Système politique traditionnel
Organisation politique fondée sur le village (mizi), unité de base dirigée par un headman (fumu). Le fumu hérite de son titre par voie matrilinéaire mais exerce son autorité par influence personnelle et capacité à attirer des dépendants. Pas de chefferie centralisée traditionnelle. Le conseil des 32 chefs proposé en 1932 reflète une tradition de gouvernance par consensus collectif de petits chefs de village, à l'opposé du modèle hiérarchique à chef unique. Les litiges sont réglés en priorité au sein du village; les tribunaux coloniaux (boma) ne servent qu'en dernier recours.
Organisation clanique
Société matrilinéaire : appartenance au clan et droits fonciers transmis par la lignée maternelle (kuchikazi). Le père (kuchirumi) est reconnu mais n'a pas de droits transmissibles au-delà de la deuxième génération. Les clans réduisent leurs marqueurs distinctifs à des patronymes partagés avec les groupes voisins. La mkapora (personne sans parenté, descendant d'esclave) a un statut inférieur car sans réseau clanique pour la soutenir.
Grades d'âge
Pas de système formel de classes d'âge. Les groupes de danse boma, composés de jeunes hommes de plusieurs villages, constituent la seule structure supravillageoise et servent de réseau de sociabilité et d'entraide entre communautés lacustres.
Rôle des lignages
Les lignages matrilinéaires contrôlent l'accès à la terre (les premiers occupants sont propriétaires des terres cultivables), la dot et les obligations du nkhoswe (garant, oncle maternel). La résidence idéale est matrilocale. Le mariage préférentiel avec la cousine croisée maternelle renforce les liens internes du village. Les disputes liées à la dot (bride-wealth) et aux dettes matrimoniales structurent les relations entre lignages et constituent la principale source de conflits villageois.
Autorité religieuse
Le chef influent préside les rites d'initiation féminine (nkholi). L'Église presbytérienne (CCAP, issue de la Mission Livingstonia) exerce une influence religieuse importante. Des leaders communautaires chrétiens (pasteurs, diacres) cohabitent avec les structures traditionnelles. La croyance en les mzimu (esprits ancestraux) et Chiuta (dieu suprême) persiste dans les pratiques domestiques et funèbres.