Cour du palais de la chefferie de Bandjoun, Cameroun — Tokankh, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saviez-vous que
Le nom Bamiléké a été employé pour regrouper une centaine de royaumes.
L’administration coloniale du Kamerun utilise ce nom à partir de 1884 pour des populations des hauts plateaux de l’Ouest. Son origine reste discutée. Une explication propose « les gens du bas », en lien avec la position d’arrivants venus des plaines du nord.
Ces populations comptent une centaine de royaumes, appelés fondoms, avec leurs langues, leurs chefs et leurs histoires. Les habitants peuvent se désigner par le nom de leur fondom. Le regroupement sous « Bamiléké » rend cette diversité moins visible et a aussi été utilisé dans les tensions politiques après l’indépendance.
PeupleBamiléké
PaysCameroun
Keïta — origine et histoire du nom | EthniAfrica
Chargement de la fiche appellation
Pirogues à São João dos Angolares, São Tomé — Ji-Elle, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saviez-vous que
Un récit relie les Angolares de São Tomé au naufrage d’un navire venu d’Angola.
La tradition rapporte qu’un navire négrier aurait fait naufrage près des côtes sud de l’île vers 1540. Les survivants auraient fondé dans les forêts une communauté de personnes ayant échappé à l’esclavage. Le nom Angolares est rapproché de l’Angola, présenté dans ce récit comme la région d’origine de leurs ancêtres.
Ce nom désigne une communauté précise et ne s’applique pas à toutes les personnes qui parlent une langue créole sur l’île. La fiche rappelle aussi que les Angolares ont longtemps été dévalorisés dans la société de São Tomé.
PeupleAngolares
PaysSão Tomé-et-Príncipe
Nom
Keïta
Système de nommage : Nom de clan
11 sources citées.
Le nom
Orthographes trouvées dans les sources
Keïta — attestée dans ces pays : Mali, Guinée, Sénégal, Gambie, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Liberia, Sierra Leone, Ghana
Keita — attestée dans ce pays : Mali
Keyita — attestée dans ce pays : Mali
Kétà — attestée dans ce pays : Mali
Mode de transmission
Patrilinéaire
Unité sociale désignée
Clan
Les sources du nom Keïta
Plusieurs sources expliquent l’origine de ce nom. Voici leurs 16 récits, rangés par type de source.
Livre ou étude · 3 sources
Rapport public · 1 source
Archive · 1 source
Livre ou étude12 récits
Usage contemporainLe nom Keïta désigne un clan malinké, celui auquel l'épopée de Soundiata rattache son héros.
Le nom Keïta désigne un clan malinké, celui auquel l'épopée de Soundiata rattache son héros. Le dictionnaire des noms de clan mandingues l'écrit Kéyità, avec les formes Kétà et Kɛ́yità, et ne lui donne pas de sens ; son origine reste discutée.
Soundjata ou l'épopée mandingue · Djibril Tamsir Niane, d'après le récit du griot Djeli Mamadou Kouyaté, 1960 · Publication académique
Origine non datéeLe nom Keïta viendrait de ke, « l'héritage », et ta, « prendre » : selon un récit, il aurait été donné à Lauali Simbo, devenu chef de son village, quand des enfants lui sont nés, tandis que son frère prenait le nom de Konaté.
Le nom Keïta viendrait de ke, « l'héritage », et ta, « prendre » : selon un récit, il aurait été donné à Lauali Simbo, devenu chef de son village, quand des enfants lui sont nés, tandis que son frère prenait le nom de Konaté. Ce récit est rapporté sans lieu ni informateur dans le mémoire d'E. A. Bogacheva.
Rapportée en 1912Le nom Keïta serait la forme abrégée du nom des descendants d'un roi du Mali surnommé Allakoï, parce qu'il répondait « Alla koï », « Dieu, certes », à toute question sur la cause d'un événement, selon des traditions que rapporte Maurice Delafosse en 1912.
Le nom Keïta serait la forme abrégée du nom des descendants d'un roi du Mali surnommé Allakoï, parce qu'il répondait « Alla koï », « Dieu, certes », à toute question sur la cause d'un événement, selon des traditions que rapporte Maurice Delafosse en 1912.
Origine non datée · RevendiquéeLes Konaté, les Coulibaly et les Keïta descendraient des trois enfants de Mahamadu Kanu et de Mariatu, chacun fondateur d'un clan.
