Portrait de Paul Belloni Du Chaillu — Elliott & Fry, Wikimedia Commons, domaine public
Saviez-vous que
Des crânes d’ancêtres ont été interprétés comme un signe de cannibalisme chez les Béti.
La fiche rapporte qu’en 1856, Paul Du Chaillu observe des crânes près des villages et y voit une preuve de cannibalisme. Elle les décrit comme des crânes d’ancêtres conservés dans un autre but. L’accusation a ensuite été reprise dans des textes et utilisée pour justifier la violence coloniale.
Ces récits emploient Pahouin, une forme française rapprochée de Pangwe en allemand. Ce nom administratif regroupait Ewondo, Bulu, Fang, Eton et Bane. Il faut donc examiner à la fois les populations visées par le nom et les preuves avancées par les auteurs.
PeupleBéti
PaysCameroun
PaysGuinée équatoriale
Chargement des noms et appellations
Fèves de cacao au séchage à Ziplignan, près de Gagnoa, Côte d'Ivoire — arno B, Wikimedia Commons, CC BY 3.0
Saviez-vous que
L’administration coloniale a regroupé 93 sous-groupes sous le nom Bété.
Jean-Pierre Dozon rapporte deux explications recueillies à Gagnoa. Le nom viendrait de « bete o bete o », « paix » ou « pardon », une expression que les Français auraient prise pour un nom de peuple pendant la conquête. Il pourrait aussi avoir été diffusé depuis les premiers postes coloniaux de l’ouest. Ces deux récits ne s’excluent pas nécessairement.
Les 93 sous-groupes réunis sous ce nom ne formaient pas un ensemble politique unique avant la colonisation. Dozon présente aussi la proposition Magwé de Louhoy Téty Gauze, qui décrit une origine commune à plusieurs peuples du sud-ouest. Aucune des personnes interrogées par Dozon à Gagnoa n’avait toutefois cité ce nom.
PeupleBété
PaysCôte d'Ivoire
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Kalenjin rassemble plus de 25 groupes distincts. Leurs parlers sont parfois assez différents pour que leurs locuteurs se comprennent difficilement. Avant les années 1950, chacun se présentait surtout par son propre nom, par exemple Nandi ou Kipsigis. Kalenjin était alors peu employé.
Pourquoi ce nom pose problème : En 2015, lors de l'intronisation d'un roi, la communauté a demandé l'usage officiel de Bétibé plutôt qu'Ehotilé, nom imposé par l'administration.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Arbore ne recouvre pas l'ensemble du peuple : les habitants de deux des quatre villages (Eegude et Murale) se désignent comme Marle et non comme Arbore. Cette dualité reflète une fragmentation identitaire interne.
Pourquoi ce nom pose problème : Habesha a plusieurs sens selon le contexte. Dans son sens traditionnel le plus restreint, il désigne les peuples chrétiens orthodoxes des hauts plateaux qui parlent des langues sémitiques : Amhara, Tigrayens et Tigrinya d'Érythrée. Dans un sens plus large, il peut inclure les Gurage, les Argobba et les Harari. Les musulmans des hauts plateaux, notamment les Jeberti, ont historiquement refusé ce nom. Des Éthiopiens et des Érythréens vivant à l'étranger l'emploient pour affirmer une identité commune au-delà des frontières nationales. Certains membres de groupes dominés ne se reconnaissent toutefois pas dans cet usage.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination Bakedi est considere insultante. Par ailleurs, les Iteso du nord de l'Ouganda (Soroti) et ceux du sud (Bukedi) sont parfois distingues, de meme que les Iteso d'Ouganda et ceux du Kenya, separement par la frontiere coloniale de 1902.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Kukuruku, encore utilisé parfois en référence aux Kukuruku Hills, est rejeté par la communauté comme héritage colonial dévalorisant.
Pourquoi ce nom pose problème : Aucun terme à proprement parler problématique, mais le rattachement à la Guinée Équatoriale (peuple Fang majoritaire) est source de tensions politiques vives. Les Annobonais considèrent avoir peu en commun culturellement avec le reste du pays.
Pourquoi ce nom pose problème : Fellata peut être employé comme une insulte dans certains contextes au Soudan et au Tchad. Il est alors associé à l'idée que les migrants ne seraient pas les bienvenus. Ces noms donnés par d'autres personnes diffèrent de Fulɓe, le nom que les personnes concernées emploient pour se nommer. Fulani est parfois utilisé pour parler uniquement des pasteurs nomades, alors que ce nom désigne aussi d'autres personnes.
