La série est attestée sans interruption depuis la première grammaire du setswana, publiée par James Archbell en 1837, jusqu'aux linguistes de l'université du Botswana aujourd'hui. La traduction « pays des Tswana » est celle que donnent les institutions du pays et les nomenclatures officielles, et elle est bonne pour un lecteur — mais elle n'est pas la valeur grammaticale du préfixe. Bo- forme d'abord des noms abstraits : Denis Creissels en fait la classe de la qualité, où tau, « lion », donne bolau, « la nature du lion ». Le dictionnaire setswana de John Brown, en 1895, glose d'ailleurs Bocwana par « la personnalité d'un Mocwana », non par un territoire. L'emploi territorial existe bien, mais il est lexical plutôt que grammatical : le même dictionnaire donne Bokweni pour le pays des Bakweni et Borwe pour celui des San.
Ce que désigne la racine Tswana n'est pas établi, et ce sont les voix les plus proches de la langue qui le disent. Thapelo Otlogetswe, professeur à l'université du Botswana et auteur du premier dictionnaire monolingue setswana, écrit qu'on sait très peu de chose de l'origine de ces mots et qu'il n'existe là-dessus que des conjectures. David Livingstone, lui, proposait en 1857 de rattacher le nom à chuana, « semblable, égal », et rapportait qu'on l'expliquait aussi par le malentendu d'un voyageur à qui l'on aurait répondu « ils sont comme nous » — hypothèse qu'il écartait, le nom étant en usage chez des gens sans contact avec les Européens. À la page suivante, il note que les Bechuana ne savent pas expliquer la dérivation de leur propre nom. Le dictionnaire de Brown donne à chwana deux sens, « être semblable » et le féminin de ncho, « noir » ; le Dictionary of South African English retient les deux racines et ne tranche pas. Paul Maylam tient pour sa part que l'appellation Bechuana a été forgée par les Blancs au XIXe siècle. Une réfutation de Livingstone par le lettré motswana D. M. Ramoshoana existe, mais elle ne subsiste que dans l'introduction de la grammaire de Desmond Cole, qui n'a pas été lue.
Le nom a été porté localement avant d'être ratifié à Londres. Le Premier ministre le soumet à l'Assemblée législative du Bechuanaland le 13 décembre 1965 ; plus de cent cinquante réunions publiques et des kgotla le portent devant les chefs ; l'Assemblée et la Chambre des chefs l'approuvent ; la conférence de Londres de février 1966 examine des propositions rédigées sur place ; la loi britannique du 3 août 1966 l'entérine pour le 30 septembre. Il ne s'agissait pas d'inventer un mot : une forme en Bo- est relevée comme auto-désignation dès 1801, et un parti se nommait déjà Botswana Independence Party aux élections de mars 1965. « Bechuanaland » était la forme anglicisée de baTswana. Qui a formé la racine Tswana n'est pas établi.