Les Konaté, les Coulibaly et les Keïta descendraient des trois enfants de Mahamadu Kanu et de Mariatu, chacun fondateur d'un clan. Le récit circule en deux versions. Dans la première, l'aîné, Coulibaly, cède le pouvoir au cadet, Keïta, en échange de nourriture. Dans la seconde, trois frères vivent au même village ; pendant une famine, le troisième, Lauali Simbo, partage le gibier à parts égales et les villageois le choisissent pour chef. Comme il n'a pas d'enfant, son frère Kanunyoro prend le nom de Konaté, « celui qui a des enfants » ; puis des enfants naissent à Lauali, qui reçoit le nom de Keyita, de ke, « l'héritage », et ta, « prendre ». Le dictionnaire des noms de clan mandingues note de son côté une origine commune avec les Kulibali.
Origine non datée · RevendiquéeL'épopée annonce l'histoire du « fils du Buffle » et du « fils du Lion » ; une note de l'éditeur précise que le lion est l'ancêtre totémique des Keïta, si bien que Soundiata est fils du Lion par son père et fils du Buffle par sa mère.
L'épopée annonce l'histoire du « fils du Buffle » et du « fils du Lion » ; une note de l'éditeur précise que le lion est l'ancêtre totémique des Keïta, si bien que Soundiata est fils du Lion par son père et fils du Buffle par sa mère. Le dictionnaire des noms de clan range aussi jàra, mot bambara qui désigne le lion, parmi les interdits du clan.
Soundjata ou l'épopée mandingue · Djibril Tamsir Niane, d'après le récit du griot Djeli Mamadou Kouyaté, 1960 · Publication académique
Origine non datée · RevendiquéeLe griot raconte qu'au tout début le Manding était une province des rois bambara, et que ceux qu'on appelle aujourd'hui Maninka ne sont pas autochtones : ils viennent de l'Est.
Le griot raconte qu'au tout début le Manding était une province des rois bambara, et que ceux qu'on appelle aujourd'hui Maninka ne sont pas autochtones : ils viennent de l'Est. Bilali Bounama, ancêtre des Keïta, aurait été le fidèle serviteur du Prophète, et son fils aîné Lawalo aurait quitté la Ville sainte pour s'établir au Manding. Viennent ensuite Latal Kalabi, Damal Kalabi, puis Lahilatoul Kalabi, premier prince noir à faire le pèlerinage à La Mecque, et son petit-fils Mamadi Kani, roi chasseur.
Soundjata ou l'épopée mandingue · Djibril Tamsir Niane, d'après le récit du griot Djeli Mamadou Kouyaté, 1960 · Publication académique
Origine non datée · ContestéeUne tradition fait venir de l'est, de Kong, les fondateurs du Mali, conduits par Kabala Simbo Keïta, ancêtre de Soundiata ; ils se seraient établis dans le pays de Do.
Une tradition fait venir de l'est, de Kong, les fondateurs du Mali, conduits par Kabala Simbo Keïta, ancêtre de Soundiata ; ils se seraient établis dans le pays de Do. Dans cette version, Kita n'est pas le berceau des Keïta : Soundiata l'aurait soumise en battant les Kamara, avant d'en faire sa deuxième capitale après Kangaba. Le mémoire qui la rapporte note que la version d'une origine à Kong a pu naître à Kong, comme celle d'une origine à Kangaba à Kangaba, bien après les faits, et que les principaux sanctuaires des Keïta se trouvent aujourd'hui bien au sud de Kita.
Origine non datée · RevendiquéeLe dictionnaire des jamuw rattache l'entrée Kéyità aux régions de Kita, du Manding et de Farana, sans dire si ce sont des lieux d'origine ou d'implantation.
Le dictionnaire des jamuw rattache l'entrée Kéyità aux régions de Kita, du Manding et de Farana, sans dire si ce sont des lieux d'origine ou d'implantation.
Origine non datée · ÉtablieAucun dictionnaire consulté ne donne de sens établi au mot : le dictionnaire des noms de clan mandingues l'écrit Kéyità, avec les formes Kétà et Kɛ́yità, et le définit seulement comme un nom de clan.
Aucun dictionnaire consulté ne donne de sens établi au mot : le dictionnaire des noms de clan mandingues l'écrit Kéyità, avec les formes Kétà et Kɛ́yità, et le définit seulement comme un nom de clan.
Origine non datée · RevendiquéeUne explication rapproche le nom de celui de la ville de Kita.
