D'où vient le nom · Pays

Burkina Faso

Le nom Burkina Faso désigne un pays d'Afrique de l'Ouest, qui le porte depuis le 4 août 1984. Il est formé de deux mots pris à deux langues du pays, le mooré et le dioula. Le pays s'appelait auparavant Haute-Volta, du nom que l'administration coloniale française avait donné à la colonie en 1919. Les sources lues s'accordent sur le sens du nom Burkina Faso ; elles disent moins de choses sur le choix du nom Haute-Volta. Nous les présentons plus bas.

« Le pays des hommes intègres », en mooré et en dioula, nom de l'État depuis 1984.

On remonte le temps

  • Contemporain
  • Précolonial
  1. Usage contemporain

    Le nom Burkina Faso veut dire « le pays des hommes intègres », selon Alain Maharaux. Le premier mot vient du mooré : le dictionnaire mooré de la SIL donne burkĩna, « homme intègre », et note que le mot est emprunté au songhay. Le second vient du dioula : les dictionnaires de Maurice Delafosse (1929) et Bamadaba donnent faso, « patrie », mot à mot « maison du père ». Jeune Afrique traduit faso par « terre natale ». Les sources lues s'accordent sur le sens d'ensemble. 

  2. Depuis le 4 août 1984

    Le nom Burkina Faso est celui du pays depuis le 4 août 1984, selon la Digithèque de l'université de Perpignan. Le tableau des indépendances de l'Histoire générale de l'Afrique le note ainsi : « Ancienne Haute-Volta, a changé de nom le 4/VIII/1984 ». 

  3. 1984

    Le nom Burkina Faso doit permettre de rompre avec le passé néocolonial et de porter un projet de société commun à tous les habitants, selon Alain Maharaux. Pour lui, le nom des habitants, burkinabè, emprunte aux trois langues principales du pays. Louis-Dominique Ouédraogo, secrétaire général des Affaires étrangères en 1984, parle de deux langues : le mot réunit burkina, en mooré, et la terminaison -bè, en fulfulde. Le dioula entre par le mot faso ; les trois langues se retrouvent donc dans l'ensemble formé par le nom du pays et celui de ses habitants. Nayabtigoungou Congo Kaboré, secrétaire général du gouvernement en 1984, en donne la raison en 2013 : faso est ajouté pour les dioulaphones de l'Ouest, -bè pour les Peuls du Sahel, « pour prendre en compte les trois grandes régions du pays ». 

  4. Naissance du nom Burkina Faso · origine la plus ancienne connue du projet

    1er-4 août 1984

    Le nom Burkina Faso apparaît dans l'ordonnance n° 84-043/CNR/PRES du Conseil national de la révolution, datée du 2 août 1984, qui prend effet le 4 août. Une ordonnance de 1985 la cite sous ce numéro. Son article 1er dit : « le territoire libre d'Afrique […] dénommé Haute-Volta, s'appelle désormais le Burkina Faso ». Le texte que reproduit Burkina 24 écrit Burkina Faso et le signe « Capitaine Thomas ». Jeune Afrique écrit que l'ordonnance disait « Bourkina Fâso ». Louis-Dominique Ouédraogo, haut fonctionnaire en 1984, rapporte qu'une circulaire du même mois demandait de prononcer « Bourkina ». Qui a proposé le nom ? Un participant, Nayabtigoungou Congo Kaboré, secrétaire général du gouvernement, l'a raconté en 2013. Selon lui, plusieurs noms sont proposés en conseil des ministres, chacun dans une langue : « République du Faso », « République du Moogho », « Léédymè ». Le mot burkina est retenu sur l'avis de Blaise Compaoré. Thomas Sankara ajoute ensuite faso, pour les dioulaphones de l'Ouest, et la terminaison -bè, pour les Peuls. C'est le récit d'un seul témoin, publié vingt-neuf ans après ; les autres sources lues ne disent pas qui a proposé le nom. La plus ancienne trace datée que le projet connaît est l'annonce de Radio France Internationale, le 1er août 1984, que The Christian Science Monitor rapporte le 3 août en écrivant « Bourkina Fasso ». Le pays et ses peuples existaient bien avant ce nom. 

    Personnes citées dans ce récit : Thomas Sankara, capitaine, président du Conseil national de la révolution, signataire de l'ordonnance ; ajoute faso et -bè selon N. Congo Kaboré ; Blaise Compaoré, capitaine, ministre ; fait retenir le mot burkina selon N. Congo Kaboré

  5. Avant le nom Burkina Faso

    Milieu du XIIe siècle

    Avant le nom Burkina Faso, et bien avant celui de Haute-Volta, le plateau central du pays voit se former les royaumes mossi, dont les premières formations datent du milieu du XIIe siècle, selon Michel Izard et Joseph Ki-Zerbo. 

