//QUI Théorie linguistique 1 - Joseph Greenberg (1963) : Joseph H. Greenberg (The Languages of Africa, 1963) a proposé de regrouper les langues à clics d'Afrique australe en une seule famille « Khoisan », qu'il considérait comme l'une des quatre grandes familles linguistiques d'Afrique (aux côtés d'Afro-asiatique, Niger-Congo, et Nilo-saharien). Cette classification était basée sur des critères typologiques (présence de clics) plutôt que sur des preuves de parenté génétique. Théorie linguistique 2 - Ernst Oswald Johannes Westphal (1962-1971) : E.O.J. Westphal (« The linguistic prehistory of Southern Africa », Africa 32(3), 1962 ; « The Click Languages of Southern Africa », 1971) a été l'un des premiers à remettre en question l'unité génétique du « Khoisan », suggérant que les langues à clics formaient plusieurs familles distinctes. Il a distingué trois groupes principaux (Bush, Hottentot, Kwadi). Théorie linguistique 3 - Rainer Vossen (1997-2013) : Rainer Vossen (Die Khoe-Sprachen, 1997 ; The Khoisan Languages, 2013) a affiné la classification, démontrant que les langues khoïsan appartiennent à trois familles distinctes sans parenté génétique prouvée : Khoe-Kwadi, Kx'a (Ju-ǂHoan), et Tuu. Il a montré que les clics sont un trait d'aire linguistique (sprachbund) plutôt qu'un indicateur de parenté génétique. Théorie linguistique 4 - Tom Güldemann (1998-2018) : Tom Güldemann (various publications) a renforcé l'hypothèse que « Khoisan » n'est pas une famille génétique mais une convergence typologique. Il a montré que les clics peuvent être empruntés (comme dans xhosa/zoulou) et ne constituent pas une preuve de parenté. Théorie linguistique 5 - Bonny Sands, Anthony Traill (1990s-2000s) : Bonny Sands et Anthony Traill ont contribué à documenter et classifier les langues khoïsan, confirmant leur diversité et leur absence de parenté génétique. Traill (The Khoisan Languages, 1998) a notamment documenté ǃXóõ avec ses 100+ phonèmes. Théorie archéologique 1 - Présence ancienne en Afrique australe : Les preuves archéologiques indiquent que les ancêtres des peuples San/Khoikhoi sont présents en Afrique australe depuis au moins 44 000 ans (art rupestre du Drakensberg, outils lithiques du Middle Stone Age). Les peintures rupestres San attestent d'une présence continue depuis des millénaires. Théorie archéologique 2 - Expansion bantoue : L'archéologie montre que l'expansion des populations bantoues vers le sud (à partir d'environ 500 apr. J.-C.) a progressivement repoussé et marginalisé les populations khoïsan, limitant leur répartition aux zones arides (Kalahari, déserts namibiens). Théorie génétique 1 - Carina Schlebusch et al. (2017) : Carina M. Schlebusch, Helena Malmström, et al. (Science, 2017) ont analysé des génomes anciens d'Afrique du Sud, estimant que la divergence entre les lignées San et autres populations humaines modernes remonte à 350 000-260 000 ans. Cette étude suggère que les San représentent l'une des plus anciennes lignées humaines. Théorie génétique 2 - Pontus Skoglund et al. (2017) : Pontus Skoglund, Jessica C. Thompson, et al. (Cell, 2017) ont confirmé, à travers l'analyse de génomes anciens, que les populations San possèdent la plus grande diversité génétique au monde, confirmant leur ancienneté et leur rôle central dans l'histoire humaine. Théorie génétique 3 - Haplogroupes mitochondriaux et Y-chromosomaux : Les études génétiques (diverses équipes, 2000s-2020s) montrent que les San possèdent des haplogroupes mitochondriaux (L0, L1) et Y-chromosomaux (A, B) parmi les plus anciens, avec une estimation de séparation d'environ 60 000-90 000 ans pour l'Adam Y-chromosomique. Théorie génétique 4 - Mark Stoneking et al. : Mark Stoneking et ses collaborateurs ont contribué à documenter la diversité génétique des populations khoïsan, confirmant leur statut de population ancestrale. Théorie de l'émergence : Les Khoekhoe (pasteurs) sont apparus plus récemment que les San (chasseurs-cueilleurs). L'hypothèse dominante est que les Khoekhoe descendent de populations San qui ont adopté l'élevage (bétail, moutons) il y a environ 2 000 ans, probablement à travers des contacts avec des populations venues du nord-est (peut-être liées aux populations nilotiques ou cushtiques). Conclusion : Le consensus scientifique moderne (2020s) reconnaît que « Khoisan » n'est pas une famille linguistique génétique, mais une catégorie typologique regroupant trois familles distinctes (Khoe-Kwadi, Kx'a, Tuu) partageant un trait phonologique (clics) dû à convergence ou emprunt ancien. Les preuves génétiques confirment l'ancienneté des populations, mais ne corroborent pas une unité linguistique.