Système politique traditionnel
Grande diversité de systèmes politiques selon les groupes : royaumes centralisés (Merina, Sakalava, Betsileo, Betsimisaraka), chefferies locales (Bezanozano, Tsimihety), organisations lignagères décentralisées (Antandroy, Bara). Deux institutions communes à tous les groupes : le fokonolona (assemblée villageoise pour la gestion collective des affaires locales) et le fady (système de tabous ancestraux régulant la vie quotidienne). Le concept de hasina (force vitale sacrée légitimatrice de l'autorité) est partagé à travers l'île.
Organisation clanique
Prédominance des structures patrilinéaires à travers Madagascar, avec des nuances selon les groupes. Les clans (karazana ou foko) maintiennent des droits fonciers, des obligations rituelles et des alliances matrimoniales. Les stratifications sociales historiques (andriana-nobles, hova-libres, andevo-esclaves) persistent dans les représentations sociales malgré leur abolition légale.
Rôle des lignages
Le respect des ancêtres (razana) est le principe spirituel et social le plus fondamental de la civilisation malgache, partagé par tous les groupes ethniques. Les ancêtres exercent une influence permanente sur la vie des vivants : ils peuvent bénir ou punir, guider ou tourmenter. Les tombeaux (fasana) sont souvent construits plus solidement que les maisons des vivants. Les fady (tabous) ancestraux régissent de nombreux aspects de la vie quotidienne.
Autorité religieuse
Autorité des mpisikidy (devins), ombiasy (sages-guérisseurs), mpanandro (astrologues-calendristes) dans les systèmes traditionnels. Influence croissante des Églises chrétiennes (protestantisme depuis les missions britanniques LMS du XIXe siècle, catholicisme depuis la colonisation française). Islam minoritaire (environ 3%) concentré dans le nord-ouest. Syncrétisme généralisé entre christianisme et pratiques ancestrales.