Mitako, monnaie-bracelet en laiton ou en cuivre attribuée aux Teke du Congo, Museo Casa de la Moneda, Madrid — Ángel M. Felicísimo, Wikimedia Commons, CC BY 2.0
Saviez-vous que
Le nom Teke est rapproché d’un verbe qui signifie « vendre ».
Cette explication rattache le nom aux activités commerciales du peuple. Les formes BaTeke et MuTeke désignent respectivement plusieurs personnes et une seule. Leur sens est présenté comme « ceux du commerce ».
Comme pour le nom Dioula, l’explication proposée fait un lien entre un nom de peuple et le commerce. La ressemblance entre ces récits ne signifie pas que les deux noms ont une origine commune.
PeupleTeke
PaysCongo
PaysGabon
Chargement des noms et appellations
Fèves de cacao au séchage à Ziplignan, près de Gagnoa, Côte d'Ivoire — arno B, Wikimedia Commons, CC BY 3.0
Saviez-vous que
L’administration coloniale a regroupé 93 sous-groupes sous le nom Bété.
Jean-Pierre Dozon rapporte deux explications recueillies à Gagnoa. Le nom viendrait de « bete o bete o », « paix » ou « pardon », une expression que les Français auraient prise pour un nom de peuple pendant la conquête. Il pourrait aussi avoir été diffusé depuis les premiers postes coloniaux de l’ouest. Ces deux récits ne s’excluent pas nécessairement.
Les 93 sous-groupes réunis sous ce nom ne formaient pas un ensemble politique unique avant la colonisation. Dozon présente aussi la proposition Magwé de Louhoy Téty Gauze, qui décrit une origine commune à plusieurs peuples du sud-ouest. Aucune des personnes interrogées par Dozon à Gagnoa n’avait toutefois cité ce nom.
PeupleBété
PaysCôte d'Ivoire
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Kwararafa designe a la fois le peuple jukun et leur ancien empire, ce qui peut preter a confusion. Le nom Jukun couvre plusieurs groupes dialectaux distincts (Wapa, Wanu, Jiba) qui ne se reconnaissent pas tous sous ce denominateur commun.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Barakwena est percu comme devalorisant car il fut utilise par les populations bantoues voisines pour designer ces chasseurs-cueilleurs de maniere stigmatisante. Le terme Bushmen, bien que prefere par certains membres des communautes elles-memes, reste sensible en contexte officiel.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre le peuple Kwadi (ethnie) et la langue Kwadi (eteinte vers 1960) est delicate. Les descendants biologiques des locuteurs Kwadi, les Kwepe actuels, parlent desormais le Kuvale (langue bantoue) et s'identifient comme Kwepe plutot que comme Kwadi. La question de la continuite identitaire apres l'extinction linguistique est au coeur des debats.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre le peuple Kwadi (ethnie) et la langue Kwadi (eteinte vers 1960) est delicate. Les descendants biologiques des locuteurs Kwadi, les Kwepe actuels, parlent desormais le Kuvale (langue bantoue) et s'identifient comme Kwepe plutot que comme Kwadi. La question de la continuite identitaire apres l'extinction linguistique est au coeur des debats.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Khoisan est un terme parapluie desormais rejete car il regroupe des familles linguistiques non apparentees (Tuu, Kx'a, Khoe-Kwadi). Chaque branche et chaque peuple possede son propre endonymen et son histoire distincte.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion orthographique entre Sagala et Sagara est frequente dans les sources. Il ne faut pas confondre avec le peuple Sagalla du Kenya (langue tga), qui est un groupe distinct apparente aux Chaga.
Pourquoi ce nom pose problème : La terminologie est source de confusion car le terme Mucuissi/Kwisi est utilise pour designer un groupe de statut socio-economique peripatetique (marginalise), distinct des groupes pastoraux dominants. Certaines sources les classent parmi les pre-Bantous, d'autres parmi les Bantous les plus anciennement arrives.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Bura et les Bura-Pabir (Babur) sont souvent traites comme un meme groupe dans les sources academiques, car ils parlent la meme langue (ISO 639-3 : bwr) et partagent la plupart de leurs traditions culturelles. La distinction porte essentiellement sur le statut politique : les Pabir (nobles descendants de Yamta-ra-Wala) gouvernent les Bura, qui leur en veulent historiquement. Cette fiche documente specifiquement le groupe Bura (population autochtone du plateau de Biu) distinct des Pabir nobles, bien que les deux soient souvent amalgames sous le terme Bura-Pabir.
