D'où vient le nom · Peuple
Nilotes
Le nom Nilotes, ou peuples nilotiques, réunit des peuples du haut Nil et d'Afrique de l'Est, comme les Dinka, les Nuer, les Shilluk, les Luo ou les Maasaï. Ce n'est pas le nom d'un peuple : aucune source que nous avons lue ne donne un nom que ces peuples se donneraient tous ensemble, et chacun porte le sien. Venu de l'extérieur, ce nom a d'abord désigné les peuples du bassin du Nil, puis a servi à les classer par « race », avant de désigner un groupe de langues. On a aussi dit Nilo-Chamites pour une partie d'entre eux ; nous présentons ces noms plus bas.
Un nom venu de l'extérieur : d'abord les peuples du Nil, puis une « race », puis des langues.
Du plus récent au plus ancien
- Contemporain
- Colonial
1980
Le nom Nilotes désigne pour J. E. G. Sutton plusieurs groupes de langues apparentées de loin, dont les locuteurs ont occupé une grande partie de l'Afrique orientale à l'âge du fer. Il écrit que, si leurs traits physiques diffèrent de ceux des Bantu, les Nilotes sont « très nettement des Noirs ».
Critique publiée en 1980
Le nom Nilotes a servi dans des classements par « race » qui mettaient à part certains peuples d'Afrique. Joseph Ki-Zerbo écrit que des populations ont été « hâtivement baptisées « race brune » : Peul, Ethiopiens, Somali, Nilotes ». Il attribue la théorie hamitique, celle de Seligman et d'autres, en partie à « la volonté de justifier le système colonial ».
1932
Le nom Nilotes désigne chez C. G. et Brenda Seligman une « sous-race » du Soudan, la plus nombreuse selon eux : les Shilluk, les Dinka, les Nuer et les Anuak, qu'ils décrivent grands, à la tête allongée et à la peau très sombre. Ils les rangent parmi les « Noirs hamitisés », qu'ils croient nés d'un mélange avec des Hamites venus par vagues successives.
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De 1912 à 1932
Le nom Nilotes réunit des peuples qui portent chacun leur propre nom. Les Shilluk se nomment eux-mêmes ocholo, selon Diedrich Westermann ; les Dinka se nomment Jang, au pluriel Jeng, et les Nuer Nath, selon C. G. et Brenda Seligman. Ces auteurs écrivent que les noms Shilluk et Dinka leur viennent des Arabes.
1930
Le nom Nilotes prend un sens racial chez C. G. Seligman : pour l'ethnologue, écrit-il, il désigne un type physique bien défini, lié à une culture. Il note que le linguiste Diedrich Westermann, lui, n'entend par nilotique que ce qui appartient au bassin du Nil.
1902
Le nom Nilotes s'écrit « Nilotic Negroes », les Noirs nilotiques, chez Harry Johnston, ancien commissaire spécial du protectorat britannique de l'Ouganda, qui leur consacre un chapitre de son livre sur ce protectorat. Il reconnaît qu'aucun groupe ne partage à la fois la même langue, les mêmes coutumes et les mêmes traits physiques, mais range ensemble les Noirs du bassin du Nil par commodité, pour décrire leur corps et leurs coutumes.
Personnes citées dans ce récit : Harry Johnston, ancien commissaire spécial du protectorat de l'Ouganda, auteur du livre
Origine la plus ancienne connue du nom Nilotes
1899
Le nom Nilotes apparaît sous une forme proche, « Nilotic peoples », les peuples nilotiques, chez l'anthropologue britannique A. H. Keane. Il range sous ce nom tous les peuples du haut Nil, des Shilluk, des Dinka, des Bari et des Nuer jusqu'aux Bongo, aux Madi et aux Funj, et écrit que leur destin politique sera désormais décidé par les Britanniques, maîtres des terres du Nil. C'est la plus ancienne trace de ce nom que le projet connaît. Ces peuples existaient déjà avant lui, chacun sous son propre nom.
Fin de ce que nos recherches retracent pour le nom Nilotes.
Les sources du nom Nilotes
Plusieurs sources expliquent l’origine de ce nom. Voici leurs 7 récits, rangés par type de source.
- Livre ou étude · 2 sources
- Rapport public · 3 sources
- Archive · 3 sources
- Pagan Tribes of the Nilotic SudanC. G. Seligman et Brenda Z. Seligman, 1932 · Publication académiqueVoir les 2 récits
- The Uganda Protectorate, vol. IIHarry Johnston, 1902 · Publication académiqueVoir le récit
- Histoire générale de l'Afrique, II, ch. 23 : L'Afrique orientale avant le VIIe siècleJ. E. G. Sutton, 1980 · Organisation intergouvernementaleVoir le récit
- Histoire générale de l'Afrique, I, conclusion : De la nature brute à une humanité libéréeJoseph Ki-Zerbo, 1980 · Organisation intergouvernementaleVoir le récit
- Histoire générale de l'Afrique, I, ch. 10, partie II : Théories relatives aux « races » et histoire de l'AfriqueJoseph Ki-Zerbo, 1980 · Organisation intergouvernementaleVoir le récit
- The Shilluk People, Their Language and FolkloreDiedrich Westermann, 1912 · ArchiveVoir le récit
- Races of AfricaC. G. Seligman, 1930 · ArchiveVoir le récit
- Man Past and PresentA. H. Keane, 1899 · ArchiveVoir le récit
Ce que nous ne savons pas encore
- Aucun récit transmis oralement n’est enregistré pour le nom Nilotes.
- Aucune trace du nom Nilotes plus ancienne que 1899 n’est connue du projet.
Nous pensons qu’une meilleure connaissance des histoires et des liens entre les populations d’Afrique peut nourrir la compréhension et la coopération.
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