Eugène Casalis donne toute la série en 1859 et traduit Lessouto par « le pays du Mossouto » ; Paulus Mohome la redonne en 1972. Le nom n'a pas été forgé à l'indépendance : il est attesté bien avant, et George McCall Theal écrit en 1883, dans les archives de l'administration du Cap, que le pays « était appelé le Lesuto, ce que nous avons changé en Basutoland ». La loi britannique d'indépendance de 1966 n'a donc pas créé le nom, elle a rendu au royaume celui qu'on lui avait retiré.
Ce que désigne la racine Sotho elle-même est discuté, et la radio publique de langue sesotho le dit sans détour en 2016 : il n'y a accord ni entre les Basotho ni entre les historiens. Cinq lectures circulent. Ellenberger et Macgregor rapportent en 1912, d'après quarante-cinq années de traditions orales recueillies au Leribe, un sobriquet swazi — Abashunto, du verbe nguni uku shunta, « faire un nœud », moquant le pagne noué des Bapedi, puis revendiqué avec fierté. Le Dictionary of South African English retient l'adjectif sootho, « brun », d'où « les bruns » ; il enregistre aussi un rattachement à la rivière Usutu, et l'hypothèse d'un substitut d'évitement pour motho, « être humain ». Une cinquième lecture, portée par le chercheur mosotho William Moruti Tšiu, part de lesôtô, la lanière de peau tannée servant à nouer le thari. Un relevé de 1835 note déjà que les Ndebele appliquaient le terme à tous les peuples qui n'étaient pas les leurs, ce qui en ferait un nom donné de l'extérieur avant d'être porté. L'explication par une coiffure tressée, souvent répétée, n'a été trouvée dans aucune source : le nœud dont parle Ellenberger est celui d'un vêtement, et il décrit la coiffure à la même page sans en tirer le nom.
Le nom du pays est celui que les Basotho lui donnaient déjà avant la colonisation. « Basutoland » est la forme que l'administration britannique lui a substituée, comme les archives du Cap le reconnaissent en 1883, et la loi d'indépendance qui prend effet le 4 octobre 1966 lui rend son nom sans l'inventer. Le roi Moshoeshoe Ier est tenu pour le fondateur du royaume, dans les années 1820, sans que les sources s'accordent sur l'année. Qui a formé la racine Sotho reste ouvert : plusieurs sources y voient un nom donné par des voisins, Swazi ou Ndebele, avant d'être repris par ceux qui le portent.