Église São Sebastião, île de Mozambique — Erik Cleves Kristensen, Wikimedia Commons, CC BY 2.0
Saviez-vous que
Le nom Mozambique serait lié à un marchand appelé Mussa Bin Bique.
Selon le récit présenté ici, Mussa Bin Bique était un cheikh et marchand installé sur l’île. Lorsque l’expédition de Vasco de Gama y arrive en 1498, les Portugais auraient pris son nom pour celui du lieu et l’auraient écrit Moçambique.
L’île devient une capitale coloniale au XVIe siècle. Son nom est ensuite étendu à un territoire plus vaste. Cette explication relie donc le nom d’une personne, celui d’une île et celui du pays.
PaysMozambique
PeupleMakua
Chargement des noms et appellations
Baie de Freetown, Imray, 1884 — British Library via Wikimedia Commons, domaine public
Saviez-vous que
Les sources ne donnent pas toutes la même origine au nom Sierra Leone.
Un récit courant attribue Serra Lyoa, « montagnes du Lion », au Portugais Pedro de Sintra vers 1462. L’historien sierra-léonais C. Magbaily Fyle conteste cette attribution : il relève le nom avant cette date et propose qu’une erreur de lecture ait été recopiée par plusieurs historiens.
Le sens est lui aussi expliqué de plusieurs façons. Le relief aurait évoqué des dents de lion, ou le tonnerre au-dessus des collines aurait rappelé un rugissement. Les marins anglais emploient Sierra Leoa au XVIe siècle, puis Sierra Leone, rendu officiel par les Britanniques en 1787.
PaysSierra Leone
PeupleTemne
PeupleMende
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Ngbande sont moins une ethnie traditionnelle délimitée qu'un ensemble de gens du nord-ouest du Congo devenus majoritairement locuteurs du lingala ou du bangala (son dialecte congolais). Leur identité fut fortement politisée sous le régime de Mobutu Sese Seko (1965-1997), lui-même membre du groupe, ce qui leur valut d'être assimilés à l'élite militaire et politique de Zaire puis de subir des discriminations après 1997.
Pourquoi ce nom pose problème : Gwari est considéré comme un terme imposé et potentiellement dégradant. Les associations culturelles du groupe revendiquent les noms Gbagyi ou Gbari selon leur dialecte.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Gbaya designe un ensemble de groupes linguistiquement et culturellement apparentes mais non completement homogenes. La famille linguistique Gbaya-Manza-Ngbaka appartient aux langues oubanguiennes (Niger-Congo), ce qui remet en question leur classification dans le bantou au sens strict. Certains linguistes les classent parmi les langues adamawa-oubanguiennes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Guerze (utilisé en Guinée francophone) et Kpelle (utilisé au Libéria anglophone) désignent le même peuple mais sont souvent traités comme des groupes distincts dans les sources coloniales et certaines classifications, créant une confusion dans la littérature académique.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Gbaya designe un ensemble de groupes linguistiquement et culturellement apparentes mais non completement homogenes. La famille linguistique Gbaya-Manza-Ngbaka appartient aux langues oubanguiennes (Niger-Congo), ce qui remet en question leur classification dans le bantou au sens strict. Certains linguistes les classent parmi les langues adamawa-oubanguiennes.
Pourquoi ce nom pose problème : La coexistence de plusieurs noms (Yungur, Bena, Bena-Yungur) peut preter a confusion. Depuis les travaux de Kleinewillinghöfer (1993), la denomination Bena-Yungur est privilegiee par les linguistes pour designer l'ensemble dialectal, afin de distinguer les Bena-Yungur des Lala qui se nomment aussi Bena.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Bassa est parfois confondu avec le peuple Bassa du Cameroun, dont la langue appartient au groupe bantou de la famille Niger-Congo. Il s'agit d'une entité distincte des Bassa du Liberia, dont la langue bassa (bsq) appartient à la famille krou. Il l'est aussi avec les Bassa Nge du Nigeria, un autre peuple qui porte le même nom (voir sa fiche) : ce sont trois peuples distincts, que seule la ressemblance du nom rapproche.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme 'Pygmee' est considere comme pejoratif et deshumanisant par de nombreuses organisations de defenses des droits des peuples autochtones, dont l'IWGIA (International Work Group for Indigenous Affairs) et le Forum Permanent de l'ONU sur les Questions Autochtones. Il reduit les individus a une caracteristique physique (stature) et nie leur identite culturelle et linguistique. L'auto-denomination Batwa ou Twa est preferred par les communautes et les organisations de defense des droits. Au Rwanda, suite au genocide de 1994, toute denomination ethnique est officiellement proscrite, ce qui cree une tension entre protection de l'identite Batwa et interdiction legale des categories ethniques.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identite gabra est complexe car le groupe a absorbe des membres d'autres ethnies (Borana, Rendille, Somali). La distinction entre Gabra Malbe (plaines, Kenya) et Gabra Miigo (hauts plateaux, Ethiopie) cree une identite duelle.