Pourquoi ce nom pose problème : Les termes Barakwena, Mbarakwena et Water Bushmen sont consideres pejoratifs ou reducteurs. La denomination Bushmen est egalement rejetee par beaucoup de membres du groupe. La declaration de Penduka (2000) recommande l'orthographe Khwe comme appellation standardisee.
Pourquoi ce nom pose problème : La catégorie Dida s'est stabilisée dans le cadre administratif colonial et ses limites avec la catégorie Bété ne sont pas entièrement superposables aux appartenances locales. Pour la région de Gagnoa, Jean-Pierre Dozon montre que certaines tribus classées Bété auraient aussi pu être qualifiées de Dida. Il ne faut toutefois pas assimiler l'ensemble des Bété de Gagnoa aux Dida : le dida (dic, gud) et les variétés bété, dont le bété de Gagnoa (btg), restent distingués par la classification linguistique.
Pourquoi ce nom pose problème : La coexistence de plusieurs noms (Yungur, Bena, Bena-Yungur) peut preter a confusion. Depuis les travaux de Kleinewillinghöfer (1993), la denomination Bena-Yungur est privilegiee par les linguistes pour designer l'ensemble dialectal, afin de distinguer les Bena-Yungur des Lala qui se nomment aussi Bena.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre Lamba (Lama) et Losso dans le District de Doufelgou résulte d'une classification coloniale erronée. Ces deux populations ont exercé une influence mutuelle mais leurs langues sont différentes et ne se ressemblent pas. Par ailleurs, les Lamba du Togo ne doivent pas être confondus avec les Lamba de la RDC (peuple Bantu distinct).
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Lambya est parfois confondu avec un groupe distinct de meme nom du nord de la Zambie/Malawi. Les sources coloniales et modernes utilisent indifferemment Nkoya, Mbwela ou Mashasha selon les sous-groupes.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Lango peut preter a confusion avec d'autres peuples portant un nom similaire (notamment les Lango du Soudan du Sud, groupe distinct). Par ailleurs, la question de l'appartenance ethnolinguistique des Langi a longtemps ete debattue : certains chercheurs les classaient parmi les Nilotiques de l'Ouest (groupe Luo) alors que des etudes plus recentes, corroborees par l'evenement de reunion Ateker de novembre 2024, les rattachent aux Nilo-Hamites Ateker.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Lango peut preter a confusion avec d'autres peuples portant un nom similaire (notamment les Lango du Soudan du Sud, groupe distinct). Par ailleurs, la question de l'appartenance ethnolinguistique des Langi a longtemps ete debattue : certains chercheurs les classaient parmi les Nilotiques de l'Ouest (groupe Luo) alors que des etudes plus recentes, corroborees par l'evenement de reunion Ateker de novembre 2024, les rattachent aux Nilo-Hamites Ateker.
Pourquoi ce nom pose problème : L'unite de la famille atlantique est debattue : des linguistes comme Dalby (1965) et Merrill (2021) contestent que ces langues forment un groupe genetique coherent. Les langues du groupe meridional (Mel, Gola, Limba) sont parfois exclues de la definition stricte. Le terme macro-groupe reste une convention commode pour designer les peuples partageant des traits linguistiques communs sans necessairement impliquer une unite ethnique.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Omotique est une construction linguistique et non une identité partagée par les peuples ainsi classés. L'homogénéité interne de la famille omotique est contestée : certains linguistes (Güldemann) estiment que les langues Mao et Aroid (Sud-Omotique) n'appartiennent pas à l'afro-asiatique et constituent des familles distinctes influencées par les contacts. L'inclusion de groupes comme les Me'en (Surmique, Nilo-Saharien) dans des listes omotiques est une erreur de classification fréquente.