Système politique traditionnel
Société sans État : pas de pouvoir politique centralisé. Organisation sur la base de patrilignages ; les chefs de lignages exercent l'autorité en tant qu'aînés (la séniorité confère le pouvoir). Parenté et autorité sont étroitement liées.
Organisation clanique
Cinq tribus (Bliabo, Nyatcha, Djosso, Frèbo, Monosso) regroupant 189 lignages répartis entre 52 villages. Le village niaboua naît d'un jiligba (campement de culture) devenu résidence définitive d'un fondateur (exemple : Ibobli ou Iboguhé signifie chez Ibo). Niaboua et Niédéboua se tiennent pour parents proches issus de la même souche.
Grades d'âge
Plusieurs sociétés secrètes structurent la vie sociale : kwi (justicière, recherche des sorciers), hommes-panthères (blahon/blahi, initiation en bois sacré), klaogbeu (exorcisme et guerrière), klinlo (circoncision collective en forêt sacrée), saïbo (guérison), brô (exorcisme des femmes), lèli/sin (jongleurs, initiation des enfants et filles, importé des Guéré).
Rôle des lignages
Le patrilignage est l'unité sociale fondamentale. Les 189 lignages du pays niaboua organisent les droits fonciers, les mariages (exogamie de lignage) et l'accès à l'autorité. Les interdits alimentaires sont spécifiques à chaque village, lignage ou sous-tribu.
Autorité religieuse
Autorité exercée par les gardiens du culte du glé (divinité protectrice et justicière, empruntée aux Guéré et Bakwé). Le glé est matérialisé par une tête humaine monstrueuse modelée en argile avec crocs d'hippopotame et couronne de plumes (aigle, hibou, calao). Présence de cérémonies d'ordalie avec la sève de gopo (Elaeophorbia drupifera). Culte agraire (prémices du riz).