Système politique traditionnel
Monarchie à structure impériale centrée sur l'empire de Nikki. L'Empereur (Sinaboko) et la Reine-mère (Gnon Kogui) sont issus de la caste Wasangari. Les chefs provinciaux (Bouay, Kika, Sandiro) rendent allégeance à l'Empereur lors du festival annuel Gaani. Les chefs de terre (issus des Baatonu natifs), les Ministres et le Sinadunwiru (chargé de la régence à la mort du roi) constituent le Conseil des ministres.
Organisation clanique
Société à quatre composantes : (1) Wasangari (aristocratie cavaliere fondatrice, détenteurs du pouvoir politique) ; (2) Baatonu natifs (paysans, artisans, chefs de terre, griots, forgerons, musiciens) ; (3) Gando (enfants nés de naissance anormale, confiés aux Peuls, vivant en quartiers séparés, parlant le fulfuldé) ; (4) Peuls (Fulbe, semi-nomades, éleveurs, hôtes protégés, représentés à la cour).
Grades d'âge
Le Gbangba (danse guerrière) est réservé aux jeunes Wasangari de 18 à 25 ans, constituant une forme de classe d'âge cérémonielle. Les rites de passage impliquent le port de coiffures spécifiques selon le statut social.
Rôle des lignages
Les lignages déterminent l'appartenance aux dynasties royales (Karawe, Gbassi, Makararou, Lafiarou, Korakou) et la transmission des privilèges symboliques (trompettes sacrées, éperons blancs). Les instruments sacrés (tambours Barabakaru et Barapiibu, trompettes Kankangi) sont propriété du roi et hérités par les initiés.
Autorité religieuse
Islam majoritaire, introduit progressivement par les contacts avec les Haoussa et les Dendi. Les chefs baatombu portent des turbans dawani et prient le vendredi. Coexistence avec un fond animiste structurant les grands rituels : le festival Gaani est d'origine animiste, incorporé dans le calendrier islamique (Mawlid). Les instruments sacrés sont joués par des initiés lors de l'intronisation, des prieres du vendredi et des cérémonies royales.