Système politique traditionnel
Societe sans Etat centralise ni chefferie permanente. L'autorite repose sur des anciens charismatiques et sur le systeme de generations. Les sections territoriales (ekitala) organisent les droits d'acces aux paturages, mais sans frontieres fixes. Les Nyangatom adherent a la fois a la communaute regionale ethiopienne (autour de Jinka) et a la communaute de Mount Naita (cote sud-soudanais).
Organisation clanique
Environ 20 clans patrilineaires (sing. ateker, pl. ngatekerea). La taille des clans varie de quelques individus a plusieurs centaines. Les clans ne sont pas des unites politiques ; ils partagent des noms avec d'autres peuples du cluster Karamojong. Les sections territoriales portent des noms d'oiseaux migrateurs (cigognes, flamants roses, ibis) ou des noms ethniques.
Grades d'âge
Systeme original de generations (sing. auriunet, pl. ngauriuneta) englobant hommes et femmes, qui permit aux Nyangatom de se separer de leur stock parental. Chaque generation recoit l'identite d'une espece animale : fondateurs, chiens sauvages, zebres, tortues, montagnes (generations eteintes), puis elephants, autruches, antilopes, buffles (generations vivantes). Les generations alternent entre deux statuts : Peres et Fils du Pays. La ceremonie asapan marque le transfert de souverainete des Peres aux Fils, tous les 50-55 ans.
Rôle des lignages
Les lignages patrilineaires definissent l'appartenance clanique, les droits matrimoniaux et la succession. Les clans sont des reseaux de solidarite et d'entraide. Le parrain de clan donne au jeune guerrier sa lance, un tabouret et des sandales.
Autorité religieuse
Religion traditionnelle centree sur les ancetres et les esprits. Le guerisseur-oracle (asapan-man) joue un role central dans la regeneration de la societe lors de la grande ceremonie generationnelle. Depuis les annees 1990, le pentecotisme se repand chez les Nyangatom.