Gare de Dakar, Sénégal, 1972 — Fred van der Kraaij, ASC Leiden via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saviez-vous que
Peul, Fulani et Fulɓe désignent le même peuple.
Les personnes concernées emploient Fulɓe pour plusieurs personnes et Pullo pour une seule. Le nom Peul, courant en français, viendrait du wolof. Fulani, courant en anglais, serait passé par le haoussa. On rencontre aussi Fula, ainsi que Fellata au Tchad et au Soudan. Leur langue est appelée pulaar à l’ouest et fulfulde à l’est.
Présents du Sénégal au Soudan, les Fulɓe ont été désignés dans plusieurs langues, par leurs voisins et par des administrations coloniales. Ces contacts aident à comprendre pourquoi plusieurs noms continuent à circuler.
PeupleFulɓe (Peul)
PaysSénégal
PaysMali
PaysNiger
Chargement des noms et appellations
Couverture kaasa de style fulbe, Mali, Niger ou Burkina Faso, années 1930 ou avant — Cleveland Museum of Art, CC0
Saviez-vous que
Peul, Fula, Fulani et Fellata sont des noms venus de plusieurs langues.
Peul viendrait du wolof Pel, repris en français. Fula serait passé par un terme mandingue, puis par l’anglais. Fulani est rattaché au haoussa et reste courant au Nigeria et en anglais. Fellata est employé en arabe au Soudan et au Tchad, notamment pour des personnes installées sur les routes du pèlerinage. Ce dernier nom peut véhiculer des stéréotypes négatifs.
Les personnes concernées emploient Fulbe au pluriel et Pullo au singulier. Les autres noms racontent les contacts avec leurs voisins et les langues dans lesquelles leur histoire a été écrite.
PeupleFulbe du Massina
PaysMali
PaysBurkina Faso
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Le statut des Ndau est débattu : ils sont parfois classés comme dialecte du shona (Southeast Shona), parfois comme langue et groupe ethnique distincts. Depuis 2013, le ChiNdau est reconnu comme langue officielle distincte par la Constitution du Zimbabwe (article 6). La forte influence nguni sur la langue et la culture ndau complique l'identification ethnique claire.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Nyika est considere comme offensant et devalorisant, car il associe le peuple a un environnement marginal et sauvage. Les Digo preferent leur autodesignation ou l'appartenance au groupe Mijikenda.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Kunda est partage par plusieurs groupes distincts en Afrique, notamment les Seba (aussi appeles Kunda) du nord-ouest de la RDC, ce qui cree des confusions dans les bases de donnees linguistiques.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination Lwimbi peut etre confondue avec Luimbi ou Luimbe selon les sources. Le groupe est souvent classe dans la categorie ethnographique generique Ganguela utilisee par les Portugais pour de nombreux peuples distincts de l'est angolais. Cette categorisation peut masquer l'identite propre des Lwimbi.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identité manyika comme groupe distinct des autres Shona n'existe formellement que depuis les années 1930, construite en partie par les missionnaires et administrateurs coloniaux qui standardisèrent le dialecte écrit et appliquèrent le terme Manyika à tous les habitants de Manicaland. Des sous-groupes comme les peuples de Makoni (MaUngwe, ChiUngwe) ne parlent pas le même dialecte et furent inclus de manière arbitraire. Les Manyika du Mozambique et du Zimbabwe ont des trajectoires coloniales distinctes (portugaise versus britannique).
Pourquoi ce nom pose problème : L'identité manyika comme groupe distinct des autres Shona n'existe formellement que depuis les années 1930, construite en partie par les missionnaires et administrateurs coloniaux qui standardisèrent le dialecte écrit et appliquèrent le terme Manyika à tous les habitants de Manicaland. Des sous-groupes comme les peuples de Makoni (MaUngwe, ChiUngwe) ne parlent pas le même dialecte et furent inclus de manière arbitraire. Les Manyika du Mozambique et du Zimbabwe ont des trajectoires coloniales distinctes (portugaise versus britannique).
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Mbunda peut etre confondu avec Ambundu (ou Mbundu), qui designe un groupe ethnique distinct d'Angola parlant le Kimbundu. Les Mbunda (parlant le Chimbunda) et les Ambundu (parlant le Kimbundu) sont deux peuples differents. Cette confusion apparait dans certaines sources moins rigoureuses.
Pourquoi ce nom pose problème : La designation Swahili pour ces populations est academique plutot qu'auto-attribuee. Les Bajuni insistent sur leur identite distincte et affirment que le swahili est issu du bajuni, non l'inverse. En Somalie, leur statut de minorite bantoue les place en bas de la hierarchie clanique somali, exposant ces communautes a la discrimination et a la marginalisation depuis l'independance.
