Canal des Pangalanes à Mananjary, Madagascar — Privatemajory, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saviez-vous que
Un récit relie Antambahoaka au surnom « aimé de son peuple ».
La tradition rapporte que Ravalarivo, présenté comme le fondateur, portait le surnom Ratiambahoaka. Le groupe constitué autour de lui aurait repris ce surnom, dont la forme aurait changé avec l’usage.
La fiche mentionne aussi Zafiraminia, interprété comme « fils de Raminia ». Ce nom serait réservé aux membres initiés après la circoncision, lors du sambatra. Les deux noms ne s’appliqueraient donc pas exactement aux mêmes personnes ni aux mêmes circonstances.
PeupleAntambahoaka
PaysMadagascar
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion avec les Tupuri (parfois appeles Toupouri) a perturbe l'identification des Kera dans certaines litteratures. Les Kera sont souvent assimiles aux Toupouri dans les recensements administratifs, contribuant a l'erosion de leur identite distincte.
Pourquoi ce nom pose problème : Kalenjin rassemble plus de 25 groupes distincts. Leurs parlers sont parfois assez différents pour que leurs locuteurs se comprennent difficilement. Avant les années 1950, chacun se présentait surtout par son propre nom, par exemple Nandi ou Kipsigis. Kalenjin était alors peu employé.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Toucouleur sedentaires et Peul (Fulani) nomades est une construction coloniale française qui ne reflete pas la realite ethnique. Les Haalpulaar constituent en realite deux groupes distincts (Tukuloor et Fulbe) qui ont tente de forger une identite commune uniquement linguistique.
Pourquoi ce nom pose problème : Colleyn et Jonckers indiquent que les personnes couramment appelées Minyanka se désignent elles-mêmes comme Bamana dans le contexte étudié. Cette auto-appellation ne doit pas conduire à les confondre automatiquement avec le peuple Bambara ou Bamana répertorié séparément : les usages du nom dépendent du contexte historique, religieux et linguistique.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Toura sont parfois confondus avec les Mahou (Mahouka), leurs voisins proches avec qui ils partagent de nombreuses pratiques culturelles et des masques similaires. Wikipedia (FR) note explicitement ce lien : 'les Toura ont un lien avec les Mahous : ces deux ethnies ont presque les memes fetes villageoises, coutumes et masques'. La classification de la langue toura oscille entre le sous-groupe Dan-Toura (Mande du Sud) et un positionnement autonome.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Toura sont parfois confondus avec les Mahou (Mahouka), leurs voisins proches avec qui ils partagent de nombreuses pratiques culturelles et des masques similaires. Wikipedia (FR) note explicitement ce lien : 'les Toura ont un lien avec les Mahous : ces deux ethnies ont presque les memes fetes villageoises, coutumes et masques'. La classification de la langue toura oscille entre le sous-groupe Dan-Toura (Mande du Sud) et un positionnement autonome.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identité tutsi a été radicalement transformée par la théorie hamitique coloniale, qui présentait les Tutsi comme une race nilotique ou chamitique supérieure aux Hutu. Cette idéologie a justifié la domination coloniale pro-tutsi, puis a alimenté les propagandes anti-tutsi conduisant au génocide de 1994. Depuis 1994, l'usage du terme comme marqueur identitaire premier est découragé par le gouvernement rwandais, qui promeut l'identité Banyarwanda unifiée.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Pygmee est considere comme devalorisant et colonial. Il est percu comme un attribut physique reducteur et nie l'identite culturelle et ethnique propre a chaque groupe. Il a ete utilise historiquement pour justifier discrimination et exclusion sociale. Les organisations de droits des peuples autochtones (Forest Peoples Programme, IWGIA) recommandent d'utiliser les noms propres de chaque groupe : Baka, Bagyeli, Bedzan, Aka, Mbuti, etc.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Touareg a ete applique de maniere uniforme a des groupes confedres distincts qui n'avaient pas necessairement conscience d'une identite commune avant la colonisation. Les etats post-coloniaux ont souvent criminalise les revendications identitaires touaregues. Le terme Tamacheq ou Tamajaq est prefere par certains linguistes pour designer la langue plutot que le peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination Akan recouvre un groupe metaethnique constitue de nombreux sous-groupes (Ashanti, Fanti, Baoul, etc.) partageant une structure linguistique et culturelle commune mais conservant des identites distinctes. Le terme fut parfois applique de facon trop extensive ou au contraire restreinte selon les sources coloniales ou academiques.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Kimbulu peut induire en erreur car il désigne à la fois la langue gorowa et la langue iraqw dans certains contextes urbains, brouillant la distinction ethnolinguistique entre les deux groupes.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre le Buganda (royaume banto) et l'Uganda (etat national) est source de tensions politiques persistantes, les Baganda revendiquant une autonomie et des droits speciaux au sein de l'Etat ougandais. Le terme tribe, impose par l'administration coloniale, est rejete par de nombreux Baganda qui preferent le terme nation ou peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Arbore ne recouvre pas l'ensemble du peuple : les habitants de deux des quatre villages (Eegude et Murale) se désignent comme Marle et non comme Arbore. Cette dualité reflète une fragmentation identitaire interne.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Kanembou ont donné le nom Toubou à l'ensemble du groupe. Ses deux principales composantes se nomment elles-mêmes Teda et Daza. L'usage de Gorane pour les Daza ajoute une possibilité de confusion.
Pourquoi ce nom pose problème : Un debat historiographique important entoure l'assimilation des Obamba et Mbete au groupe Kota. Marie-Claude Dupre (1980) s'y est opposee, et l'historien gabonais Guy Claver Loubamono-Bessacque (2017) a confirme que les Obamba sont des Mbete et non des Kota : ils parlent le mbede et non le kota, et leurs migrations viennent de l'est (moyenne Sangha) tandis que les Kota viennent du nord.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion fréquente entre Ovimbundu (peuple) et Umbundu (langue) dans la litterature non specialisee. Le terme Southern Mbundu efface la specificite culturelle et politique des Ovimbundu en les definissant uniquement par rapport a leurs voisins du nord.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Lango peut preter a confusion avec d'autres peuples portant un nom similaire (notamment les Lango du Soudan du Sud, groupe distinct). Par ailleurs, la question de l'appartenance ethnolinguistique des Langi a longtemps ete debattue : certains chercheurs les classaient parmi les Nilotiques de l'Ouest (groupe Luo) alors que des etudes plus recentes, corroborees par l'evenement de reunion Ateker de novembre 2024, les rattachent aux Nilo-Hamites Ateker.
Pourquoi ce nom pose problème : Le choix du dialecte de base a été contesté par une partie de la population igbo ; l'effort missionnaire, mené sur près d'un demi-siècle avant la première traduction complète de la Bible, n'a jamais fait de l'Union Ibo la langue courante du groupe — la population s'est montrée davantage intéressée par l'éducation en anglais que par cette langue vernaculaire de mission.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Crioulo est ambigu car il désigne à la fois une identité ethnique (les Créoles, métis d'origine afro-portugaise) et une pratique linguistique (tous les locuteurs du créole de Guinée-Bissau, quelle que soit leur origine). Les Créoles ethniques ne représentent qu'environ 1% de la population, mais leur langue est parlée par 90% des Bissau-Guinéens.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination 'Shona' imposee par le colon amalgame des groupes distincts. Les Karanga ont une identite historique forte liee a la civilisation du Grand Zimbabwe et a l'Empire Mutapa, distincte des autres sous-groupes shona. La fusion administrative sous l'etiquette 'Shona' a parfois dilue cette specificite.