Fin de ce que nos recherches retracent pour le nom Burkina Faso.

Les sources parlent

Qui raconte le nom Burkina Faso ?

Voici les 5 récits du nom Burkina Faso, rangés selon le type de source qui les rapporte. Une même source peut en appuyer plusieurs.

  • Livre ou étude · 5 sources
  • Article de presse · 5 sources
  • Rapport public · 2 sources
  • Archive · 2 sources
Livre ou étude3 récits
Usage contemporainLe nom Burkina Faso veut dire « le pays des hommes intègres », selon Alain Maharaux.

Le nom Burkina Faso veut dire « le pays des hommes intègres », selon Alain Maharaux. Le premier mot vient du mooré : le dictionnaire mooré de la SIL donne burkĩna, « homme intègre », et note que le mot est emprunté au songhay. Le second vient du dioula : les dictionnaires de Maurice Delafosse (1929) et Bamadaba donnent faso, « patrie », mot à mot « maison du père ». Jeune Afrique traduit faso par « terre natale ». Les sources lues s'accordent sur le sens d'ensemble.

Depuis le 4 août 1984Le nom Burkina Faso est celui du pays depuis le 4 août 1984, selon la Digithèque de l'université de Perpignan.

Le nom Burkina Faso est celui du pays depuis le 4 août 1984, selon la Digithèque de l'université de Perpignan. Le tableau des indépendances de l'Histoire générale de l'Afrique le note ainsi : « Ancienne Haute-Volta, a changé de nom le 4/VIII/1984 ».

1984Le nom Burkina Faso doit permettre de rompre avec le passé néocolonial et de porter un projet de société commun à tous les habitants, selon Alain Maharaux.

Le nom Burkina Faso doit permettre de rompre avec le passé néocolonial et de porter un projet de société commun à tous les habitants, selon Alain Maharaux. Pour lui, le nom des habitants, burkinabè, emprunte aux trois langues principales du pays. Louis-Dominique Ouédraogo, secrétaire général des Affaires étrangères en 1984, parle de deux langues : le mot réunit burkina, en mooré, et la terminaison -bè, en fulfulde. Le dioula entre par le mot faso ; les trois langues se retrouvent donc dans l'ensemble formé par le nom du pays et celui de ses habitants. Nayabtigoungou Congo Kaboré, secrétaire général du gouvernement en 1984, en donne la raison en 2013 : faso est ajouté pour les dioulaphones de l'Ouest, -bè pour les Peuls du Sahel, « pour prendre en compte les trois grandes régions du pays ».

Article de presse3 récits
Usage contemporainLe nom Burkina Faso veut dire « le pays des hommes intègres », selon Alain Maharaux.

Le nom Burkina Faso veut dire « le pays des hommes intègres », selon Alain Maharaux. Le premier mot vient du mooré : le dictionnaire mooré de la SIL donne burkĩna, « homme intègre », et note que le mot est emprunté au songhay. Le second vient du dioula : les dictionnaires de Maurice Delafosse (1929) et Bamadaba donnent faso, « patrie », mot à mot « maison du père ». Jeune Afrique traduit faso par « terre natale ». Les sources lues s'accordent sur le sens d'ensemble.

1984Le nom Burkina Faso doit permettre de rompre avec le passé néocolonial et de porter un projet de société commun à tous les habitants, selon Alain Maharaux.

Le nom Burkina Faso doit permettre de rompre avec le passé néocolonial et de porter un projet de société commun à tous les habitants, selon Alain Maharaux. Pour lui, le nom des habitants, burkinabè, emprunte aux trois langues principales du pays. Louis-Dominique Ouédraogo, secrétaire général des Affaires étrangères en 1984, parle de deux langues : le mot réunit burkina, en mooré, et la terminaison -bè, en fulfulde. Le dioula entre par le mot faso ; les trois langues se retrouvent donc dans l'ensemble formé par le nom du pays et celui de ses habitants. Nayabtigoungou Congo Kaboré, secrétaire général du gouvernement en 1984, en donne la raison en 2013 : faso est ajouté pour les dioulaphones de l'Ouest, -bè pour les Peuls du Sahel, « pour prendre en compte les trois grandes régions du pays ».

1er-4 août 1984Le nom Burkina Faso apparaît dans l'ordonnance n° 84-043/CNR/PRES du Conseil national de la révolution, datée du 2 août 1984, qui prend effet le 4 août.

