Système politique traditionnel
Théocratie traditionnelle originelle : la primordiale gouvernance dangme était exercée par des prêtres-rois (Nô ou Gã) alliant pouvoirs spirituels et politiques. Avec le temps, la chefferie s'est institutionnalisée sous des titres comme Konor (chef suprême des Krobo), Awulae (chef suprême d'Ada) et Mantse (chef de ville). Le Konor préside des conseils de chefs divisionnaires et d'anciens. Le système Huza (gestion collective des terres) constitue une institution unique de gestion foncière et économique.
Organisation clanique
Organisation patrilinéaire : les clans (We ou Bihi) sont basés sur la descendance patrilinéaire et forment les unités de base de la société. Chaque clan possède ses propres terres, ses rites et son chef de clan (Asafoatse). La hiérarchie va du ménage (We) au Kasi (groupe de ménages partageant un ancêtre commun) puis au clan divisionnaire. La société Asafo (compagnies militaires) structure la mobilisation collective.
Grades d'âge
Système de classes d'âge chez les Krobo et certains autres sous-groupes : le rite Dipo initie les jeunes filles à la vie adulte par un processus de plusieurs étapes sur plusieurs jours (purification, transmission des savoirs, ornementation de perles, danses Klama publiques). Il n'existe pas de rite équivalent formalisé pour les hommes, mais la circoncision masculine est pratiquée comme rite de passage.
Rôle des lignages
Les lignages patrilinéaires déterminent la propriété foncière via le système Huza, la succession aux titres de chefferie et l'appartenance aux sociétés cérémonielles. Les ancêtres sont régulièrement honorés lors des festivals annuels (Ngmayem, Asafotu, Dipo) avec retour aux maisons ancestrales du lignage.
Autorité religieuse
Prêtres et prêtresses (Djemli chez les Krobo) : gardiens des autels ancestraux et des sites sacrés (Krobo Mountain reste le centre spirituel même après l'éviction physique). Le Konor (chez les Krobo) et le Gã (chez d'autres sous-groupes) détiennent un rôle de médiation spirituelle hérité de la tradition théocratique. Coexistence avec le christianisme dominant (majorité de chrétiens aujourd'hui).