Système politique traditionnel
Historiquement, la société songhaï de Gao était organisée autour de la chefferie royale askia avec une administration centralisée, des gouverneurs de province et un système de perception des impôts. Après la chute de l'empire, l'organisation s'est morcelée en chefferies locales (chefs de village, conseils d'anciens). Aujourd'hui, la gouvernance est assurée par les structures administratives maliennes (cercle de Gao, région de Gao) avec maintien des chefferies traditionnelles comme autorités coutumières reconnues par l'État.
Organisation clanique
Société patrilinéaire organisée en lignages (hori). Les nobles de la caste askia (descendants de la famille royale songhaï) maintiennent un prestige particulier. La société songhaï historique comportait plusieurs castes fonctionnelles : guerriers, marchands, artisans (forgerons, tisserands), pêcheurs (Sorko), agriculteurs. Les esclaves (horso) constituaient une catégorie sociale inférieure qui a officiellement disparu après la colonisation.
Rôle des lignages
Les lignages patrilinéaires (hori) structurent l'organisation sociale, les alliances matrimoniales et les droits sur les terres agricoles et les zones de pêche. Les castes artisanales (forgerons, griots, tisserands) sont héréditaires et endogames. Les griots (jesere) jouent un rôle mémoriel crucial, conservant l'histoire dynastique et les généalogies des familles nobles.
Autorité religieuse
Islam sunnite malékite dominant depuis le 11e siècle. Les imams et oulémas exercent une autorité religieuse et juridique (droit familial, successions). Gao, bien que moins célèbre que Tombouctou, était un centre d'enseignement islamique important sous l'Empire songhaï. Ahmed Baba al-Massufi, savant songhaï de Tombouctou, est l'un des intellectuels les plus cités dans le Tarikh al-Sudan. Subsiste une spiritualité animiste syncrétique avec croyances en esprits (jinns), pratiques de divination et rôle des marabouts-guérisseurs.