**1. Contexte eugéniste et colonial :** Leonhard Schultze appartenait au même courant de pensée anthropologique qu'Eugen Fischer (1874-1967), anthropologue allemand dont les travaux sur les populations mixtes de Namibie (notamment *Die…
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**1. Contexte eugéniste et colonial :** Leonhard Schultze appartenait au même courant de pensée anthropologique qu'Eugen Fischer (1874-1967), anthropologue allemand dont les travaux sur les populations mixtes de Namibie (notamment *Die Rehobother Bastards und das Bastardierungsproblem beim Menschen*, 1913) ont directement influencé Adolf Hitler dans la rédaction des lois de Nuremberg (1935). Le terme « Khoisan » a donc été créé dans un contexte scientifique européen colonial qui cherchait à classer et hiérarchiser les populations selon des critères raciaux. **2. Catégorisation non génétique :** Le terme « Khoisan » n'est **pas une famille linguistique génétique** : c'est un regroupement typologique basé uniquement sur la présence de consonnes à clics. Les linguistes modernes (notamment Rainer Vossen, Tom Güldemann, Anthony Traill) ont démontré que les langues regroupées sous cette étiquette appartiennent en réalité à trois familles linguistiques distinctes sans parenté génétique prouvée : **Khoe-Kwadi**, **Kx'a** (ou Ju-ǂHoan), et **Tuu** (ou ǃUi-Taa). **3. Homogénéisation problématique :** Le terme regroupe artificiellement des peuples aux cultures, modes de vie et langues distincts (pasteurs Khoekhoe vs chasseurs-cueilleurs San), effaçant leurs spécificités et leurs identités propres. **4. Termes péjoratifs associés :** Plusieurs termes associés — notamment **« Hottentot »** (terme néerlandais utilisé dès le XVIIe siècle, probablement d'origine onomatopéique moqueuse, se référant à leur langue) et **« Bushmen »** — ont été utilisés de manière péjorative, raciste ou exotisante par les colons européens, justifiant des discriminations, spoliations de terres, et même des génocides (génocide des Herero et Nama par les Allemands, 1904-1908). **5. Défenseurs de l'africanité et critiques modernes :** François-Xavier Fauvelle (*L'invention du Hottentot*, 2018) a analysé comment les Européens ont construit des représentations stéréotypées des Khoisan. Des chercheurs africains et des activistes autochtones (comme ceux regroupés dans l'Organisation des premiers peuples Khoisan d'Afrique du Sud) contestent ces catégorisations imposées et revendiquent leurs auto-appellations. **6. Preuves génétiques modernes :** Les études génétiques contemporaines (Carina Schlebusch, 2017 ; Pontus Skoglund, 2017 ; Mark Stoneking) démontrent que les populations San possèdent la plus grande diversité génétique au monde et représentent l'une des plus anciennes lignées humaines, avec une séparation estimée à 260 000-350 000 ans. Ces travaux confirment leur importance dans l'histoire humaine et invalident les catégorisations raciales coloniales. → Afrik utilise **Khoïsan uniquement comme macro-étiquette technique** pour désigner l'aire linguistique à clics d'Afrique australe, tout en reconnaissant que ce sont des familles linguistiques distinctes : **Khoe-Kwadi**, **Kx'a**, **Tuu**.