Système politique traditionnel
Villages independants entre eux et des chefs locaux. Chaque village a un chef clerical issu de la tradition. Les villages jahanka jouissaient historiquement du statut de sanctuaire (independance judiciaire, exemption militaire). Lorsque leur securite etait menacee, la strategie etait le deplacement pacifique vers de nouvelles terres.
Organisation clanique
Organisation clanique endogame issue de la structure soninke. La hierarchie soninke comprend : (1) fooro (hommes libres) : tunkalemmu (princes), mangu (conseillers), kuralemme (guerriers), modinu (pretres-jahanka) ; (2) nayamala (hommes dependants) : artisans (tago-forgerons, sakko-charpentiers, jaroo-griots, garanko-cordonniers) ; (3) komo (esclaves, endogames). Les Jahanka occupent la position de modinu (clercs-pretres) dans cette hierarchie.
Rôle des lignages
Filiation patrilineaire. L'endogamie preserve la caste clericate et transmet le savoir islamique de generation en generation. Le statut de clerc (karamogo, marabout) est hereditaire et confere prestige economique et social. Les jeunes garçons apprennent le Coran aupres de leur pere ou d'un maitre reconnu.
Autorité religieuse
Autorite centrale des clercs islamiques (modinu, karamogo, marabout) formes dans la tradition Majalis : curriculum de 28 livres a maitriser, copie a la main pour obtenir le cijaza (licence d'enseignement). Les maitres sont formes pendant 5 a 30 ans sous un sheikh et reçoivent un isnad (chaine de transmission). Les Jahanka sont des references en matiere d'enseignement coranique dans toute la Senegambie et au-dela.