Une explication rapproche le nom de celui de la ville de Kita. Elle est avancée sans preuve convaincante, et une tradition rapportée plus haut fait au contraire de Kita une conquête de Soundiata, non le berceau des Keïta.
Origine non datée · ContestéeUne explication, rapportée en 1912 par un administrateur colonial d'après des traditions locales qu'il ne nomme pas, rattache le nom au surnom d'un roi du Mali, Allakoï : il répondait « Alla koï », « Dieu, certes », à toute question sur la cause d'un événement, et certains ajoutent que ses descendants furent appelés « ceux d'Allakoï », nom abrégé plus tard en Koïta ou Keïta.
Une explication, rapportée en 1912 par un administrateur colonial d'après des traditions locales qu'il ne nomme pas, rattache le nom au surnom d'un roi du Mali, Allakoï : il répondait « Alla koï », « Dieu, certes », à toute question sur la cause d'un événement, et certains ajoutent que ses descendants furent appelés « ceux d'Allakoï », nom abrégé plus tard en Koïta ou Keïta. Aucune autre source consultée ne la reprend, et elle ne s'accorde pas avec le récit qui tire Keyita de ke, « l'héritage », et ta, « prendre ».
Origine non datée · RevendiquéeLes Keïta rattachent leur origine à Bilal ben Rabah, premier muezzin de la communauté musulmane.
Les Keïta rattachent leur origine à Bilal ben Rabah, premier muezzin de la communauté musulmane. Les écoles de griots du Manding comptent seize rois avant Soundiata, avec des listes qui diffèrent d'une école à l'autre ; celles de Siguiri donnent Lahilatul Kalabi comme premier roi pèlerin. L'historien qui rassemble ces traditions note que l'adoption d'ancêtres musulmans venus d'Orient était courante dans les cours royales de la région, et que l'ancêtre revendiqué ici est un Noir d'Abyssinie, non un ancêtre blanc ; il situe lui-même Mamadi Kani vers le début du XIIe siècle et Maghan Kön Fatta, père de Soundiata, au début du XIIIe siècle.
Origine non datée · RevendiquéeLe berceau du clan serait le pays des monts de Manden, autour des villes de Dakadiala, Naréna et Kiri, où les Keita étaient anciennement établis.
Le berceau du clan serait le pays des monts de Manden, autour des villes de Dakadiala, Naréna et Kiri, où les Keita étaient anciennement établis. C'est une synthèse d'historien ; la tradition rapportée plus haut les fait venir de plus loin.
Récit publié en 1885Le nom Keïta est écrit « Keita » par le capitaine Gallieni, qui compte les Keita et les Kaméra parmi les plus connues des tribus malinké d'où serait issue la nation mandingue.
Le nom Keïta est écrit « Keita » par le capitaine Gallieni, qui compte les Keita et les Kaméra parmi les plus connues des tribus malinké d'où serait issue la nation mandingue.
Voyage de 1879-1881 (récit publié en 1885)Le nom Keïta apparaît, écrit Kéita, dans le récit de voyage du capitaine Gallieni, qui présente Mambi, chef de Niagassola, comme membre de « l'illustre famille des Kéita ».
Le nom Keïta apparaît, écrit Kéita, dans le récit de voyage du capitaine Gallieni, qui présente Mambi, chef de Niagassola, comme membre de « l'illustre famille des Kéita ». C'est la plus ancienne trace écrite de ce nom que le projet connaît. Le clan qu'il désigne existait déjà avant elle.
Les pactes qui lient ce nom à d'autres noms : une parenté à plaisanterie, où les porteurs des deux noms se doivent moquerie rituelle et assistance, et qui interdit le conflit entre eux. Chaque pacte est désigné par le terme que les sources emploient.
Les quatre pactes de ce nom sont des sanankuya, parenté à plaisanterie mandingue :
N'y figurent que des personnalités publiques ou historiques, et des personnes qui se sont elles-mêmes reconnues dans ce nom. La liste documente le nom : elle ne permet de déduire l'origine ethnique d'aucune personne qui le porte.
Naré Fa Maghan
Soundiata Keïta
Ce que nous ne savons pas encore
Le projet ne documente pas encore sa fonction sociale et les autres noms de même forme.
Aucun récit transmis oralement n’est enregistré pour le nom Keïta.
Avant sa plus ancienne trace connue du projet, l’histoire du nom Keïta reste à écrire.
