Système politique traditionnel
Les différents peuples sahariens ont développé des systèmes politiques distincts, allant de l'empire centralisé du Kanem-Bornu (Kanuri, Kanembu) aux organisations claniques décentralisées des Toubou. Chez les Kanuri : hiérarchie de sultans et émirs sous le Shehu de Borno. Chez les Teda : institution du derde (chef spirituel du clan Tumagra, Tibesti). Chez les Daza : chefferies claniques autonomes. Chez les Zaghawa : sultanat du Darfour (passé) et organisation clanique actuelle. Les systèmes coloniaux de cantons (1936 au Tchad) ont superposé une administration à ces structures traditionnelles.
Organisation clanique
Toutes ces sociétés sont organisées en clans patrilinéaires. La structure clanique détermine les droits aux ressources (terre, eau, pâturages, oases), les alliances matrimoniales et les obligations de solidarité. Les castes artisanales endogames à statut inférieur sont présentes dans plusieurs groupes (Azza chez les Toubou, forgerons chez les Kanuri et Kanembu).
Rôle des lignages
Les lignages patrilinéaires structurent la transmission des titres, des droits fonciers et des alliances matrimoniales dans tous ces groupes. Les noble lignages kanuri revendiquent une ascendance directe des mâïs de l'empire du Kanem-Bornu. Chez les Toubou, les droits sur les oases et pâturages sont transmis en ligne patrilinéaire.
Autorité religieuse
Islam sunnite malékite dominant dans tous les groupes depuis le 11e siècle (plus précocement chez les Kanuri et Kanembu, plus récemment chez les Toubou). Les oulémas, imams et chefs de confréries soufies (Tijaniyya, Qadiriyya) jouent un rôle important. Les pratiques syncrétiques et les coutumes juridiques préislamiques persistent (diya, maraboutisme).