Évangile enluminé, Éthiopie, XIVᵉ-XVᵉ s., Metropolitan Museum of Art — CC0
Saviez-vous que
Éthiopie et Abyssinie racontent plusieurs usages du nom du pays.
Éthiopie est rattaché au grec Aithiopía, interprété comme « visage brûlé ». Abyssinie serait passé par l’arabe habasha, qui désignait des populations de la Corne de l’Afrique. Ces explications renvoient aux noms employés par des peuples voisins.
La forme ʾĪtyōṗṗyā se retrouve dans les textes guèzes et dans le nom officiel de l’État. Abyssinie est devenu un nom ancien. Un nom venu d’une autre langue peut donc être adopté par les personnes qu’il désigne.
PaysÉthiopie
PeupleAmhara
Chargement des noms et appellations
Pirogues à São João dos Angolares, São Tomé — Ji-Elle, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saviez-vous que
Un récit relie les Angolares de São Tomé au naufrage d’un navire venu d’Angola.
La tradition rapporte qu’un navire négrier aurait fait naufrage près des côtes sud de l’île vers 1540. Les survivants auraient fondé dans les forêts une communauté de personnes ayant échappé à l’esclavage. Le nom Angolares est rapproché de l’Angola, présenté dans ce récit comme la région d’origine de leurs ancêtres.
Ce nom désigne une communauté précise et ne s’applique pas à toutes les personnes qui parlent une langue créole sur l’île. La fiche rappelle aussi que les Angolares ont longtemps été dévalorisés dans la société de São Tomé.
PeupleAngolares
PaysSão Tomé-et-Príncipe
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Lala-Lamba est une denomination relationnelle/ethnohistorique plutot qu'une identite ethnique propre. Les Lamba sont un peuple distinct des Lala, bien que partageant des origines communes et des zones de contact. La classification Lala-Lamba renvoie aux relations historiques complexes entre ces deux groupes, notamment dans la region de Bukanda sur le Pedicule de Shaba.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Arbore ne recouvre pas l'ensemble du peuple : les habitants de deux des quatre villages (Eegude et Murale) se désignent comme Marle et non comme Arbore. Cette dualité reflète une fragmentation identitaire interne.
Pourquoi ce nom pose problème : Le même nom peut désigner le peuple somali ou l'État somali. Cela peut créer une confusion entre l'appartenance à un peuple et la citoyenneté d'un pays. Les appartenances aux différents clans comptent aussi dans la manière dont les Somali se définissent.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Senga est souvent confondu avec Nsenga, un peuple distinct. Les Senga sont un sous-groupe de la famille tumbuka, tandis que les Nsenga sont un groupe ethnolinguistique independant.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Asante et Ashanti est strictement orthographique. Les chercheurs anglophones utilisent les deux formes de facon interchangeable. Certains Asante contemporains preferent la graphie originale twi Asante pour affirmer leur identite independamment de la denomination coloniale.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Wasi/Waasi est couramment utilise en Tanzanie mais n'est pas l'auto-désignation du peuple. Durant la période coloniale et post-coloniale, les Alagwa ont souvent été confondus avec les Rangi, ce qui a contribue a effacer leur identité ethnique distincte.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Pare recouvre deux sous-groupes linguistiquement distincts : le Sud-Pare (Asu/Chasu) et le Nord-Pare (Gweno/Kighonu). Le processus historique de glissement du Nord-Pare vers la culture Asu a engendre une unite progressive mais incomplete.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Agaw englobe des groupes linguistiques et culturels tres differencies (Awngi, Bilen, Xamtanga, Qimant) dont la diversite interne est plus grande que celle des langues romanes selon certains linguistes. L'identite agaw commune est davantage construite par des tierces parties (Amhara, Tigrinya) que vecue comme un identifiant primaire par les communautes concernees, qui se definissent plutot par leurs sous-groupes.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre Kuteb et les peuples voisins (Jukun, Chamba, Tiv) est frequente dans les sources coloniales et postcoloniales en raison des imbrications historiques et des conflits interethniques dans la region de Takum. L'orthographe varie entre Kuteb et Kutep selon les sources.
Pourquoi ce nom pose problème : L'unite de la famille atlantique est debattue : des linguistes comme Dalby (1965) et Merrill (2021) contestent que ces langues forment un groupe genetique coherent. Les langues du groupe meridional (Mel, Gola, Limba) sont parfois exclues de la definition stricte. Le terme macro-groupe reste une convention commode pour designer les peuples partageant des traits linguistiques communs sans necessairement impliquer une unite ethnique.
Pourquoi ce nom pose problème : Acholi est un nom arabe donné au peuple de l'extérieur. Les colonisateurs britanniques et les chercheurs l'ont repris par commodité. Luo Gang, le nom que les communautés employaient historiquement pour elles-mêmes, est moins connu à l'extérieur.
Pourquoi ce nom pose problème : L'amalgame entre Hausa et Fulani (Hausa-Fulani) est un raccourci politique courant dans le discours nigerian contemporain. Les Haoussa sont fondamentalement des agriculteurs sedentaires d'origine tchadique, tandis que les Peuls sont des pasteurs d'origine ouest-sahelienne. Leur integration politique post-jihad masque des distinctions culturelles, linguistiques et genetiques importantes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Pygmee est considere comme devalorisant et colonial. Il est percu comme un attribut physique reducteur et nie l'identite culturelle et ethnique propre a chaque groupe. Il a ete utilise historiquement pour justifier discrimination et exclusion sociale. Les organisations de droits des peuples autochtones (Forest Peoples Programme, IWGIA) recommandent d'utiliser les noms propres de chaque groupe : Baka, Bagyeli, Bedzan, Aka, Mbuti, etc.
Pourquoi ce nom pose problème : Une partie du groupe rejette le nom arabe Zaghawa et préfère se nommer Beri. Les noms peuvent prêter à confusion : les Bideyat sont parfois présentés comme un groupe zaghawa, parfois comme un peuple distinct. Les sources arabes médiévales employaient aussi Zaghawa pour l'empire dirigé par ce peuple, puis pour le peuple lui-même. Il faut donc tenir compte du contexte de chaque source.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre Azande (peuple) et Zande (langue) est frequente. De plus, le terme Azande designe un macro-groupe constitue de nombreux peuples assimiles par la conquete Avungara : tous les Azande ne partagent pas les memes origines, mais ont adopte la langue et la culture zande.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre Azande (peuple) et Zande (langue) est frequente. De plus, le terme Azande designe un macro-groupe constitue de nombreux peuples assimiles par la conquete Avungara : tous les Azande ne partagent pas les memes origines, mais ont adopte la langue et la culture zande.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Soninke peut avoir des connotations negatives dans le Fouta-Djalon et en Senegambie, ou il a ete utilise pour designer des non-musulmans ou des adeptes des religions traditionnelles, bien que les Soninke soient en grande majorite musulmans depuis le 10e siecle.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Shanqella est pejoratif, utilise par les peuples des hautes terres ethiopiennes pour designer les populations des basses terres qu'ils asservissaient et razzaient.