Pourquoi ce nom pose problème : Fellata est considéré comme méprisant, car il est associé à l'image de migrants nomades étrangers et indésirables. Peul et Fula sont des noms donnés de l'extérieur ; les personnes concernées se nomment Fulbe. Massina ou Macina désigne plus précisément les Fulbe du delta intérieur du Niger.
Pourquoi ce nom pose problème : Diola et Jola sont des noms donnés par les Mandinka. Ils réunissent sous un même nom plusieurs groupes dont les manières de parler ne sont pas toujours compréhensibles d'un groupe à l'autre.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Serviçais appliqué aux parents des Tongas est problématique car il désignait officiellement des travailleurs sous contrat théoriquement libres, mais en réalité soumis à des conditions proches du travail forcé, avec des contrats automatiquement renouvelés et transmissibles aux enfants. Le terme Tongas lui-même peut porter une connotation de statut social inférieur, héritage de la hiérarchie coloniale des plantations.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Kimbulu peut induire en erreur car il désigne à la fois la langue gorowa et la langue iraqw dans certains contextes urbains, brouillant la distinction ethnolinguistique entre les deux groupes.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Cabindais ont une identite distincte par rapport aux autres Bakongo angolais, issue de leur histoire separee sous trois royaumes (Ngoyo, Loango, Kakongo) et d'une culture differenciee. Le Traite de Simulambuco (1885) avait fait de Cabinda un protectorat portugais distinct de l'Angola, une difference constitutionnelle ignoree lors de l'independance angolaise (1975). Le mouvement separatiste FLEC (Front de Liberation de l'Enclave de Cabinda) milite depuis 1963 pour l'independance.
Pourquoi ce nom pose problème : Diola et Jola sont des noms donnés par les Mandinka. Ils réunissent sous un même nom plusieurs groupes dont les manières de parler ne sont pas toujours compréhensibles d'un groupe à l'autre.
Pourquoi ce nom pose problème : Diola et Jola sont des noms donnés par les Mandinka. Ils réunissent sous un même nom plusieurs groupes dont les manières de parler ne sont pas toujours compréhensibles d'un groupe à l'autre.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identité forro est complexe et stratifiée : elle désigne à la fois les descendants d'esclaves affranchis et une élite créole luso-africaine qui revendiquait une proximité avec les Portugais. La frontière entre Forros de souche africaine et Mestiços (métis luso-africains) est floue et contestée. Par ailleurs, la langue forro (cri) est aujourd'hui menacée d'extinction au profit du portugais.
Pourquoi ce nom pose problème : Les termes Grands blancs et Gran'bla peuvent rappeler les inégalités coloniales héritées. Le terme petits blancs impliquait une hiérarchie au sein même de la population d'origine européenne.
Pourquoi ce nom pose problème : Fellata est considéré comme méprisant, car il est associé à l'image de migrants nomades étrangers et indésirables. Peul et Fula sont des noms donnés de l'extérieur ; les personnes concernées se nomment Fulbe. Massina ou Macina désigne plus précisément les Fulbe du delta intérieur du Niger.
Pourquoi ce nom pose problème : Fellata peut être employé comme une insulte dans certains contextes au Soudan et au Tchad. Il est alors associé à l'idée que les migrants ne seraient pas les bienvenus. Ces noms donnés par d'autres personnes diffèrent de Fulɓe, le nom que les personnes concernées emploient pour se nommer. Fulani est parfois utilisé pour parler uniquement des pasteurs nomades, alors que ce nom désigne aussi d'autres personnes.
Pourquoi ce nom pose problème : Fellata est considéré comme méprisant, car il est associé à l'image de migrants nomades étrangers et indésirables. Peul et Fula sont des noms donnés de l'extérieur ; les personnes concernées se nomment Fulbe. Massina ou Macina désigne plus précisément les Fulbe du delta intérieur du Niger.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Fula nomades et sedentaires est culturellement et politiquement sensible. Les Mbororo sont souvent marginalises dans les Etats-nations contemporains. Leur mode de vie pastoral transfrontalier genere des conflits avec les agriculteurs sedentaires au Sahel et en Afrique centrale.