Tradition des griots (jalolu/jali) : les griots sont les gardiens de la mémoire historique orale, des généalogies et des épopées. Ils accompagnent leur narration à la kora (harpe-luth à 21 cordes, faite d'une gourde coupée en deux, d'une peau de vache ou chèvre et de cordes en nylon, avec une caisse de résonance percée de trous pour les pièces de monnaie) — instrument emblématique des Malinké. Ils utilisent aussi le n'goni, présenté comme un ancêtre du banjo africain-américain, le djembé, un grand tambour conique, et le balafon, un instrument à lames de bois. Tradition épique : épopée de Soundiata (Sunjata Fasa) chantée et récitée par les griots de Kela (école officielle, performée tous les sept ans). La Charte du Mandé, rattachée par la tradition à une assemblée tenue à Kouroukan Fouga au treizième siècle, fait partie de la tradition orale ; sa version écrite en quarante-quatre articles a été établie en 1998 et l'UNESCO l'a inscrite en 2009 au patrimoine culturel immatériel. Artisanat : tissage de bogolan (tissu teint à la boue), bijoux en or et argent, maroquinerie (cordonniers-griots), poterie, sculpture (notamment masques d'initiation Komo). Danse traditionnelle lors des cérémonies d'initiation et des fêtes. Le nom « griot » n'est pas celui que ces dépositaires de la parole se donnent : ils disent jeli (jeliw au pluriel) chez les Maninka et les Bamana, jali (jalolu) chez les Mandinka ; les Wolof disent gewel, les Fulbe gawlo ou mabo, les Soninké geseré, les Songhay jeseré (Hale, 1997). « Griot » est un mot français dont personne n'a documenté l'origine dans une langue africaine, écrit d'abord guiriot en 1637 par le missionnaire capucin Alexis de Saint-Lô, qui avait parcouru la côte sénégambienne en 1634-1635. Hale (1997) rapporte plusieurs explications de son origine, sans donner de réponse définitive : le portugais criado, « serviteur » (Labouret, 1951), le wolof gueroual (Bérenger-Féraud, 1882), le peul gawlo (Watta, 1985), un mot mandé rendu gerio par les Français (Bird, 1971, contesté par Conrad, 1981, pour qui les Français avaient peu de contacts avec l'intérieur où l'on dit jeli), l'arabe qawal, « chanteur », par le wolof gewel (Charry, 1992), et une chaîne guineo (« guinéen ») puis guiriot que Hale juge plausible tout en écrivant que des recherches restent nécessaires. Le statut de ces artisans de la parole, se transmet au sein des familles, dont les membres se marient entre eux. Cet usage est décrit chez les Malinké au plus tard vers 1300 selon Tamari (1991). Les dates qui suivent sont celles des plus anciennes traces écrites que nous avons lues, non l'âge des noms : jeli, « Jelliki », dans un vocabulaire mandingo publié en 1746 (Prévost, Histoire générale des voyages, tome III) ; gewel, « Guéwal », dans la Grammaire wolofe de Dard (1826) ; gawlo, « Gaoulo », dans l'Essai sur la langue poul de Faidherbe (1875).