Système politique traditionnel
Avant la conquete kaffa, les Na'o avaient leur propre royaume independant (Nai Kiyas) avec un roi hereditaire (Naikayizu/Nai Taatt) issu du clan Bushasho. Sous la domination kaffa puis ethiopienne, un conseil nominal (Bohaiyabab/Mikira, 7 membres) a maintenu une representation locale. Les chefs na'o portaient les titres de balabat, abegaz et chikashum sous l'empire ethiopien.
Organisation clanique
22 clans, structures en hierarchie sociale: le clan Bushasho (famille royale, Nayikiyazu) occupait le sommet, suivi des Turbabisiyab (dignitaires), Gesubez (chefs de village), Turbez, Diggi/Qaya (experts rituels). Les Karsu constituaient la classe moyenne (retainers). Les castes artisanales (Koykes/Kiyumu) etaient des groupes d'artisans non-Na'o integres dans la societe.
Rôle des lignages
Les lignages gouvernaient la succession royale, l'acces aux titres et aux fonctions rituelles. Le conflit resolution impliquait differents mecanismes selon la gravite: anciens et clans (differends mineurs), Turbabisiyab (differends economiques/sociaux avec serment sur l'esprit Qay), et le Garamanjo (juridiction supreme et inapelable pour les homicides).
Autorité religieuse
Le Garamanjo est le chef rituel supreme et medium du peuple na'o. Les ceremonies principales ont lieu dans la maison Kay'i (construite en bois shashina). La religion traditionnelle reconnait un dieu supreme (Yer, dieu du ciel), des esprits de la terre (Qawaala) et des esprits ancestraux (Qay). Des forets sacrees (Qawaala Shawa, Bamba, Qaaye) etaient protegees et le lieu de sacrifices pour la fertilite.