Système politique traditionnel
Société égalitaire et polycéphale (anarchie régulée). Pas de chef central ; l'autorité repose sur l'ancienneté et les compétences rhétoriques. Les décisions collectives sont prises lors d'assemblées. Le système est qualifié d'anarchie régulée (regulated anarchy) par les ethnologues.
Organisation clanique
24 clans exogames regroupés en deux moitiés (moieties). Structure patrilinéaire, polygame et patrilocale. Le mariage hors du clan de naissance est obligatoire. Les bitta (chefs rituels, non politiques) proviennent du clan Gatta et du clan Worla.
Grades d'âge
Système d'initiation masculine par classes d'âge. L'initiation majeure est le saut du taureau (ukuli bula) : rite de passage de la jeunesse à l'âge adulte donnant le droit de posséder du bétail et de se marier. Les maza (hommes ayant accompli le saut et en attente de mariage) supervisent le rituel.
Rôle des lignages
La patrilinéarité régit les héritages, les droits sur le bétail et les alliances matrimoniales. Les clans sont exogames ; les alliances de mariage cimentent les relations inter-claniques. La société est patriarchale : les hommes gèrent le bétail et le leadership ; les femmes l'agriculture, les soins aux enfants et le petit bétail.
Autorité religieuse
Deux chefs rituels (bitta) non politiques : l'un du clan Gatta, l'autre du clan Worla. Leur autorité est spirituelle. Le concept de pureté (mingi) est central : certains enfants nés dans des circonstances jugées impures (dents du haut en premier, naissance gémellaire sans rites préalables, etc.) peuvent être condamnés. Des ONG (Save the Children, UNICEF, AMREF, Omo Child) et le gouvernement éthiopien travaillent à l'abandon de cette pratique.