Système politique traditionnel
Le Royaume de Dawro possédait une structure administrative élaborée à plusieurs niveaux. Au sommet, le Kawo (roi héréditaire) de la lignée Kawuka. Sous lui, les Woraba (8 chefs de district, nommés par le roi), les Erasha (12 par Woraba, environ 700 ménages chacun), les Dana (7 par Erasha), les Guda/Huduga (village et famille). Des fonctions spécialisées existaient : Torarasha (commandant militaire), Shiwarasha (juge/procureur), Hatarasha (sécurité commerciale), Acheerasha (contrôle de la qualité artisanale), Agarasha (conseiller en médiation), Dinkarasha (responsable musique et culture). La justice coutumière (assemblées Dubusha sous les arbres) utilisait le serment (feu/lance).
Organisation clanique
Trois grands clans patrilinéaires structurent la société Dawro, chacun subdivisé en plus de 150 sous-clans : Malla (propriétaires terriens, administration), Dogalla (vocation spirituelle), Amara (vocation économique). Le clan royal Kawuka est une subdivision du Malla. Les groupes artisanaux (Hillancha) — forgerons (Wogachee), tanneurs (Degella), potiers (Mana), chasseurs/menuisiers (Manja) — sont marginalisés socialement, sans droits fonciers, avec des tabous de mariage avec les Malla.
Rôle des lignages
Les lignages patrilinéaires (Malla, Dogalla, Amara et leurs sous-clans) structurent l'ensemble de la vie sociale dawro : accès à la terre, alliances matrimoniales, obligations rituelles et politiques. L'exogamie clanique régit le mariage. Les Malla évitent les mariages internes au clan.
Autorité religieuse
Les Sharechos (prêtres/sorciers héréditaires) étaient les intermédiaires spirituels traditionnels, avec deux catégories : Worka tsossa (dieu d'or) et Birra tsossa (dieu d'argent). Plusieurs cultes liés à des divinités clanique (Adama/Bodoso, Yafaro, Hawzula/Hambaza). Aujourd'hui, le protestantisme domine (57,71%), suivi du christianisme orthodoxe éthiopien (31,86%), du catholicisme (4,61%) et des religions traditionnelles (4,9%).