Cases peintes de la SWOPA, Sirigu, village nankana, Ghana — Sucram Yef, Flickr, CC BY 2.0
Saviez-vous que
Trois récits expliquent des noms de peuples par une réponse mal comprise.
Un récit rapproche Frafra, employé sous l’administration britannique pour les Nankana du Ghana, de la salutation en gurune Ya fara fara ?, « comment va ton travail, ta peine ? ». Une formule de politesse aurait ainsi été prise pour un nom de peuple.
Un autre récit rapproche Busanga, nom donné aux Bissa, de bisag gua, « homme bissa », une réponse à des Européens qui demandaient qui ils étaient. Les Ma'di du Nil rapportent une histoire semblable avec madi, « une personne ». Les fiches présentent ces explications comme des récits transmis, dont les détails restent à vérifier.
PeupleNankana (Frafra)
PeupleBissa
PeupleMa'di
PaysGhana
PaysBurkina Faso
PaysOuganda
Chargement des noms et appellations
Couverture kaasa de style fulbe, Mali, Niger ou Burkina Faso, années 1930 ou avant — Cleveland Museum of Art, CC0
Saviez-vous que
Peul, Fula, Fulani et Fellata sont des noms venus de plusieurs langues.
Peul viendrait du wolof Pel, repris en français. Fula serait passé par un terme mandingue, puis par l’anglais. Fulani est rattaché au haoussa et reste courant au Nigeria et en anglais. Fellata est employé en arabe au Soudan et au Tchad, notamment pour des personnes installées sur les routes du pèlerinage. Ce dernier nom peut véhiculer des stéréotypes négatifs.
Les personnes concernées emploient Fulbe au pluriel et Pullo au singulier. Les autres noms racontent les contacts avec leurs voisins et les langues dans lesquelles leur histoire a été écrite.
PeupleFulbe du Massina
PaysMali
PaysBurkina Faso
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Les termes Shanqella et Changalla sont consideres pejoratifs car utilises par les peuples des hautes terres pour designer les peuples des basses terres qu'ils asservissaient. Wetawit/Watawit peut etre ressenti comme stigmatisant pour les individus issus de mariages mixtes.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Toucouleur sedentaires et Peul (Fulani) nomades est une construction coloniale française qui ne reflete pas la realite ethnique. Les Haalpulaar constituent en realite deux groupes distincts (Tukuloor et Fulbe) qui ont tente de forger une identite commune uniquement linguistique.
Pourquoi ce nom pose problème : Beja est un nom d'origine arabe donné à ce peuple par d'autres populations. Selon certains chefs religieux beja, il signifierait combattants ou combattants des Pharaons. Les personnes concernées emploient Bidhaawyeet pour leur langue et leur peuple, ou se présentent par leur groupe : Bishareen, Hadendoa, Amarar, entre autres.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Bushmen est historiquement pejoratif et reducteur. San (pluriel de San) est le terme generalement prefere par les organisations de defense des droits. Central Kalahari Bushmen efface la diversite linguistique et culturelle des peuples distincts du Kalahari (Gǁana, Gǀwi, Gwikwe, etc.).
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination composite Ga-Dangme efface les distinctions importantes entre les deux sous-groupes. Les Ga d'Accra ont une identite urbaine et maritime distincte des Dangme plus ruraux. La confusion avec d'autres groupes Kwa (Akan, Ewe) est frequente.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination composite Ga-Dangme efface les distinctions importantes entre les deux sous-groupes. Les Ga d'Accra ont une identite urbaine et maritime distincte des Dangme plus ruraux. La confusion avec d'autres groupes Kwa (Akan, Ewe) est frequente.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identite gabra est complexe car le groupe a absorbe des membres d'autres ethnies (Borana, Rendille, Somali). La distinction entre Gabra Malbe (plaines, Kenya) et Gabra Miigo (hauts plateaux, Ethiopie) cree une identite duelle.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identite gabra est complexe car le groupe a absorbe des membres d'autres ethnies (Borana, Rendille, Somali). La distinction entre Gabra Malbe (plaines, Kenya) et Gabra Miigo (hauts plateaux, Ethiopie) cree une identite duelle.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Soninke peut avoir des connotations negatives dans le Fouta-Djalon et en Senegambie, ou il a ete utilise pour designer des non-musulmans ou des adeptes des religions traditionnelles, bien que les Soninke soient en grande majorite musulmans depuis le 10e siecle.
Pourquoi ce nom pose problème : Shangilla est considéré comme méprisant. Marille et Geleb sont des noms donnés par d'autres populations ; le groupe ne les emploie pas pour se nommer lui-même.
