Système politique traditionnel
La gouvernance traditionnelle Digo reposait sur un conseil d'anciens du village (ngambi). Ces anciens etaient les gardiens des traditions, administraient les affaires villageoises, appliquaient la loi coutumiere et presidaient les rituels. Il n'existait pas de structure politique centralisee au-dela du village. Les structures modernes de gouvernance (administrateurs gouvernementaux, elus) coexistent aujourd'hui avec les conseils d'anciens.
Organisation clanique
La societe Digo est organisee autour d'un systeme de clans matrilineaires nommes fuko. L'appartenance au fuko se transmet par la mere. Les femmes sont considerees comme essentielles a la continuite du fuko : "avoir des filles rend le fuko riche". L'oncle maternel (mjomba) joue un role central dans l'education et la representation des neveux, un role que la colonisation et l'islam ont progressivement erodet.
Grades d'âge
Des classes d'age existaient traditionnellement, les jeunes hommes passant ensemble par differentes etapes de la vie, formant des liens forts et remplissant des roles specifiques dans la communaute. Ces pratiques sont aujourd'hui moins prominentes.
Rôle des lignages
La matrilinearite est le principe fondateur de l'organisation sociale Digo, unique parmi les Bantu de la region et reforcee par la pratique islamique. L'appartenance au fuko (clan matrilineaire) est determinante pour l'identite, l'heritage foncier et les alliances matrimoniales. Les hommes sont consideres comme des "impasses" dans la propagation du fuko. La question "de qui es-tu le peuple?" est la premiere posee lors d'une rencontre entre Digo.
Autorité religieuse
L'islam sunnite est la religion quasi-universelle des Digo, les distinguant des autres peuples Mijikenda majoritairement animistes. Cependant, les traditions animistes (croyance aux esprits, sacrifices de sang, consultations des guerisseurs traditionnels) exercent toujours une influence profonde, notamment chez les personnes agees. Les Digo pratiquent un islam populaire (folk Islam) melant pratiques islamiques et traditions ancestrales. Les esprits sont centraux : leur exorcisme par des sacrifices de sang est une pratique importante.