Le nombre de personnes qui portent le nom Keïta n’est pas connu du projet.
Nous pensons qu’une meilleure connaissance des histoires et des liens entre les populations d’Afrique peut nourrir la compréhension et la coopération.
Une information vous semble inexacte, incomplète ou mal présentée ?
Vous pouvez nous signaler le passage concerné et proposer une source ou un témoignage. Les contributions sont examinées avant d’être intégrées.
Pouvoir, places et filiation : les senankuya au Mali(Publication académique) Canut, Cécile, Cahiers de praxématique, numéro 38, 2002, p. 175-197. Enquête de terrain au Mali. Elle énonce ce que le pacte oblige : la relation vaut à perpétuité pour toute la descendance des deux lignées, le mariage entre elles est prohibé — diversement appliqué aujourd'hui, précise-t-elle — et l'entraide y est due sans réserve. Citée pour l'obligation elle-même ; elle ne nomme pas la paire de cette fiche, que portent les entrées citées à côté d'elle.
Pactes, alliances et plaisanteries. Pratiques locales, discours global(Publication académique) Canut, Cécile, et Smith, Étienne, Cahiers d'études africaines, numéro 184, 2006, p. 687 et suivantes. Citée pour la mise en garde qu'elle porte : l'idée que la parenté à plaisanterie apaiserait les conflits y est traitée comme une hypothèse héritée de Radcliffe-Brown et reprise par les études sur la résolution des conflits, donc comme un discours à analyser et non comme un effet mesuré. La page de début est vérifiée, la page de fin ne l'est pas.
Charte de Kurukan Fuga : mémoire et communauté, Amadou Saïbou Adamou, Magana, 2023(Publication académique) Cite l'article 7 de la charte : « il est institué entre les Mandenkas le Sanankunya (cousinage à plaisanterie) et le Tanamanyöya (forme de totémisme) ». Situe l'assemblée orale vers 1236 et précise que le texte a été restitué par des griots lors d'un séminaire à Kankan, en Guinée, en 1998, puis traduit en français et publié en 2008.
Histoire générale de l'Afrique, IV, ch. 6 : Le Mali et la deuxième expansion manden(Organisation intergouvernementale) UNESCO, dir. D. T. Niane, 1985 ; chapitre de D. T. Niane. Pages imprimées : les Keita rattachant leur origine à Bilal ben Rabah, Lawalo fondateur de Kiri, le berceau des Keita autour de Dakadiala, Narena et Kiri (p. 153, note 28), et l'adoption d'ancêtres musulmans d'Orient, pratique courante dans les cours de la région, Bilal étant un Noir d'Abyssinie (p. 153, note 31) ; la lignée de Lawalo à Mamadi Kani, situé vers le début du XIIe siècle, Maghan Kön Fatta au début du XIIIe, et les seize rois d'avant Soundiata dont les listes varient d'une école de griots à l'autre (p. 154) ; Nare Fa Maghan, père de Soundiata (p. 158). Le chapitre ne donne aucun sens au nom.
Histoire générale de l'Afrique, V, ch. 12 : Du Niger à la Volta(Organisation intergouvernementale) UNESCO, dir. B. A. Ogot, 1999 ; chapitre de M. Izard et J. Ki-Zerbo. Page imprimée : la parenté à plaisanterie entre Koulibali (Kurubari) et Keita ou Touré, donnée comme indice de relations fort anciennes entre Bambara et Malinké (p. 372).
Les noms de clan du Manden (jamu) dans les sources africaines, occidentales et arabes(Publication académique) Bogacheva, E. A., mémoire de licence, Université d'État de Saint-Pétersbourg, 2017, en russe ; dirigé par A. Davydov, relu par V. Vydrin. Notice Kéyità, p. 82-84 : le lion parmi les interdits du clan (p. 82) ; le récit des trois frères, donné sans indication de lieu ni d'informateur parmi les matériaux réunis par V. Vydrine et A. Davydov, et le rapprochement avec le nom de Kita, avancé sans preuve (p. 83) ; l'explication par « Alla koï », citée de Maurice Delafosse, Haut-Sénégal-Niger, 1912, tome II, p. 175 (p. 83-84) ; la tradition d'une origine à Kong rapportée par Charles Monteil, avec la mise en garde du mémoire sur les versions locales (p. 84). Un mémoire de licence n'est pas une publication relue par des pairs : il est cité pour les témoignages qu'il transmet.