Système politique traditionnel
Le sultanat de Dosso (Zarmakoy) est la chefferie supreme zarma, reconnue par l'Etat nigerian. Le Zarmakoy est elu par un conseil de chefs de canton et doit etre confirme par le gouvernement. En dessous, les chefs de canton (koytye) dirigent des territories regroupant plusieurs villages. Les chefs de village (kara koy) ont l'autorite locale. Les conseils de village reglent les litiges cotidiens. Ce systeme d'autorite indirecte fut maintenu et renforce sous la colonisation francaise qui en fit l'un des exemples les plus avances de l'administration indirecte en Afrique francophone.
Organisation clanique
Societe stratifiee : nobles (koy — classe des chefs), paysans libres (horso zarma libre), artisans (gabibi — forgerons, tisserands, griots), anciens captifs (banza). Les griots (jesere) sont une caste specialisee, endogame, conservant et transmettant la memoire historique lors des ceremonies. La stratification est hereditaire et l'endogamie de caste est la norme. Les esclaves constituaient historiquement jusqu'aux deux tiers de la population totale zarma-songhay en periode precoloniale, selon J.P. Olivier de Sardan.
Rôle des lignages
Les lignages patrilineaires (windi) determinent le statut social, l'heritage foncier, les droits politiques et les alliances matrimoniales. Les unions avec les cousins croises sont preferees. Le zima (pretre des esprits) ne transmet pas forcement son role a ses descendants biologiques — c'est l'une des exceptions a la logique patrilineaire. La propriete des troupeaux (bovins, chameaux, chevres) est patrilineaire.
Autorité religieuse
L'imam (marabout, alfa) exerce l'autorite islamique (ecole malekite). Le marabout joue un role de guerisseur, de conseiller et d'auteur d'amulettes coraniques (gris-gris). Le zima est le pretre des esprits holey, qui animent les ceremonies de possession (yenendi, holey hori). Les deux autorites (islamique et traditionnelle) coexistent dans les memes communautes.