Système politique traditionnel
Monarchie hiérarchisée sous le Kawo (roi), cumul de l'autorité politique et spirituelle. Le roi était issu du clan royal Goshana ; son titre de couronnement (Kawotetha sunthi) remplaçait son nom personnel. La masse populaire pouvait destituer le Kawo en cas d'abus de pouvoir, de corruption ou d'adultère. Le système s'est maintenu du XVIe au XIXe siècle.
Organisation clanique
Deux grandes lignées : Maala et Dogala. Sous Maala : Goshana, Ayka, Maka, Kalata, Borodamaala, Golomala, Buyla, Gaamo-maala, Sili-maala, Lontso-maala. Sous Dogala : Zutuma, Worze, Gawuraro, Ayfarso, Amari, Gudarti, Muquriti, Sachi, Sawa, Ganji. Le mariage au sein de la patrilinéarité est interdit ; dans la matrilinéarité, il est permis après sept générations.
Rôle des lignages
Cinq niveaux d'organisation de parenté : famille nucléaire (aawa soo), famille élargie (aawa aawa soo), groupe de familles nucleaires cohabitantes (mayza soo), lignage (kochche) et clan (qommo). La stratification sociale comprend des agriculteurs (tsomma) et des groupes marginaux comme les potiers (ottomana), tanneurs (gittamana), forgerons (wogacce) et anciens esclaves (aylle).
Autorité religieuse
Le Kawo et les saga qommo (clans à fonction rituelle héréditaire) exercent l'autorité religieuse dans les sanctuaires sacrés appelés koora. La légitimité spirituelle est attribuée par tsossa (le dieu céleste). Le christianisme évangélique est aujourd'hui majoritaire, suivi par la religion orthodoxe éthiopienne.