Cases peintes de la SWOPA, Sirigu, village nankana, Ghana — Sucram Yef, Flickr, CC BY 2.0
Saviez-vous que
Trois récits expliquent des noms de peuples par une réponse mal comprise.
Un récit rapproche Frafra, employé sous l’administration britannique pour les Nankana du Ghana, de la salutation en gurune Ya fara fara ?, « comment va ton travail, ta peine ? ». Une formule de politesse aurait ainsi été prise pour un nom de peuple.
Un autre récit rapproche Busanga, nom donné aux Bissa, de bisag gua, « homme bissa », une réponse à des Européens qui demandaient qui ils étaient. Les Ma'di du Nil rapportent une histoire semblable avec madi, « une personne ». Les fiches présentent ces explications comme des récits transmis, dont les détails restent à vérifier.
PeupleNankana (Frafra)
PeupleBissa
PeupleMa'di
PaysGhana
PaysBurkina Faso
PaysOuganda
Chargement des noms et appellations
Maison traditionnelle rendille, nord du Kenya, 2012 — Redemption93, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saviez-vous que
Deux explications des noms des Rendille racontent des histoires différentes.
Le nom Rendille est interprété comme « porteurs du bâton de Dieu », en référence à un bâton sacré de chef. Le nom somali Rertit, rapproché de Reer Til, « les rejetés », évoquerait plutôt des personnes qui auraient refusé le territoire somali pour rester à Marsabit.
La fiche rapporte aussi une distinction faite en somali entre les Rendille dits asil, ou « vrais » Rendille, et ceux qui parlent samburu. Ce classement exprime le regard de leurs voisins ; il ne permet pas de décider de l’identité des personnes concernées.
PeupleRendille
PaysKenya
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : La variation orthographique (Bade, Bede, Bedde, Bode) cree parfois des confusions dans les sources documentaires. Le terme Bedde fait reference a l'emirat colonial tandis que Bade designe le groupe ethnolinguistique. La frontiere entre le groupe Bade et le groupe Ngizim voisin est parfois floue dans les sources, les deux etant classes dans la meme subdivision Bade Proper du West Chadic.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination Shinasha peut preter a confusion car elle est utilisee de maniere interchangeable avec Boro et Bworo, qui sont les termes preferes par le groupe lui-meme. Dans la litterature scientifique, Boro est souvent utilise comme nom de la langue.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Crioulo est ambigu car il désigne à la fois une identité ethnique (les Créoles, métis d'origine afro-portugaise) et une pratique linguistique (tous les locuteurs du créole de Guinée-Bissau, quelle que soit leur origine). Les Créoles ethniques ne représentent qu'environ 1% de la population, mais leur langue est parlée par 90% des Bissau-Guinéens.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination Gen-Mina combine deux groupes distincts : les Gen (issus des Ga d'Accra) et les Mina stricto sensu (issus des Ane d'Elmina). Localement, les habitants d'Aneho preferent Mina tandis que ceux de Glidji preferent Gen. En francais colonial, Mina fut utilise de maniere elargie pour designer l'ensemble des peuples de la cote ouest-africaine du golfe de Guinee, ce qui cree des confusions. Les recensements utilisent tantot Mina, tantot Guen ou Anecho comme synonymes.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination Gen-Mina combine deux groupes distincts : les Gen (issus des Ga d'Accra) et les Mina stricto sensu (issus des Ane d'Elmina). Localement, les habitants d'Aneho preferent Mina tandis que ceux de Glidji preferent Gen. En francais colonial, Mina fut utilise de maniere elargie pour designer l'ensemble des peuples de la cote ouest-africaine du golfe de Guinee, ce qui cree des confusions. Les recensements utilisent tantot Mina, tantot Guen ou Anecho comme synonymes.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination Mao recouvre en realite plusieurs groupes linguistiquement distincts: les Mao omotiques (Hozo, Sezo, Bambasi, Ganza) et les Mao komaniques (groupe linguistique different). La correspondance entre identite ethnique et langue n'est pas systematique, certains groupes s'identifiant comme Mao tout en parlant une langue Koman, et vice versa. L'Anfillo meridional est un groupe Mao qui a abandonne sa langue omotique au profit de l'Oromo.
