Système politique traditionnel
Manjak: système semi-féodal pré-colonial; villages sous l'autorité d'un chef local tributaire du Roi de Bassarel, qui présidait une fédération. Après l'indépendance (1974), les structures royales ont été dissoutes par le nouveau gouvernement. Bainuk: organisation en États-chefferies (au moins cinq au XVe siècle); royauté matrilinéaire; pouvoir exercé par les fils des tantes maternelles (système d'héritage matrilinéaire).
Organisation clanique
Bainuk: société matrilinéaire, le pouvoir royal se transmettait par les neveux utérins (fils des tantes maternelles). Chez les deux peuples, des groupes d'âge et des espaces dédiés aux jeunes hommes (banju chez les Manjak) structurent la vie sociale.
Grades d'âge
Chez les Manjak, les banju (espaces collectifs pour jeunes hommes non mariés) structurent l'entrée dans la vie adulte et les débats communautaires. Le Kambatch, cérémonie de révision des coutumes organisée tous les quarts de siècle, implique une initiation des hommes adultes.
Rôle des lignages
Matrilinéaire chez les Bainuk (héritage du pouvoir par les neveux utérins). Chez les Manjak, la structure politique liait les villages aux leaders locaux puis au Roi de Bassarel, avec une forte importance de la propriété des rizières comme marqueur de statut.
Autorité religieuse
Manjak: culte des ancêtres via les sanctuaires pitchap (poteaux en bois représentant collectivement les ancêtres), avec offrandes d'eau et de vin de palme; majorité catholique. Bainuk: syncrétisme islam-animisme; la tradition du Kumpo (masque sacré) est originaire des Bainuk, adoptée par les Jola.