nom. La frontière ethnique avec les Lungu voisins est fluide, et certaines sources confondent les deux groupes.