Système politique traditionnel
La société somalie est organisée selon un système polycentriqe basé sur le droit coutumier oral xeer (prononcé hhéer). Le xeer est un code juridique pré-islamique (influencé ensuite par l'islam) qui régit les droits de propriété, les relations entre clans, la résolution des conflits, la compensation des victimes (diya ou mag) et les obligations communautaires. Les juges, appelés xeer begti, sont choisis parmi les chefs de famille les plus sages. Le système est consensuel et polycentriqe : chaque groupe de clans peut avoir ses propres interprétations du xeer.
Organisation clanique
Structure clanique patrilinéaire à plusieurs niveaux : familles de clans (Dir, Darod, Hawiye, Isaaq, Rahanweyn-Digil), clans, sous-clans, lignages, et groupes de paiement de la diya (mag). L'abtirsi (comptage des pères) permet à chaque Somali de retracer sa généalogie sur des dizaines de générations jusqu'aux ancêtres mythiques arabes ou quraychites. Les deux grandes divisions sont les Samaale (clans nobles pasteurs) et les Sab (Rahanweyn, agro-pasteurs).
Rôle des lignages
Le rer (grand groupe de parenté patrilinéaire) est l'unité sociale de base. Un Somali a des obligations à la fois envers son rer et envers l'unité sociale plus large dont il fait partie. Le gouvernement du rer est patriarcal, le chef étant conseillé par un groupe d'anciens. Les obligations de paiement de la diya (compensation versée à la famille de la victime en cas de meurtre ou blessure) cimentent les solidarités lignagères.
Autorité religieuse
Islam sunnite (principalement shafiite) dominant. Les cheikhs islamiques, marabouts et confréries soufies (Qadiriyya, Ahmadiyya, Salihiyya) ont joué un rôle central dans la propagation de l'islam et la résistance anticoloniale. Mohammed Abdullah Hassan (Sayyid Mohamed) fonda la confrérie Salihiyya et mena la résistance derviche (1899-1920). Les pratiques du maraboutisme et du culte des saints sont présentes, bien que contestées par le courant salafiste contemporain.