Pourquoi ce nom pose problème : Le groupe Ndai est extrêmement peu documenté en raison de son très faible nombre de locuteurs (5 selon le recensement de 2002, tous de plus de 50 ans, plus deux locuteurs partiels). La langue est classée en voie d'extinction critique. L'appartenance au phylum Niger-Congo est marquée d'un point d'interrogation dans les classifications linguistiques (Wikipedia, Glottolog). Le groupe est souvent confondu avec d'autres petites communautés de la région de Tcholliré.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Oromo jugent ce terme profondément insultant. Des groupes dominants éthiopiens l'ont utilisé pour les désigner, mais les Oromo ne l'emploient pas pour se nommer. Après la révolution de 1974, Oromo remplace officiellement le nom jugé erroné, « misnomer Galla ».
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Bushmen est historiquement pejoratif et reducteur. San (pluriel de San) est le terme generalement prefere par les organisations de defense des droits. Central Kalahari Bushmen efface la diversite linguistique et culturelle des peuples distincts du Kalahari (Gǁana, Gǀwi, Gwikwe, etc.).
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre le Buganda (royaume banto) et l'Uganda (etat national) est source de tensions politiques persistantes, les Baganda revendiquant une autonomie et des droits speciaux au sein de l'Etat ougandais. Le terme tribe, impose par l'administration coloniale, est rejete par de nombreux Baganda qui preferent le terme nation ou peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : Acholi est un nom arabe donné au peuple de l'extérieur. Les colonisateurs britanniques et les chercheurs l'ont repris par commodité. Luo Gang, le nom que les communautés employaient historiquement pour elles-mêmes, est moins connu à l'extérieur.
Pourquoi ce nom pose problème : Ganguela et Nganguela sont un seul nom, écrit de deux façons : il n'y a pas deux ensembles de peuples à tenir distincts. Les Ovimbundu l'ont appliqué, avec une nuance péjorative, aux peuples vivant à l'est et au sud-est d'eux, et les Portugais en ont fait une catégorie de recensement qui regroupait des groupes indépendants. Aucune identité commune ne réunissait ces groupes avant cette catégorie : les Luchazi, les Mbunda, les Lwena, les Nyemba et les autres emploient chacun leur propre nom.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Ngbande sont moins une ethnie traditionnelle délimitée qu'un ensemble de gens du nord-ouest du Congo devenus majoritairement locuteurs du lingala ou du bangala (son dialecte congolais). Leur identité fut fortement politisée sous le régime de Mobutu Sese Seko (1965-1997), lui-même membre du groupe, ce qui leur valut d'être assimilés à l'élite militaire et politique de Zaire puis de subir des discriminations après 1997.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Gbaya designe un ensemble de groupes linguistiquement et culturellement apparentes mais non completement homogenes. La famille linguistique Gbaya-Manza-Ngbaka appartient aux langues oubanguiennes (Niger-Congo), ce qui remet en question leur classification dans le bantou au sens strict. Certains linguistes les classent parmi les langues adamawa-oubanguiennes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Guerze (utilisé en Guinée francophone) et Kpelle (utilisé au Libéria anglophone) désignent le même peuple mais sont souvent traités comme des groupes distincts dans les sources coloniales et certaines classifications, créant une confusion dans la littérature académique.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Gbaya designe un ensemble de groupes linguistiquement et culturellement apparentes mais non completement homogenes. La famille linguistique Gbaya-Manza-Ngbaka appartient aux langues oubanguiennes (Niger-Congo), ce qui remet en question leur classification dans le bantou au sens strict. Certains linguistes les classent parmi les langues adamawa-oubanguiennes.
Pourquoi ce nom pose problème : La coexistence de plusieurs noms (Yungur, Bena, Bena-Yungur) peut preter a confusion. Depuis les travaux de Kleinewillinghöfer (1993), la denomination Bena-Yungur est privilegiee par les linguistes pour designer l'ensemble dialectal, afin de distinguer les Bena-Yungur des Lala qui se nomment aussi Bena.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Bassa est parfois confondu avec le peuple Bassa du Cameroun, dont la langue appartient au groupe bantou de la famille Niger-Congo. Il s'agit d'une entité distincte des Bassa du Liberia, dont la langue bassa (bsq) appartient à la famille krou. Il l'est aussi avec les Bassa Nge du Nigeria, un autre peuple qui porte le même nom (voir sa fiche) : ce sont trois peuples distincts, que seule la ressemblance du nom rapproche.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme 'Pygmee' est considere comme pejoratif et deshumanisant par de nombreuses organisations de defenses des droits des peuples autochtones, dont l'IWGIA (International Work Group for Indigenous Affairs) et le Forum Permanent de l'ONU sur les Questions Autochtones. Il reduit les individus a une caracteristique physique (stature) et nie leur identite culturelle et linguistique. L'auto-denomination Batwa ou Twa est preferred par les communautes et les organisations de defense des droits. Au Rwanda, suite au genocide de 1994, toute denomination ethnique est officiellement proscrite, ce qui cree une tension entre protection de l'identite Batwa et interdiction legale des categories ethniques.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identite gabra est complexe car le groupe a absorbe des membres d'autres ethnies (Borana, Rendille, Somali). La distinction entre Gabra Malbe (plaines, Kenya) et Gabra Miigo (hauts plateaux, Ethiopie) cree une identite duelle.