Système politique traditionnel
Systeme monarchique centralise avec des frontieres precises et une supervision stricte. La chefferie de Nkasi comportait un premier ministre ; le chef hereditaire etait entoure d'une cour d'au moins neuf officiels titres ainsi que des administrateurs pour des territoires specifiques. Une Reine Mere avait son propre palais, sa cour et un grand domaine tributaire. Au niveau inferieur, des chefs de village elus etaient assistes d'une magistrate feminine chargee des infractions a l'ordre public. La justice remontait du chef de village au sous-chef de district, puis a la cour royale et enfin au chef, a la Reine Mere et au conseil des anciens. Toute la terre appartenait au chef.
Organisation clanique
Societe divisee entre roturiers (ancetres venus du sud ou sud-ouest du lac Tanganyika, notamment les Tabwa) et le groupe dirigeant patrilineaire Twa. Les forgerons constituaient une caste hereditaire de specialistes, soumise a des interdits stricts (les femmes et les chefs Twa ne pouvaient visiter la forge). La chefferie centrale de Milansi etait dirigee par une dynastie de forgerons ayant le droit rituel d'installer les chefs Twa.
Rôle des lignages
La filiation etait patrilineaire pour les Twa (groupe dominant). L'heritage de la veuve revenait a l'heritier masculin. La classe des forgerons transmettait son savoir et ses interdits de maniere hereditaire. Les lineages Twa monopolisaient le pouvoir politique et les symboles du commandement.
Autorité religieuse
Le dieu supreme Umweele etait reconnu mais sans culte organise ; on lui adressait des prieres de pardon. La divinite Katai (apporteur et guerisseur de maladies, ennemie des animaux et de la variole) prenait la forme d'un chien, d'une souris, d'un jeune homme ou de fumee. Les esprits localises (collines, lacs, arbres, rochers, bosquets sacres) avaient des sanctuaires avec des pythons apprivoises comme pretres. Les esprits ancestraux etaient honores aux seuils des maisons avec de l'eau et de la farine. Les jumeaux etaient veneres comme divinites de la pluie et des recoltes. Aujourd'hui les Fipa sont majoritairement chretiens catholiques romains, avec persistence de pratiques traditionnelles en zone rurale.