Pourquoi ce nom pose problème : L'appellation Angolares est parfois utilisée de manière générique pour désigner tous les créolophones de São Tomé, alors qu'elle désigne spécifiquement cette communauté distincte de descendants de marrons. Les Angolares souffrent historiquement d'une stigmatisation sociale, étant perçus comme le groupe au bas de l'échelle sociale de l'île selon des études ethnographiques récentes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Argobba designe a la fois le peuple et la region historique de Yifat (Shewa). Dans la tradition chretienne ethiopienne, Argobba et musulman sont parfois employes comme synonymes dans la region de Yifat, ce qui cree une ambiguite entre identite ethnique et identite religieuse.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Ankole désigne en 1923 un district du protectorat de l'Ouganda plus grand que l'ancien royaume : l'administration britannique y a ajouté le Mpororo et trois autres petits États, autrefois séparés et parfois hostiles, que gouverne désormais le roi d'Ankole, selon John Roscoe.
Pourquoi ce nom pose problème : Aucun terme à proprement parler problématique, mais le rattachement à la Guinée Équatoriale (peuple Fang majoritaire) est source de tensions politiques vives. Les Annobonais considèrent avoir peu en commun culturellement avec le reste du pays.
Pourquoi ce nom pose problème : Aucun terme à proprement parler problématique, mais le rattachement à la Guinée Équatoriale (peuple Fang majoritaire) est source de tensions politiques vives. Les Annobonais considèrent avoir peu en commun culturellement avec le reste du pays.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme « créole » peut être perçu comme portant l'héritage de classifications coloniales fondées sur le lieu de naissance et l'ascendance, opposant historiquement Blancs créoles, libres de couleur et descendants d'esclaves.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Hova applique a l'ensemble des Merina est inexact et peut etre vecu comme pejoratif, car il efface la distinction entre les castes andriana (nobles) et hova (hommes libres).
Pourquoi ce nom pose problème : L'appellation Tapa, utilisee par les Yoruba, peut avoir des connotations exterieures qui ne sont pas acceptees par les Nupe eux-memes. Le nom Nufawa (designation haoussa) est couramment utilise dans le nord-ouest du Nigeria mais ne reflete pas l'autodesignation du peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : La variation orthographique (Anuak / Anyuak / Anywaa) reflete les differentes transcriptions coloniales (britannique pour le Soudan du Sud, ethiopienne pour la region de Gambella). La denomination Anuak est aujourd'hui la plus repandue dans les contextes internationaux et humanitaires.
Pourquoi ce nom pose problème : Teke et Bateke sont des noms d'origine kikongo, donnés de l'extérieur puis repris par l'administration coloniale. Les personnes concernées se nomment plutôt Tio, Tyo ou Teo. Bateke réunit plusieurs groupes aux manières de parler et aux histoires différentes : les Teke de l'Est ou Tio, ceux du Nord au Gabon et ceux de l'Ouest.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Kwararafa designe a la fois le peuple jukun et leur ancien empire, ce qui peut preter a confusion. Le nom Jukun couvre plusieurs groupes dialectaux distincts (Wapa, Wanu, Jiba) qui ne se reconnaissent pas tous sous ce denominateur commun.
Pourquoi ce nom pose problème : L'appellation Arabes pour les Waswahili efface leur fondement bantou dominant. Certains chercheurs distinguent les Waswahili ethniques (population de la cote) des locuteurs du swahili comme langue vehiculaire (plusieurs dizaines de millions de personnes).
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Arabes somaliens et Somaliens d'ascendance arabe est floue, car de nombreux clans somaliens revendiquent une origine arabe (notamment la genealogie depuis Quraych ou des saints islamiques). Les Benadiris sont souvent consideres comme distincts des Somaliens ethniques, mais leur identite est composite (arabe, persane, indienne, bantoue et somalienne). Le terme Arabes somaliens peut couvrir a la fois ces minorites historiques et les ressortissants arabes recents en Somalie.
Pourquoi ce nom pose problème : La notion d'Arabes d'Afrique est une macro-catégorie regroupant des populations très diverses ayant en commun l'arabe comme langue et l'islam comme religion, mais dont les origines génétiques, les cultures et les histoires locales sont très différentes. Une grande partie des populations dites arabes d'Afrique du Nord sont en réalité de souche berbère ayant adopté la langue arabe et l'islam suite à l'islamisation (7e-11e siècles) et aux grandes migrations arabes (Banu Hilal, Banu Sulaym, 11e siècle).