Le nom Burkina Faso apparaît dans l'ordonnance n° 84-043/CNR/PRES du Conseil national de la révolution, datée du 2 août 1984, qui prend effet le 4 août. Une ordonnance de 1985 la cite sous ce numéro. Son article 1er dit : « le territoire libre d'Afrique […] dénommé Haute-Volta, s'appelle désormais le Burkina Faso ». Le texte que reproduit Burkina 24 écrit Burkina Faso et le signe « Capitaine Thomas ». Jeune Afrique écrit que l'ordonnance disait « Bourkina Fâso ». Louis-Dominique Ouédraogo, haut fonctionnaire en 1984, rapporte qu'une circulaire du même mois demandait de prononcer « Bourkina ». Qui a proposé le nom ? Un participant, Nayabtigoungou Congo Kaboré, secrétaire général du gouvernement, l'a raconté en 2013. Selon lui, plusieurs noms sont proposés en conseil des ministres, chacun dans une langue : « République du Faso », « République du Moogho », « Léédymè ». Le mot burkina est retenu sur l'avis de Blaise Compaoré. Thomas Sankara ajoute ensuite faso, pour les dioulaphones de l'Ouest, et la terminaison -bè, pour les Peuls. C'est le récit d'un seul témoin, publié vingt-neuf ans après ; les autres sources lues ne disent pas qui a proposé le nom. La plus ancienne trace datée que le projet connaît est l'annonce de Radio France Internationale, le 1er août 1984, que The Christian Science Monitor rapporte le 3 août en écrivant « Bourkina Fasso ». Le pays et ses peuples existaient bien avant ce nom.

Rapport public2 récits
Depuis le 4 août 1984Le nom Burkina Faso est celui du pays depuis le 4 août 1984, selon la Digithèque de l'université de Perpignan.

Le nom Burkina Faso est celui du pays depuis le 4 août 1984, selon la Digithèque de l'université de Perpignan. Le tableau des indépendances de l'Histoire générale de l'Afrique le note ainsi : « Ancienne Haute-Volta, a changé de nom le 4/VIII/1984 ».

Milieu du XIIe siècleAvant le nom Burkina Faso, et bien avant celui de Haute-Volta, le plateau central du pays voit se former les royaumes mossi, dont les premières formations datent du milieu du XIIe siècle, selon Michel Izard et Joseph Ki-Zerbo.

Avant le nom Burkina Faso, et bien avant celui de Haute-Volta, le plateau central du pays voit se former les royaumes mossi, dont les premières formations datent du milieu du XIIe siècle, selon Michel Izard et Joseph Ki-Zerbo.

Archive1 récit
1er-4 août 1984Le nom Burkina Faso apparaît dans l'ordonnance n° 84-043/CNR/PRES du Conseil national de la révolution, datée du 2 août 1984, qui prend effet le 4 août.

Le nom Burkina Faso apparaît dans l'ordonnance n° 84-043/CNR/PRES du Conseil national de la révolution, datée du 2 août 1984, qui prend effet le 4 août. Une ordonnance de 1985 la cite sous ce numéro. Son article 1er dit : « le territoire libre d'Afrique […] dénommé Haute-Volta, s'appelle désormais le Burkina Faso ». Le texte que reproduit Burkina 24 écrit Burkina Faso et le signe « Capitaine Thomas ». Jeune Afrique écrit que l'ordonnance disait « Bourkina Fâso ». Louis-Dominique Ouédraogo, haut fonctionnaire en 1984, rapporte qu'une circulaire du même mois demandait de prononcer « Bourkina ». Qui a proposé le nom ? Un participant, Nayabtigoungou Congo Kaboré, secrétaire général du gouvernement, l'a raconté en 2013. Selon lui, plusieurs noms sont proposés en conseil des ministres, chacun dans une langue : « République du Faso », « République du Moogho », « Léédymè ». Le mot burkina est retenu sur l'avis de Blaise Compaoré. Thomas Sankara ajoute ensuite faso, pour les dioulaphones de l'Ouest, et la terminaison -bè, pour les Peuls. C'est le récit d'un seul témoin, publié vingt-neuf ans après ; les autres sources lues ne disent pas qui a proposé le nom. La plus ancienne trace datée que le projet connaît est l'annonce de Radio France Internationale, le 1er août 1984, que The Christian Science Monitor rapporte le 3 août en écrivant « Bourkina Fasso ». Le pays et ses peuples existaient bien avant ce nom.

Pour les autres noms de ce pays, d’autres voix parlent aussi : des archives. Choisissez un nom plus haut pour les lire.

Ce que nous ne savons pas encore

  • Aucun récit transmis oralement n’est enregistré pour le nom Burkina Faso.
  • Avant sa plus ancienne trace connue du projet, l’histoire du nom Burkina Faso reste à écrire.

Nous pensons qu’une meilleure connaissance des histoires et des liens entre les populations d’Afrique peut nourrir la compréhension et la coopération.

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