Système politique traditionnel
Dagbon est un royaume hiérarchique centralisé, gouverné par le Yaa Naa (litt. Roi du Pouvoir Absolu), dont la cour et la capitale administrative sont à Yendi. Le trône est symbolisé par un empilement de peaux de lion et de vache (Yendi Skin). Le système politique est divisé en chefferies territoriales hiérarchisées : le Yaa Naa au sommet, des chefs intermédiaires, des sous-chefs locaux. Des titres royaux sont également réservés aux femmes : la Gundo Naa dirige toutes les chefs et royales féminines, la Zosimli Naa favorise la coopération entre les villes, la Kpatu Naa exerce une autorité complémentaire.
Organisation clanique
La société est organisée en lignages héréditaires spécialisés : les Nanima (aristocratie royale), les Tindaamba (chefs de terre, élus par oracle, non nommés par le Yaa Naa), les Lunsi (tambourinaires-griots), les Pelbas (forgerons), les Nakohi (bouchers). Les charges sont généralement héréditaires dans ces lignages. La population se divise entre familles communes (commoners) et familles cheffales.
Rôle des lignages
La filiation est à la fois patrilinéaire (pour les biens matériels et les charges politiques) et matrilinéaire (pour les attributs spirituels). L'expression Mabia (enfant de la mère) est fondamentale dans la culture Dagomba : les liens les plus étroits sont avec la famille maternelle. Les lignages des Lunsi (griots tambourinaires) remontent tous à un ancêtre commun nommé Bizung, qui aurait renoncé à la chefferie pour devenir musicien.
Autorité religieuse
La religion traditionnelle Dagomba reconnaît plusieurs dieux (wuna, singulier wuni) avec le dieu suprême Naawuni. Chaque ville possède un sanctuaire (buguli). Des devins (baga) guident les décisions importantes. L'islam sunnite est la religion d'État depuis le XVIIe siècle (règne de Naa Zanjina) et est dominant parmi les Dagomba. Les Lunsi commencent chaque performance par des invocations (Nawuni Mali Kpam Pam pour les lunga, Jebo pour les gung-gong) alignant les musiciens avec leurs ancêtres et les forces spirituelles.