Le président Mathieu Kérékou l'annonce dans un discours du 30 novembre, et l'ordonnance n° 75-80 du 2 décembre 1975 portant dénomination de l'État l'établit : les visas de deux ordonnances de janvier 1976, publiées par le secrétariat général du gouvernement béninois, citent l'une et l'autre. Le dépositaire des traités des Nations unies retient la même date, en notant que le pays s'appelait Dahomey jusqu'au 2 décembre 1975. En revanche, la raison du choix n'est établie par aucune source spécialisée. L'idée d'un nom recherché pour sa neutralité ethnique ne se lit que chez des auteurs non spécialistes ; le rattachement au golfe du Bénin n'est guère mieux porté ; et la seule lecture publiée dans une revue à comité de lecture, celle de Camilla Strandsbjerg, place le changement dans une lutte dirigée à la fois contre la puissance coloniale et contre les pouvoirs royaux d'Abomey. Le nom lui-même viendrait d'un royaume edo, que les Edo appellent Ubini et non Bénin — ils se nomment eux-mêmes Edo — et dont la forme portugaise Beny est elle aussi discutée : Ekhaguosa Aisien la fait venir de l'itsekiri Ubini, Alan Ryder objecte qu'aucune langue du sud du Nigeria n'en offre une source plausible, et l'historien edo Osarhieme Osadolor suit Ryder.
« Dahomey » transcrit le fon Danhomè. La morphologie est réelle : le fon dit xò, ou xomɛ̀, pour le ventre, et mɛ̀ marque le lieu, si bien que « dans le ventre de Dan » se forme correctement. Le récit qui l'accompagne, lui, ne tient pas en place. Un roi cède un terrain, s'irrite de le voir empiéter, demande si l'on va bâtir jusque sur son ventre, et l'on bâtit sur son corps — mais le meurtrier change d'une source à l'autre : Dakodonou chez Robert Norris en 1789, chez Archibald Dalzel en 1793 et, sous la forme Dako, chez Richard Burton en 1864 ; Adarunza dans un récit portugais de 1797 ; Houegbadja chez Auguste Le Hérissé en 1911 ; Akaba chez Maurice Ahanhanzo Glélé. Le rang de la victime change aussi, roi, prince, chef voisin ou chef de terre, et le sens avec lui : le ventre, les entrailles, le cobra, ou la maison. Burton relevait dès 1864 que la légende pourrait être née du nom plutôt que l'inverse, et donnait pour raison qu'une seconde s'y trouvait à l'identique — Le Hérissé rapporte en effet le même meurtre une génération plus tôt, produisant Agrigomè, « dans le carquois d'Agri ». Dalzel imprimait déjà, dans le même volume que le récit, une dérivation concurrente. Et Dan n'est pas seulement un homme : c'est chez les Fon le serpent vodun, et c'est aussi un lieu. Deux chercheurs de l'université d'Abomey-Calavi glosent d'ailleurs Danxômè par « dans le ventre du serpent ». Aucun chercheur béninois ou fon contestant l'étymologie n'a été trouvé ; ceux qui la contestent sont tous européens, ce qui est en soi une donnée.
Le nom a été donné par le président Mathieu Kérékou, chef de l'État, par ordonnance, le Conseil des ministres entendu : annonce le 30 novembre 1975, ordonnance n° 75-80 le 2 décembre. Il n'existait pas de législature à cette date. Pourquoi « Bénin » plutôt qu'un autre nom n'est établi par aucune source spécialisée, et nous ne le tranchons pas. « Dahomey » était le nom du royaume fon, transcrit par les Européens à partir du XVIIIe siècle ; qui a nommé ce royaume, et d'après quoi, reste discuté.