Système politique traditionnel
Pas de chefferie précoloniale autochtone (île inhabitée). Sous la colonisation, les Forros formèrent une élite foncière intermédiaire (filhos da terra) entre les colons européens et les esclaves nouvellement arrivés. Aux XVIIe-XVIIIe siècles, des conseils de notables forros exercèrent une administration locale semi-autonome. Après l'indépendance (1975), les Forros, particulièrement l'élite instruite, dominèrent les premières années de la République dans le cadre du parti unique MLSTP.
Organisation clanique
Organisation en familles étendues patrilinéaires. Les grandes familles forros portent des patronymes d'origine portugaise (Trovoada, Espírito Santo, Vera Cruz). La stratification sociale interne distingue les Forros aisés (grands propriétaires terriens) des Forros pauvres (petits paysans et pêcheurs). Les réseaux familiaux structurent l'accès aux ressources économiques et politiques.
Rôle des lignages
Les lignées familiales déterminent le statut social et l'accès aux réseaux de pouvoir. Être reconnu comme forro de souche (ancestralité sur l'île) confère une légitimité sociale dans la société santoméenne. La transmission du statut forro s'effectue par la reconnaissance de l'appartenance familiale et la pratique de la langue forro.
Autorité religieuse
Catholicisme romain dominant (environ 80% de la population selon le recensement 2012 : catholiques romains, évangéliques, adventistes). L'Église catholique a joué un rôle d'intégration culturelle des Forros depuis le XVe siècle. Des pratiques syncrétiques afro-catholiques persistent discrètement, notamment le culte des ancêtres mêlé aux célébrations catholiques. La croix catholique et les processions sont des marqueurs identitaires forts de la communauté forro.