Pourquoi ce nom pose problème : Shangilla est considéré comme méprisant. Marille et Geleb sont des noms donnés par d'autres populations ; le groupe ne les emploie pas pour se nommer lui-même.
Pourquoi ce nom pose problème : Shangilla est considéré comme méprisant. Marille et Geleb sont des noms donnés par d'autres populations ; le groupe ne les emploie pas pour se nommer lui-même.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination Gen-Mina combine deux groupes distincts : les Gen (issus des Ga d'Accra) et les Mina stricto sensu (issus des Ane d'Elmina). Localement, les habitants d'Aneho preferent Mina tandis que ceux de Glidji preferent Gen. En francais colonial, Mina fut utilise de maniere elargie pour designer l'ensemble des peuples de la cote ouest-africaine du golfe de Guinee, ce qui cree des confusions. Les recensements utilisent tantot Mina, tantot Guen ou Anecho comme synonymes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Zenata est un macro-groupe historique dont les limites sont contestees par les historiens. L'historien Yves Modéran souligne que le terme est relativement tardif et sans racines claires dans l'Antiquite : les mentions de factions zenata dans les sources medievales sont incertaines quant a leur histoire reelle ou a une simple affiliation nominale. La notion de Zenata comme groupe unifie est surtout une construction des sources arabes medievales.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Mikea peut etre stigmatisant : les populations urbaines et rurales voisines les associent parfois a un mode de vie primitif ou les assimilent aux Vazimba legendaires. Des recherches (Blench et Walsh, 2009) ont montre que cette assimilation aux Vazimba est sans fondement linguistique.
Pourquoi ce nom pose problème : Les voisins ont donné le nom Buduma à ce peuple en référence aux roseaux du lac Tchad, plutôt qu'au nom qu'il se donne lui-même. Les récits d'attaques contre les troupeaux voisins ont nourri des préjugés négatifs encore présents. Depuis les années 1970, le recul du lac Tchad menace la survie de cette population et son mode de vie lié à l'eau.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme nilotique est anthropologiquement contestable car il regroupe des peuples tres divers sur les plans culturel, historique et meme linguistique. Les classifications raciales historiques (grande taille, peau tres sombre, membres longs) ont ete abandonnees au profit de la linguistique. Certains groupes classes comme nilotiques (ex: Kalenjin) sont linguistiquement nilotiques mais culturellement tres differents des Dinka ou Nuer.
Pourquoi ce nom pose problème : La partition Guéré / Wobé est une construction coloniale artificielle qui ne correspondait à aucune frontière culturelle, linguistique ou identitaire préexistante. Elle a engendré des divisions qui se sont progressivement institutionnalisées malgré leur caractère arbitraire.
Pourquoi ce nom pose problème : La partition Guéré / Wobé est une construction coloniale artificielle qui ne correspondait à aucune frontière culturelle, linguistique ou identitaire préexistante. Elle a engendré des divisions qui se sont progressivement institutionnalisées malgré leur caractère arbitraire.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Giziga a été donné par les Fulɓe, alors que les personnes concernées se nomment Marva. Les administrations coloniale puis postcoloniale ont installé l'usage de Giziga. Le groupe peut donc le vivre comme un nom imposé de l'extérieur.
Pourquoi ce nom pose problème : Les différents noms donnés au peuple témoignent de ses contacts avec les Tswana, les Lozi et les Européens, ainsi que de sa présence dans plusieurs régions. Gova est surtout utilisé en Zambie, tandis que Mbukushu est préféré au Botswana et en Namibie.