Sultanats haoussa
Cités-États haoussa puissantes, centres commerciaux et intellectuels. Islamisation ancienne par les routes transsahariennes.
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Saviez-vous que
« Bantou » n'est pas un peuple : c'est une catégorie forgée par un philologue en 1862.
Wilhelm Bleek construit le terme dans A Comparative Grammar of South African Languages, à partir d'une racine commune à des centaines de langues : ba-, le préfixe de pluriel humain, et -ntu, la personne. Ba-ntu : « les gens ».
Ce que Bleek nomme est une parenté entre langues, pas une identité. L'anthropologie coloniale, puis l'apartheid avec le Bantu Education Act de 1953, en ont fait une catégorie de « races » et de « cultures » bantoues — un usage que sa classification ne portait pas.
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Saviez-vous que
Le Bénin a pris un nom qui n'appartenait à aucun de ses peuples.
Jusqu'en 1975 le pays s'appelait Dahomey, du nom du royaume fon d'Abomey — un nom légitime, mais celui d'un seul groupe parmi la cinquantaine que compte le pays. Le gouvernement de Mathieu Kérékou le remplace par Bénin, d'après la baie sur laquelle le pays s'ouvre, précisément parce que ce nom-là n'était à personne.
Le calcul a son ironie : la baie du Bénin tient elle-même son nom du royaume du Bénin, qui se trouve au Nigeria et dont l'actuel Bénin n'a jamais fait partie. Le pays a échangé le nom d'un de ses royaumes contre celui du royaume d'un voisin.
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Saviez-vous que
Le même peuple change de nom à chaque frontière qu'il traverse.
Ils se nomment Fulɓe au pluriel, Pullo au singulier. Le français dit Peul, emprunté au wolof ; l'anglais dit Fulani, emprunté au haoussa ; on lit aussi Fula, et Fellata au Tchad et au Soudan. Leur langue s'appelle pulaar à l'ouest et fulfulde à l'est.
Aucun de ces noms n'est faux, et un seul est le leur. La dispersion du vocabulaire suit celle du peuple : présents du Sénégal au Soudan, les Fulɓe ont été nommés par chacun de leurs voisins, puis par chaque administration coloniale qui les a rencontrés, dans la langue qu'elle avait sous la main.
Source officielle
NGA · fiche pays · réf. 2025
République fédérale du Nigeria (Federal Republic of Nigeria)
En bref
Le Nigeria porte un nom composé en 1914 par Flora Shaw, à partir du fleuve Niger et du suffixe « -ia ». Califat de Sokoto, royaume d'Oyo, royaume du Bénin et sultanats haoussa s'y étaient épanouis avant l'unification coloniale. Hausa-Fulani, Yoruba, Igbo, Ijaw, Kanuri et Tiv font du pays le plus peuplé du continent l'un des plus divers.
Le nom "Nigeria" a été créé en 1914 par Flora Shaw (épouse de Lord Lugard, gouverneur général de la colonie) en combinant "Niger" (fleuve Niger) avec le suffixe "-ia" (pays). Le nom fait référence au fleuve Niger qui traverse le pays.
Les peuples documentés ici représentent 80 % de la population du pays. Le reste n'est pas encore réparti dans le corpus.
Cités-États haoussa puissantes, centres commerciaux et intellectuels. Islamisation ancienne par les routes transsahariennes.
Centres · Kano · Katsina · Zaria (Zazzau)Califat islamique puissant fondé par Usman dan Fodio. Unification politique et religieuse du nord du Nigeria. Résistance à la colonisation britannique.
Centres · Sokoto (capitale) · Kano · KatsinaRoyaume yoruba puissant, expansion territoriale, commerce transsaharien. Influence culturelle majeure.
Centres · Oyo (capitale) · Ile-IfeRoyaume réputé pour ses bronzes et son art. Commerce avec les Européens. Résistance à la colonisation.
Centres · Bénin City (capitale)Empire puissant du Sahel, commerce transsaharien, centre intellectuel.
Centres · Kanem · BornouUnification administrative par les Britanniques. Résistance nigériane et mouvements nationalistes.
Centres · Lagos (capitale coloniale)Indépendance en 1960. Guerre du Biafra (1967-1970). Histoire politique mouvementée avec alternance démocratique et régimes militaires. Développement économique et défis de gouvernance.
Centres · Abuja (capitale depuis 1991) · Lagos (ancienne capitale)