Libyque, Numide et Maure sont des noms donnés par d'autres peuples, que l'on trouve dans les sources grecques et latines.
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Selon Yves Modéran (2003), Mauri est le plus fréquent dans les sources officielles du IVe au VIIe siècle. Barbar est le nom arabe, dont viendrait le français berbère. Modéran le relie au latin barbarus, passé par la forme barbar du latin parlé, plutôt que par la forme savante barbari. Les Arabes l'auraient entendu à leur arrivée en Ifrîkiya, dans les villes et les campagnes où le latin était parlé. La plus ancienne trace écrite sûre citée ici se trouve chez Ibn al-Kalbî, dans la seconde moitié du VIIIe siècle ; des traditions remontant aux environs de 730 le mentionnent aussi. Amazigh est le nom que le peuple se donne. Son sens fait l'objet de plusieurs explications. La traduction « les hommes libres » est fréquente. Chaker (1986) la fait remonter à Jean-Léon l'Africain, puis à Stéphane Gsell. Il la juge « certainement pas fondée » et parle d'« une extrapolation indue ». Pour lui, Amazigh désigne d'abord un peuple : il est « fondamentalement un ethnonyme et non une désignation référant à une classe ou un statut social ». Il ajoute qu'il est « difficile d'établir une étymologie sûre pour cet ethnique ». Le nom apparaît dès l'Antiquité sous les formes Maxyes chez Hérodote et Mazyes chez Hécatée, puis Mazaces ou Mazices chez les auteurs latins. Chez les Touareg, amajeγ désigne bien un aristocrate nomade, mais ce sens ne s'applique pas partout. Chaker indique aussi que le terme était inconnu de la culture traditionnelle de Kabylie, du Mzab et des Aurès. Selon lui, son usage plus large se diffuse depuis la Kabylie vers 1945-1950, grâce à la chanson berbéro-nationaliste. Pour Berbère, Modéran (2010) explique que les auteurs médiévaux ont imaginé un ancêtre appelé Berr ou Berber, « fort opportunément inventé », pour expliquer le nom utilisé par les Arabes à leur arrivée. Il propose de relier ce nom au latin Barbari.