Pourquoi ce nom pose problème : Le statut des Ndau est débattu : ils sont parfois classés comme dialecte du shona (Southeast Shona), parfois comme langue et groupe ethnique distincts. Depuis 2013, le ChiNdau est reconnu comme langue officielle distincte par la Constitution du Zimbabwe (article 6). La forte influence nguni sur la langue et la culture ndau complique l'identification ethnique claire.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Chinois efface les distinctions entre les deux principaux sous-groupes : les Hakka (établis à Mont Fleuri) et les Cantonais (établis dans le centre de Victoria), qui avaient des pratiques sociales distinctes et refusaient de s'épouser mutuellement à l'origine.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme générique Chinois efface les distinctions internes majeures entre sous-groupes : Hakka (majoritaires, ~95 %), Cantonais-Namshun (~5 %) et Hokkiens (Fujianese, groupe historique initial). Ces groupes ont une histoire migratoire, des langues et des organisations sociales distinctes, et ont parfois connu des tensions intercommunautaires.
Pourquoi ce nom pose problème : Confusion frequente entre les Nsenga et les Senga, ces derniers etant en realite une partie du groupe Tumbuka. Certains dialectes Nsenga en Zambie sont en realite des dialectes de Tumbuka appeles localement Nsenga.
Pourquoi ce nom pose problème : En 1968, le président Hastings Kamuzu Banda a renommé officiellement la langue Chinyanja en Chichewa pour l'associer au peuple Chewa et promouvoir l'unité nationale. Cette décision politisée a effacé la diversité linguistique et provoqué des tensions avec les locuteurs Tumbuka.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Sena recouvre à la fois un groupe ethnolinguistique bantou spécifique de la vallée du Zambèze et une catégorie plus large comprenant des sous-groupes régionaux (Rue/Barwe, Podzo, Sena du Malawi) qui peuvent être considérés comme des entités linguistiques distinctes. Le Sena du Malawi est parfois classé comme une langue distincte par les linguistes.
Pourquoi ce nom pose problème : Il existe deux langues distinctes portant le nom Tembo dans la nomenclature Ethnologue : Tembo (tbt) parlé dans les provinces du Kivu (DRC, Zone J — Grand Lacs) et Tembo (tmv) de la rivière Mongala (Zone C, nord de la DRC, distinct du groupe kivu). Cette fiche concerne les Batembo du Kivu (tbt), peuple bantou des provinces de Sud-Kivu et Nord-Kivu, à l'est de la RDC.
Pourquoi ce nom pose problème : L'appellation Tonga (Malawi) recouvre en réalité deux sous-ensembles distincts selon les auteurs : les Lakeshore Tonga (rive du lac, Nkhata Bay) et les Tonga de l'intérieur du Malawi. La parenté avec les Tonga de Zambie est nulle sur le plan linguistique (langues de branches bantoues différentes) et historique. La langue Chitonga (tog, N15) est un dialecte du Chitumbuka, radicalement différent du Chitonga de Zambie (toi, M64). L'identité Tonga au Malawi est parfois floue, certains groupes étant proches des Tumbuka ou des Cewa.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Chleuh a parfois ete utilise comme insulte en France pendant la Seconde Guerre mondiale pour designer les soldats allemands, en raison d'une confusion phonetique. Au Maroc, il est employe de maniere courante et non pejorative.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Haratine est fortement associe a l'histoire de l'esclavage et de la servitude dans le monde arabo-berbere. Il est perçu comme pejoratif dans certains contextes (notamment au Maroc). La population ainsi designee n'est pas homogene : elle regroupe des descendants de populations noires autochtones du Sahara, des descendants d'esclaves captures au sud du Sahara et des affranchis dont le statut social reste inferieur. La frontiere entre Haratine et Abid (esclaves proprement dits) est floue selon les regions et les epoques.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Haratine est fortement associe a l'histoire de l'esclavage et de la servitude dans le monde arabo-berbere. Il est perçu comme pejoratif dans certains contextes (notamment au Maroc). La population ainsi designee n'est pas homogene : elle regroupe des descendants de populations noires autochtones du Sahara, des descendants d'esclaves captures au sud du Sahara et des affranchis dont le statut social reste inferieur. La frontiere entre Haratine et Abid (esclaves proprement dits) est floue selon les regions et les epoques.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Batswana designe aussi tous les citoyens du Botswana, independamment de leur ethnicite. Il convient de distinguer les Tswana ethniques des citoyens botswanais au sens civique.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre Suri et Surma est frequente dans la presse touristique et la vulgarisation. Les Suri se distinguent des Mursi et des Me'en, bien que les trois forment le collectif Surma dans certaines classifications. Linguistiquement, Chai et Tirmaga parlent des dialectes tres proches, tandis que Baale est plus distinct.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Batswana designe aussi tous les citoyens du Botswana, independamment de leur ethnicite. Il convient de distinguer les Tswana ethniques des citoyens botswanais au sens civique.
Pourquoi ce nom pose problème : Confusion frequente entre les Nsenga et les Senga, ces derniers etant en realite une partie du groupe Tumbuka. Certains dialectes Nsenga en Zambie sont en realite des dialectes de Tumbuka appeles localement Nsenga.
Pourquoi ce nom pose problème : La multitude de noms cree des confusions dans les sources historiques et museographiques. La repartition entre trois Etats (Angola, RDC, Zambie) a engendre trois nomenclatures administratives differentes pour le meme peuple.