Système politique traditionnel
Jusqu'au 19e siècle, les Aari vivaient sous des chefferies indépendantes (plural) dirigées chacune par un baabi (chef divin). Le baabi exerçait une autorité à la fois politique et religieuse, légitimée par sa nature sacrée. La chefferie divine (baabi) est analogue à d'autres institutions similaires documentées chez des groupes omotiques voisins. Après la conquête éthiopienne de la fin du 19e siècle, ces structures ont été remplacées par l'administration amhara. Depuis 1991, le système fédéral éthiopien a accordé une certaine autonomie aux groupes ethniques, permettant aux Aari de gérer partiellement leurs affaires locales.
Organisation clanique
La société aari est structurée par un système de castes fonctionnelles. La caste Kantsa (agriculteurs) occupe la position sociale privilégiée. La caste Mana (collectif des artisans) est socialement inférieure et comprend les faka mana (forgerons-charpentiers, dont la position est la plus basse, inférieure même aux tanneurs et potiers) et les tila mana (tanneurs et potiers). L'intermariage entre Kantsa et Mana est traditionnellement tabou et considéré comme une violation grave des normes sociales. Après l'introduction du protestantisme dans les années 1950, les divisions de castes parmi les chrétiens sont devenues moins rigides.
Rôle des lignages
Les lignages patrilinéaires structurent les droits fonciers, les alliances matrimoniales et l'appartenance aux castes. L'endogamie de caste (mariage au sein de la même caste) est la norme traditionnelle. La majorité de la population pratique l'agriculture mixte (cultures vivrières et élevage).
Autorité religieuse
Trois traditions religieuses coexistent : la religion traditionnelle animiste (minoritaire), l'Église orthodoxe éthiopienne (quelques fidèles, malgré sa stigmatisation due à l'association avec la conquête menelikienne et l'exploitation des prêtres), et le protestantisme (la grande majorité des chrétiens aari, convertis depuis les années 1950 via des missions SIM et d'autres organisations). Le baabi traditionnel, chef divin, a perdu son autorité politique après la conquête éthiopienne mais des pratiques religieuses traditionnelles subsistent.