Système politique traditionnel
Organisation tribale (qabila) avec cheikhs (chefs tribaux) et conseils tribaux pour les groupes nomades et semi-nomades. Dans les États modernes arabes d'Afrique, les systèmes politiques varient : monarchies constitutionnelles (Maroc), républiques présidentielles (Algérie, Tunisie, Égypte, Soudan, Mauritanie), États faillis ou en transition (Libye, Somalie). La tribu reste une unité politique importante, surtout en Libye, en Mauritanie, au Tchad et en Somalie.
Organisation clanique
Structure tribale (qabila) et clanique (ashira, fakhdh) importante, notamment chez les Bédouins, les Baggara et les Shuwa. Les tribus sont organisées en confédérations. La généalogie (nasab) est centrale : chaque arabe peut en théorie retracer sa lignée jusqu'aux ancêtres fondateurs (quraysh, qahtanides ou adnanides). En Mauritanie, les Bidan (arabes blancs) se distinguent des Haratines (anciens esclaves noirs arabisés) selon un système de castes.
Rôle des lignages
Lignages patrilinéaires (nasab) déterminant l'identité, les alliances matrimoniales et les droits fonciers. Les généalogies (shajarah) sont transmises oralement et par écrit. En Mauritanie et dans la zone saharo-sahélienne, les lignages nobles (hassani, guerriers) se distinguent des lignages religieux (zawaya, marabouts) et des castes d'artisans (griots, forgerons) et des anciens esclaves.
Autorité religieuse
Autorité des oulémas (savants religieux) et des imams dans les mosquées. Les confréries soufies jouent un rôle majeur en Mauritanie (Tijaniyya, Qadiriyya), au Soudan (Ansar, Khatmiyya) et au Maroc (Tijaniyya, Rahmaniyya). L'école malékite est dominante au Maghreb et en Afrique de l'Ouest et centrale ; l'école chaféite en Egypte et dans la Corne ; l'école hanafite en Libye et Tunisie influencées par les Ottomans. Des minorités ibadites (Mzab en Algérie, Djebel Nafusa en Libye) et chiites (Liban diaspora) sont présentes.